Les États européens bénéficieront gratuitement de l’appui de Microsoft dans la guerre de l’information • La nouvelle levée de Cohere peut en faire un dangereux concurrent de Mistral • Du vent dans les voiles de la loi américaine sur les stablecoins • L’IA pilote efficacement un robot de surface • Bienvenue dans Qant, jeudi 5 juin 2025.


« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio
Microsoft vient d’annoncer le lancement d’un programme européen de sécurité numérique, proposé gratuitement aux gouvernements de l’Union européenne, des pays candidats à l’adhésion, des membres de l’AELE, du Royaume-Uni, de Monaco et du Vatican.
Ce programme vise à renforcer la cybersécurité des institutions publiques en partageant des renseignements sur les menaces basés sur l’intelligence artificielle et en développant de nouvelles collaborations contre les cybercriminels.
Microsoft affirme pouvoir détecter l’usage offensif de l’IA, notamment les attaques ciblant les infrastructures critiques ou diffusant de la désinformation, et aider les Européens à les contrer.
EN FILIGRANE : L’ajustement de l’offre cloud. Depuis la fin de l’année dernière, Microsoft multiplie les efforts pour adapter son cloud global et proposer un cloud souverain adapté aux exigences nationales. Baptisés Bleu en France et Delos en Allemagne, ces clouds souverains locaux se doublent depuis le début du confinement des données en Europe. L’initiative EU Data Boundary garantit que les données des clients européens (stockage, traitement, support) restent strictement localisées dans l’Union européenne et l’AELE (Espace économique européen élargi). Elle s’applique aux principaux services cloud de Microsoft : Azure, Microsoft 365, Dynamics 365 et Power Platform.
À SURVEILLER : La guerre de l’information. Selon Brad Smith, président de Microsoft, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large pour étendre tous les outils américains de cybersécurité développés par l’entreprise au territoire européen. Alors que l’Europe subit une double offensive de désinformation, l’une russe et l’autre venue de la droite américaine, et que l’administration Trump adopte une posture de plus en plus offensive, notamment contre la Chine, la prise de position de Microsoft revêt une dimension politique étonnante.
Mais où s’arrêtera Cohere ? • Qant, M. de R. avec GPT-4o
La canadienne Cohere est proche de lever plus de 500 millions de dollars pour financer le développement de ses modèles d’intelligence artificielle, selon les informations du Financial Times.
Le tour porterait les fonds levés au-dessus d’un milliard de dollars ; la société vise une valorisation entre 5,5 milliards et 6,5 milliards de dollars, légèrement supérieure à celle de l’an dernier.
Fondée par d’anciens chercheurs de Google, dont Aidan Gomez, co-inventeur des modèles Transformers, Cohere cible exclusivement les entreprises et non le grand public. Ses modèles de langage avancés sont spécifiquement conçus pour les usages métier : génération de texte, résumé, extraction d’informations, recherche, création d’agents IA, etc.
EN FILIGRANE : La souveraineté numérique, entre Paris et Toronto. Cette levée de fonds portera Cohere au même niveau que la française Mistral AI, qui a levé environ 1 milliard d’euros, dont 600 millions d’euros en juin 2024. Toutes deux proposent des solutions professionnelles cloud-agnostiques, en partie sous licence open source Apache 2.0, et toutes deux sont largement utilisées par des entreprises qui s’interrogent sur la souveraineté des données face à l’agressivité américaine.
À SURVEILLER : La cassure du peloton. Parmi les géants de l’IA, trois échelons commencent à se dessiner. OpenAI, Google et Anthropic font clairement la course en tête, suivis avec 6 à 12 mois de retard par Meta et xAI. Mistral vient ensuite, ainsi que Cohere si le tour se conclut, suivies d’un grand nombre d’autres start-up et grands groupes distancés : AI21, mais aussi Apple, Amazon…
Un médicament généré par l’IA réussit la phase 2a de ses essais cliniques • Insilico Medicine, biotech implantée à Boston et Hong Kong, a publié sur Nature Medicine un résumé des essais cliniques de son médicament Rentosertib, conçu grâce à l’IA générative. Il a permis une amélioration mesurable de la fonction pulmonaire chez un groupe de 71 patients, tous en Chine, atteints de fibrose pulmonaire idiopathique, mais certains patients ont vu leur état s’aggraver et des anomalies hépatiques ont été observées. En fonction des retours des autorités de santé, Insilico prévoit des essais cliniques plus larges en Chine et aux États-Unis, en vue d’une potentielle homologation dans au moins deux ans. L’IA a réduit à 18 mois le temps de développement de la molécule, jusqu’aux essais cliniques, contre quatre ans et demi en moyenne, estime la start-up, qui prépare un IPO à Hong Kong. En savoir plus…
Mistral rejoint la course au vibecoding • La start-up française Mistral a lancé Mistral Code, un assistant de programmation basé sur l’IA destiné aux développeurs professionnels, en concurrence avec Cursor, GitHub Copilot et Windsurf. Le client, dérivé du projet open source Continue, combine plusieurs modèles internes (dont Codestral pour l’autocomplétion et Devstral pour les tâches complexes) et propose une intégration directe dans les environnements JetBrains et VS Code. Il prend en charge plus de 80 langages, offre des options de déploiement local ou en cloud, et intègre des outils d’administration pour les entreprises. Déjà utilisé par Capgemini, Abanca et la SNCF, Mistral Code est disponible en bêta privée. En savoir plus…
