Le duel des données à l'heure de l'IA

Du data management aux services d’IA : Databricks et Snowflake réinventent la data-as-a-service à l’heure de l’IA • Hyperbole : il y aura peu d’Apple Intelligence, et pas de sitôt • OpenAI prépare son virage commercial • L’IA permet de créer un exosquelette autonome • Bienvenue dans Qant, mardi 18 juin 2024.

« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

Chaque jour, les journalistes de Qant illustrent les tendances de fond qui animent la tech. Ils s’appuient sur Kessel Média et utilisent l’IA générative depuis mars 2022.

L’ÉVÉNEMENT

Données, données moi

Databricks et Snowflake, les deux géants de la gestion et de l'analyse de données, ont tenu en début de mois leurs conférences annuelles respectives, marquées par une forte teinte d’IA et des rachats de start-ups.

“Le contrôle des données à l’heure de l’IA” (Qant, M. de R. avec Midjourney)“Le contrôle des données à l’heure de l’IA” (Qant, M. de R. avec Midjourney)

Lors de leurs lancements respectifs en 2012 et 2014, Snowflake et Databricks étaient très complémentaires. Snowflake, cofondée par le Français Benoît Dageville, était composée d’anciens d’Oracle et offrait des services de data warehousing, de grands entrepôts de données.  Créée par des anciens d’Apache, Databricks concentrait ses services autour de Spark, un logiciel open source d’analyse des données. Progressivement, cependant, les deux start-ups ont convergé, pour offrir des services complets de data-as-a-service. Et depuis l’an dernier, les deux rivaux multiplient acquisitions et investissements pour offrir à leurs clients des services d’IA.

Snowflake vient de conclure sa conférence Data Cloud Summit, qui s’est tenue du 3 au 6 juin. Une fête quelque peu gâchée par celle de Databricks, qui s’est tenue du 10 au 13 juin, et par des rumeurs de fuites de données, à la suite d’attaques contre des grands clients comme la banque Santander ou le site TicketMaster. Snowflake a démenti ces accusations, qui s'appuient notamment sur un rapport de l'entreprise américaine Hudson Rock supprimé depuis.

Mais le véritable enjeu, c’est l’IA.

L’INTÉGRALITÉ DE CET ARTICLE EST DISPONIBLE EN FIN DE LETTRE

L’ESSENTIEL : Apple, AWS, Leonardo, McDonald’s, OpenAI, Reuters Institute for the Study of Journalism, Ton

ROBOTS

L’IA jusqu’à l’os

Une équipe de chercheurs de Caroline du Nord a développé une méthode pour entraîner des exosquelettes robotiques grâce à l’apprentissage par renforcement.

Des chercheurs de l'université d'État de Caroline du Nord ont mis au point une nouvelle méthode qui emploie l'intelligence artificielle et des simulations informatiques pour entraîner des exosquelettes robotiques autonomes. Ceux-ci peuvent aider les utilisateurs à économiser de l'énergie en marchant, en courant et en montant des escaliers. 

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INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

  • OpenAI prépare sa transformation ultime • OpenAI pourrait devenir une entreprise à but lucratif, selon The Information. Le CEO, Sam Altman, a évoqué cette possibilité avec des actionnaires, envisageant une structure de société commerciale, comme le sont ses concurrents Anthropic et xAI. Cette transformation pourrait préparer le terrain pour une introduction en bourse, alors qu’OpenAI, qui a récemment doublé ses revenus annuels, prévoit également d'augmenter à 50 personnes l’équipe chargée de gérer la réglementation croissante du secteur de l'IA.
    Pour en savoir plus :
    The Information, Pymnts

  • Point trop d’Apple Intelligence • Apple a annoncé que le déploiement de son intelligence artificielle, Apple Intelligence (lire Qant du 11 juin), sera progressif et s'étendra jusqu'en 2025. Le déploiement d'Apple Intelligence par Apple, annoncé la semaine dernière, ne sera disponible pour les développeurs qu'à la fin de l'été, avec un aperçu cet automne, limité à certains appareils et uniquement en anglais américain, selon Bloomberg. Apple prévoit de former ses modèles d'IA sur d'autres langues ultérieurement.
    Pour en savoir plus :
    Bloomberg, Pymnts

  • Le journalisme IA fait encore peur • L'utilisation de l'intelligence artificielle dans la production d'informations inquiète de plus en plus l'opinion publique, selon le Digital News Report du Reuters Institute for the Study of Journalism. Le rapport révèle que 52 % des sondés aux États-Unis et 63 % au Royaume-Uni seraient mal à l'aise avec des nouvelles principalement produites par IA, surtout pour des sujets sensibles comme la politique. De plus, 59 % des personnes interrogées craignent la désinformation en ligne.
    Pour en savoir plus :
    Reuters

