2026, entre vœux et métaprédictions

NUMÉRO DOUBLE : 2026 DANS L'IA ET LES TECHS • Les tendances 2026 dans l'IA, l'AGI, l'ASI, les robots et les véhicules autonomes • Investir en 2026 : un webinaire avec Vincent Mortier • CES 2026 : qu'en attendre ? • Le défi de la diffusion de l'IA • Nouriel Roubini : la véritable menace sur l'Europe • Bienvenue dans Qant, samedi 3 janvier 2026.

« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » • Paul Virilio

2026 : vœux et tendances

La guerre numérique entre l’Europe et les États-Unis,

« Géopolitech »: il faut bien un néologisme pour désigner cet entremêlement de la géopolitique et de la technologie qui, après vingt-cinq ans de maturation, atteint désormais une première maturité. Petit à petit, l’administration Trump déploie contre l’Europe une véritable offensive de diplomatie numérique, première du genre, sans commune mesure avec le lobbying bruxellois de Big Tech. Dernier avatar : la menace de sanctions sur les juges français, s’ils n’acquittent pas Marine Le Pen, lui permettant de se présenter aux élections présidentielles (rendue publique par Der Spiegel).

Sanctions sous X

Déjà, la trêve des confiseurs a été interrompue par des sanctions américaines contre l’ancien commissaire européen Thierry Breton, tenu pour responsable du DSA et de la témérité de la Commission, qui a osé fin 2025 infliger une amende à X, le réseau social de propagande d’Elon Musk. Les autres sanctionnés ont tous un lien avec X : Anna-Lena von Hodenberg et Joséphine Ballon dirigent l’association allemande HateAid, qui a notamment aidé des étudiants juifs à poursuivre la plateforme X pour diffusion de contenus antisémites ; Clare Melford a créé le Global Disinformation Index (GDI), qui surveille la propagation de la désinformation en ligne et attribue des notes de risque pour aider les annonceurs à éviter de financer la désinformation (première cause de l’effondrement de la publicité sur X après le rachat par Musk) ; Imran Ahmed est le directeur général du Center for Countering Digital Hate (CCDH), qui documente les discours de haine, la désinformation et les contenus anti-vaccination sur les réseaux sociaux (devinez lesquels).

En anticipation de l’exposition Matisse, qui s’ouvrira au Grand Palais le 24 mars, les illustrations de ce numéro de Qant s’inspirent (très librement) de l’œuvre du grand Fauve (1869-1954)

Ces sanctions, qui se limitent au droit d’entrer aux États-Unis, sont plus légères que celles qui pèsent sur les juges et les procureurs de la Cour Pénale Internationale (CPI), inscrits aux côtés de Vladimir Poutine et de terroristes d’Al-Qaida présumés. Eux ont vu leurs biens et intérêts patrimoniaux gelés, leurs comptes bancaires fermés, y compris dans leurs pays d’origine, leurs e-mails coupés, leurs cartes Visa/Mastercard bloquées… La différence tient bien au numérique.

Ce blocus digital pèse lourdement sur les opérations de la CPI, qui a dû suspendre ses travaux bien au-delà du motif choisi par les Américains (la mise en examen de Benjamin Netanyahou). Les ONG visées par Trump et Musk n’essuient qu’un avertissement – tout comme les juges de Marine Le Pen, et quiconque ose s’écarter, demain, des diktats du mouvement Maga.

Pusillanimité

La faiblesse de la France et de la Commission Européenne face à Elon Musk ne leur a, comme de juste, servi à rien. En laissant le futur Doge torpiller le renouvellement du mandat de Thierry Breton à l’été 2024, ils n’ont fait que conforter l’extrême-droite américaine dans ses certitudes, rendues explicites tout au long de 2025, du discours de JD Vance à Munich en février à la stratégie de sécurité nationale de décembre.