Un petit couac sans rien dire • Google a discrètement suspendu le déploiement de sa fonction expérimentale « Ask Photos », qui permettait d’interroger Google Photos via une version spécialisée de ses modèles Gemini. Jugée insuffisante en termes de rapidité, de qualité et d’ergonomie, la fonctionnalité sera améliorée avant un redéploiement prévu dans deux semaines. Annoncée lors de Google I/O 2024, elle devait répondre à des requêtes complexes sur ses propres photos. En parallèle, Google a renforcé la recherche par mots-clés. Ce retrait s’inscrit dans une série de pauses similaires face aux ratés de ses outils IA, comme celle des AI Overviews ou de la génération d’images par Gemini. En savoir plus…
Meta rend son IA plus verte • Meta a signé un accord d’achat d’électricité de 20 ans avec l'énergéticien américain Constellation Energy pour alimenter ses ambitions en intelligence artificielle via l’énergie nucléaire. Le contrat porte sur la production du Clinton Clean Energy Center, une centrale située dans l’Illinois, dont Meta achètera les attributs "propres" pour compenser sa consommation d’électricité ailleurs. Ce type de contrat (PPA) ne transfère pas physiquement l’énergie, mais soutient le maintien en activité de la centrale, en finançant sa relance, son entretien et des améliorations. En savoir plus…
La guéguerre du vibecoding • Depuis qu’elle est en passe d’être rachetée par OpenAI pour 3 milliards de dollars, Windsurf, start-up spécialisée dans le codage assisté par IA, a été exclue du lancement de Claude 4 et elle déplore la réduction soudaine de son accès direct aux modèles Claude 3.5 et 3.7 d’Anthropic. Pour l’heure, la start-up propose une solution de contournement reposant sur les clés API des utilisateurs, plus coûteuse et complexe. En savoir plus…
La navigation autonome en eaux troubles. • Qant avec GPT-4o
Les véhicules de surface autonomes (ASV) suscitent un intérêt croissant pour des applications comme la surveillance environnementale et la collecte de déchets flottants. Mais face aux contraintes du monde réel – charges asymétriques, courants, vents ou variations de masse – les approches classiques de contrôle, comme la commande prédictive (MPC), peinent à maintenir une performance fiable. C’est dans ce contexte que des chercheurs du Georgia Institute of Technology et de GeorgiaTech Europe ont testé une alternative fondée sur l’apprentissage par renforcement profond (DRL), en comparant ses performances à celles du MPC dans des conditions réelles perturbées.
Une victoire de l’IA aussi nette que celle du PSG, les hooligans en moins.
Le projet de loi Genius sur les stablecoins, qui est arrivé en séance plénière au sénat américain, a attiré une nuée d’amendements qui en ralentissent le débat : les républicains veulent empêcher Meta de lancer son propre jeton ; les démocrates se battent contre les conflits d’intérêt de Donald Trump ; la plateforme crypto Coinbase, très active dans le lobbying crypto, réclame le droit de verser des intérêts aux détenteurs de stablecoins…
Un amendement proposé par deux sénateurs, l’un républicain et l’autre démocrate, semble particulièrement problématique. Il veut imposer aux banques et aux compagnies aériennes d’offrir une alternative à Visa et Mastercard pour le traitement des paiements par carte, rapporte Bloomberg.
Plusieurs sénateurs républicains ont menacé de s’opposer à la loi sur les stablecoins si l’amendement bancaire est maintenu, ce qui ferait dérailler tout le projet.
EN FILIGRANE : Les cartes de crédit américaines. Les stablecoins sont présentés comme une manière pour les commerçants de contourner les frais liés aux cartes bancaires, particulièrement dispendieuses aux États-Unis.
À SURVEILLER : Probable adoption. La vivacité du débat parlementaire est signe, paradoxalement, que la loi a de bonnes chances de passer. Les banques américaines trouvent alléchant de pouvoir émettre leurs propres stablecoins, ce qui renforce la dynamique des intérêts de Trump – dont 40 % du patrimoine serait désormais lié aux cryptos.
Une IPO surdimensionnée pour Circle • L’introduction en Bourse de Circle, créateur du deuxième stablecoin mondial avec près de 30% de parts de marché, a réuni hier près de 1,1 milliard de dollars, dont quelque 600 millions ont été consacrés à la cession d’actions par les fondateurs et actionnaires existants. Cela valorise l’entreprise à près de 7 milliards de dollars. Le prix final a été fixé au-dessus de la fourchette présentée pendant le roadshow, signe de l’appétit et des attentes sur les stablecoins que déclenche le futur cadre législatif aux États-Unis (ci-dessus). En savoir plus…
Exemples de véhicules de surface autonomes équipés de filets pour capturer les déchets flottants. • Luis F. W. Batista et al.
Les véhicules de surface autonomes (ASV) suscitent un intérêt croissant pour des applications comme la surveillance environnementale et la collecte de déchets flottants. Mais face aux contraintes du monde réel – charges asymétriques, courants, vents ou variations de masse – les approches classiques de contrôle, comme la commande prédictive (MPC), peinent à maintenir une performance fiable. C’est dans ce contexte que des chercheurs du Georgia Institute of Technology et de GeorgiaTech Europe ont testé une alternative fondée sur l’apprentissage par renforcement profond (DRL), en comparant ses performances à celles du MPC dans des conditions réelles perturbées.
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