  • Leonardo donne naissance à un Phoenix • La start-up australienne Leonardo AI vient de lancer Phoenix, un nouveau modèle de génération d'images. Phoenix se distingue par une meilleure adhérence aux consignes, la génération de texte dans les images, et des innovations dans son architecture pour améliorer la qualité visuelle. La version actuelle est une prévisualisation, certaines fonctionnalités étant encore en développement.
    Pour en savoir plus :
    Testing Catalog

  • McDonald’s renonce à IBM • La chaîne McDonald's va mettre fin à son programme de chatbots d’IA qui prenaient les commandes au drive, mis en place en partenariat avec IBM. Après des tests dans plus de 100 restaurants, l'entreprise explore d'autres options, notamment un partenariat potentiel avec Google annoncé en décembre.
    Pour en savoir plus :
    Restaurant Business, The Verge

  • Amazon au chevet des start-ups • Amazon prévoit de dépenser 230 millions de dollars (environ 210 millions d'euros) pour soutenir des start-ups spécialisées dans les applications d'intelligence artificielle générative. Une part de 80 millions de dollars financera la deuxième édition du programme AWS Generative AI Accelerator, qui offre des crédits de calcul pour l'infrastructure AWS.
    Pour en savoir plus :
    Techcrunch

MONNAIES NUMÉRIQUES ET BLOCKCHAINS

  • Telegram hausse le Ton • La blockchain Ton vient d'atteindre un record de 610 millions de dollars (environ 555 millions d'euros) en valeur totale (TVL). Cette hausse survient trois semaines après que la TVL de Ton ait atteint 300 millions de dollars (environ 275 millions d'euros). La croissance de Ton est soutenue par son intégration avec Telegram (lire Qant du 4 avril), qui compte plus de 900 millions d'utilisateurs. Par ailleurs, Pantera Capital a récemment investi dans Ton, et Tether a annoncé une collaboration avec cette blockchain en avril.
    Pour en savoir plus :
    The Block

ÉDITION PREMIUM

En exclusivité pour les abonnés :

  • Snowflake et Databricks rivalisent d’innovations et de rachats de start-ups pour s’affirmer comme leader dans le secteur des données d’IA. 

  • Une équipe de chercheurs utilise l'apprentissage par renforcement pour que des exosquelettes aident de manière autonome leurs utilisateurs.

Le duel des données à l'heure de l'IA

Databricks et Snowflake, les deux géants de la gestion et de l'analyse de données, ont tous les deux amorcé depuis un an leur virage vers l'IA. Une accélération qui s'illustre par l'acquisition de start-ups et le lancement de nouveaux modèles.

“Le contrôle des données à l’heure de l’IA” (Qant, M. de R. avec Midjourney)“Le contrôle des données à l’heure de l’IA” (Qant, M. de R. avec Midjourney)

La semaine dernière, la plateforme d’analyse de données Databricks a annoncé le lancement de LakeFlow, une solution d'ingénierie qui permet d'ingérer, de transformer et d'orchestrer les données, et d’éliminer ainsi le besoin de solutions tierces. Présenté lors du sommet annuel Data + AI de Databricks qui s’est tenu en parallèle du WWDC d’Apple, LakeFlow permet aux utilisateurs de construire des pipelines de données et d'intégrer des données de diverses bases de données et applications d'entreprise. Il veut répondre aux demandes pour une intégration de données simplifiée.

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Qant: Révolution cognitive et Avenir du numérique

Par QANT: IA et Technologies Émergentes

Jean Rognetta

Binational franco-italien, économiste de formation, Jean devient journaliste au milieu des années 1990, après avoir fait ses premiers pas dans l’édition et la technologie. Il débute sa carrière au groupe Tests, leader de la presse informatique, puis se spécialise en financement de l’innovation et des PME. Il couvre le sujet pour Les Echos et Capital Finance de 2000 à 2015. En 2016, il rejoint le magazine Forbes et devient directeur de la rédaction de l’édition française.
Pendant la crise financière, il lance l’association PME Finance, à l’origine notamment du PEA-PME et de l’amortissement du corporate venture, ainsi que partiellement de la libéralisation du crowdfunding. Elle fusionne en 2015 avec le groupement d’entrepreneurs Croissance Plus.
Depuis 2020, Jean a lancé la revue SAY, édition française de Project Syndicate, dont il reste contributing editor, le supplément Corporate Finance du Nouvel Économiste et la collection Demain! aux Editions Hermann.

Maurice de Rambuteau

Diplômé du Centre de Formation des Journalistes (CFJ Paris) et de l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris (ESCP BS), Maurice de Rambuteau a fait ses premières armes de journaliste dans le sport, pour le site et le magazine SoFoot, puis au sein de la rédaction football de L'Equipe. Il s'est ensuite tourné vers le journalisme économique au sein de la rédaction de La Croix, avant de donner libre cours à sa passion pour la technologie en rejoignant Qant en juin 2022 pour un premier tour d’horizon de l’IA générative. Depuis, il a percé les mystères des blockchains et du métavers et, surtout, passé des dizaines de modèles d’IA au banc d’essai.

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