Ce qui amène Qant à sa première prédiction pour 2026. Que la Cour Suprême américaine les supprime ou non, les tarifs douaniers montrent désormais leurs limites : les reculades se font plus nombreuses que les effets d’annonce. Il faut donc qu’un autre instrument de puissance nourrisse le délire trumpien : les sanctions contre les Européens font écho aux bombardements en Amérique latine. Le numérique et les sanctions deviendront l’outil de choix pour contraindre les États européens à abandonner leur Union et, les ayant ainsi affaiblis, les mettre en coupe réglée. L’exemple de la Corée, première victime du système Trump, dépouillée de ses réserves par un accord léonin sur les tarifs douaniers, devrait servir de mise en garde.

On peut aussi espérer que les nations européennes, prises en tenaille entre l’Amérique et la Russie, trouvent la ressource d’un sursaut salutaire. Il faudrait pour cela que les souverainistes, nouvellement incontournables, réalisent que l’isolement de chacun de leurs 32 pays – Suisse, Norvège et Grande-Bretagne comprises – ne les mènera qu’à la servitude : Meloni plutôt qu’Orban. Et qu’ils se saisissent des technologies émergentes : IA, robotaxis, interfaces cerveau-machine, robots humanoïdes, quantique, blockchains…

Mais ceci n’est pas une prédiction. Un vœu, tout au plus.

Jean Rognetta

…sera ravi de recueillir vos commentaires.


« L'Union européenne est effectivement confrontée à une menace existentielle. Celle-ci n'a toutefois que peu de rapport avec l'immigration ou la politique culturelle. La véritable menace qui pèse sur l'Europe réside dans son propre retard économique et technologique. » • Nouriel Roubini (Qant Premium, ci-dessous).


2026 : investir dans l’IA et la tech

WEBINAIRE • Bulle IA ou révolution durable ? Vincent Mortier, chief investment officer d’Amundi, développera ses convictions face aux lecteurs de Qant et aux membres du Cercle IA & Finance, mardi 8 janvier à 8h30.

Programme :

DÉROULÉ :

8h30 – round 1 : Risques et Opportunités pour l'investisseur global : Une analyse macro-économique des vecteurs de croissance et de risque.

  • Actions & Crédit : Comment arbitrer dans un environnement de taux incertain ?

  • Infrastructures : La course aux Data Centers est-elle soutenable ?

  • Géopolitique : Compétition US vs Chine, où se situe la valeur ?

  • Valorisation : Les niveaux actuels des "Magnificent Seven" sont-ils justifiés ?

  • Futur : Quelles ruptures technologiques (au-delà des LLM) surveiller dès maintenant ?

9h00 – round 2 : Débat, animé par Jean Rognetta :

  • Le verdict : Bulle financière ou hyper-croissance justifiée ?

  • La carte mondiale : Quel rôle pour l'Europe face aux géants américains et asiatiques (Corée, Japon, Inde) ?

  • Les pépites cachées : Quels acteurs méconnus de la chaîne de valeur (hardware, énergie, services) faut-il suivre ?

  • L'horizon quantique : À quel horizon le Quantum Computing tiendra-t-il ses promesses, bouleversant la blockchain et la cybersécurité ?

La tech au CES…

Du 6 au 9 janvier • Consumer Electronics Show • Las Vegas (USA).

Le CES 2026 s’ouvre mardi à Las Vegas. Pour préparer votre visite, nous vous proposons ci-dessous les points de vue complémentaires de Thomas Husson (Forrester Research) et Florent Roulier (Niji).

Nous reviendrons samedi 10 janvier avec une analyse de tendances complète. À surveiller d’ici là, en particulier : 

  • IA et quantique : lancement d’une « CES Foundry » dédiée. 

  • TV / display (MiniLED RGB, OLED, MicroLED chez LG, Samsung, TCL, etc.) 

  • Semi‑conducteurs (Snapdragon X2 Elite, Intel Panther Lake, nouvelles gammes AMD) 

  • Robotique, mobilité, smart city, green tech, santé numérique, cybersécurité, réalité mixte…

…Et ses enjeux à Davos

Du 20 au 23 janvier • Forum économique mondial • Davos (CH).

Dans le blizzard de conférences qui s’abat chaque année sur les pistes de Davos, on gardera un œil sur : 

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNÉS :

• CES 2026 • L’IA, entre hyperbole et consommateur • Le fossé entre le battage médiatique autour de l'IA et les attentes des clients en matière d'expérience utilisateur va se creuser lors du CES 2026, redoute Thomas Husson, vice-président de Forrester Research.

• CES 2026 • Revue de techs émergentes • Des agents d’IA aux éoliennes verticales, des objets d’IA à la sécurité post-quantique, le responsable de l’innovation chez Niji Florent Roulier passe en revue toutes les technologies émergentes à voir au CES. Avec une inquiétude : le recul des constructeurs automobiles européens, qui désertent désormais le salon.

• MÉTAPRÉDICTIONS 2026 • IA, AGI, ASI, robots humanoïdes, robotaxis • Qant analyse les tendances qui se dégagent des marchés de prédiction, et les confronte à la logique politique, réglementaire et technologique.

• SOUVERAINETÉ • La véritable menace existentielle qui pèse sur l'Europe • Contrairement à ce que prétendent les dirigeants d'extrême droite, le plus grand défi de l'Europe n'est pas l'immigration ou le « wokisme », mais le retard technologique, qui obère la croissance de la productivité et l'innovation, dénonce l’économiste Nouriel Roubini.

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE • Le défi de la diffusion de l'IA • La plupart des investisseurs semble escompter un retour sur investissement massif des dépenses actuelles en matière d'IA, mais certains prédisent que cette technologie ne répondra pas aux attentes, ce qui entraînera un effondrement. C’est la diffusion de la technologie, bien plus que ses modèles de pointe, qui les départagera, explique Michael Spence, prix Nobel d'économie.


CES 2026 : qu’en attendre ? qu’y chercher ?

Le CES 2026 s’annonce comme l’heure de vérité pour l’IA : l’engouement de ces trois dernières années va-ti-il créer de nouveaux marchés ? Alors que Thomas Husson (Forrester Research) tempère l'euphorie ambiante en pointant le risque de déception côté expérience consommateur, Florent Roulier (Niji) décrypte concrètement comment cette transition s'opère dans les allées du salon, de la voiture autonome à la robotique nouvelle génération. Deux regards croisés pour ajuster son radar technologique avant de plonger dans les allées.

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Qant: Révolution cognitive et Avenir du numérique

Par QANT: IA et Technologies Émergentes

Jean Rognetta

Binational franco-italien, économiste de formation, Jean devient journaliste au milieu des années 1990, après avoir fait ses premiers pas dans l’édition et la technologie. Il débute sa carrière au groupe Tests, leader de la presse informatique, puis se spécialise en financement de l’innovation et des PME. Il couvre le sujet pour Les Echos et Capital Finance de 2000 à 2015. En 2016, il rejoint le magazine Forbes et devient directeur de la rédaction de l’édition française.
Pendant la crise financière, il lance l’association PME Finance, à l’origine notamment du PEA-PME et de l’amortissement du corporate venture, ainsi que partiellement de la libéralisation du crowdfunding. Elle fusionne en 2015 avec le groupement d’entrepreneurs Croissance Plus.
Depuis 2020, Jean a lancé la revue SAY, édition française de Project Syndicate, dont il reste contributing editor, le supplément Corporate Finance du Nouvel Économiste et la collection Demain! aux Editions Hermann.

Maurice de Rambuteau

Diplômé du Centre de Formation des Journalistes (CFJ Paris) et de l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris (ESCP BS), Maurice de Rambuteau a fait ses premières armes de journaliste dans le sport, pour le site et le magazine SoFoot, puis au sein de la rédaction football de L'Equipe. Il s'est ensuite tourné vers le journalisme économique au sein de la rédaction de La Croix, avant de donner libre cours à sa passion pour la technologie en rejoignant Qant en juin 2022 pour un premier tour d’horizon de l’IA générative. Depuis, il a percé les mystères des blockchains et du métavers et, surtout, passé des dizaines de modèles d’IA au banc d’essai.

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