Meta AI, mais tard

Une version bridée de Meta AI devient accessible en Europe • Ampere Computing rejoint ARM dans le giron de SoftBank • Trump lance une Spac pour la tech • Un robot unijambiste s’inspire des écureuils • Monnaies numériques : l'état de l'art de la recherche • Bienvenue dans Qant, vendredi 21 mars 2025.

« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

Mardi 25 avril à 18h, Qant organise un débat sur le défi de compétitivité que l’IA pose aux entreprises financières françaises, en partenariat avec la House of Finance de l’université Dauphine PSL et le Cercle IA et Finance. Venez participer !

Meta pactise avec la réglementation européenne

Avec un an de retard, Meta lance enfin en Europe son assistant IA sur Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger.

  • Meta AI sera disponible à partir de cette semaine dans 41 pays européens après une suspension d’un an causée par les régulateurs irlandais, qui avaient bloqué l’entraînement du modèle sur les données des utilisateurs européens de Facebook et Instagram.

  • Le chatbot sera disponible uniquement en version textuelle. Il ne pourra ni générer ni modifier des images, contrairement à ses capacités dans d’autres régions. 

  • Meta AI répondra aux questions des utilisateurs sur WhatsApp, Instagram, Threads et Facebook, et leur permettra de “découvrir du contenu pertinent” sur leurs plateformes sociales. Il fonctionnera donc en complément des algorithmes d’amplification.

  • EN FILIGRANE : Une future expansion. Meta assure que son modèle n’a pas été entraîné sur les données des utilisateurs européens. Les concertations continuent pour aligner progressivement les fonctionnalités de son IA en Europe avec celles disponibles aux États-Unis.

  • À SURVEILLER : La géopolitique des réseaux. La Commission européenne a frappé Apple et Google cette semaine, mais elle continue de se montrer conciliante avec le cœur de l’empire trumpien dans les réseaux sociaux : X et, depuis que Mark Zukerberg a cédé aux pressions des républicains, Meta.

SoftBank ouvre le courant sur Ampere

Le géant japonais SoftBank va acquérir Ampere Computing, un concepteur américain de puces pour serveurs basées sur l’architecture ARM, pour un montant de 6,5 milliards de dollars.

  • SoftBank a annoncé hier l’acquisition d’Ampere Computing, une start-up californienne spécialisée dans les processeurs ARM pour serveurs, pour 6,5 milliards de dollars. 

  • Ampere développe des processeurs optimisés pour l’intelligence artificielle à très grand nombre de cœurs, comme l’AmpereOne Aurora, qui compte 512 cœurs.

  • Google, Microsoft et Alibaba utilisent déjà les puces Ampere, qui concurrencent les architectures x86 d’Intel et AMD.

  • À SURVEILLER : Les synergies entre ARM et Ampere. L’acquisition soulève des questions sur la stratégie précise de SoftBank, qui possède déjà ARM, qui tente précisément de s’ouvrir au marché des datatecenters où est présent Ampere.

Gretel, Nvidia, OpenAI, Synopsys

  • Le joli conte de Gretel • Nvidia aurait acquis Gretel, une start-up spécialisée dans la génération de données synthétiques pour l'entraînement des modèles d'IA. Le montant exact de l’opération n’a pas été dévoilé, mais il dépasserait les 320 millions de dollars, soit la dernière valorisation de Gretel. Fondée en 2019, Gretel développe des modèles d'IA enrichis de technologies propriétaires pour générer des jeux de données synthétiques. En savoir plus… 

  • Un agent IA pour écrire le Synopsys • L’éditeur de logiciels pour la conception de microprocesseurs Synopsys vient de présenter AgentEngineer, un système d’agents IA conçu pour assister la conception de circuits intégrés complexes. L’outil pourra tester des circuits et, à terme, coordonner la conception de systèmes multi-puces. En savoir plus… 

  • OpenAI hausse la voix (et ses prix) • OpenAI devait lancer hier soir trois nouveaux LLM de synthèse vocale, tout en continuant à maintenir son modèle Whisper. Le passage à un LLM multimodal permet une plus grande précision linguistique et donne la possibilité de demander à l’IA de changer de ton en fonction du texte qu’elle lit. Par ailleurs, la start-up a lancé o1-pro, une version améliorée de son modèle d’IA o1, accessible via son API développeur. Ce modèle utilise davantage de puissance de calcul pour offrir des réponses plus précises aux problèmes complexes, selon OpenAI. L'accès est limité aux développeurs ayant dépensé au moins 5 dollars en services API OpenAI. Son coût est nettement plus élevé que les autres modèles : 150 dollars par million de tokens en entrée (~750 000 mots) et 600 dollars par million de tokens générés, soit 2 fois le prix de GPT-4.5 et 10 fois celui de o1. En savoir plus… 

  • Et pour un milliard de plus • X vient de lever près de 1 milliard de dollars en nouvelles actions, consolidant sa valorisation à environ 32 milliards de dollars, selon Bloomberg. Musk a lui-même participé à ce tour de table, aux côtés d’investisseurs comme Darsana Capital Partners et 1789 Capital. L’entreprise envisage d’utiliser une partie des fonds pour rembourser sa dette restante. Avec cette levée, la valorisation totale de X atteint environ 44 milliards de dollars, soit le montant initial du rachat de Twitter en 2022 (lire Qant du 20 mars). En savoir plus…

Le groupe Trump prépare des acquisitions

Le Trump Media & Technology Group lance une Spac destinée dans la crypto, la cybersécurité ou les technologies à double usage.

  • Trois dirigeants du Trump Media & Technology Group viennent de créer Renatus Tactical Acquisition Corp I, une société d'acquisition à vocation spécifique (Special Purpose Acquisition Company, SPAC) immatriculée aux îles Caïmans, créée pour lever des fonds et fusionner avec une entreprise cible.

  • Ils prévoient de lever 178,9 millions de dollars via une introduction en bourse et un placement privé, selon une déclaration déposée auprès de la SEC.

  • L'entreprise ciblera notamment des acteurs stratégiques de la crypto, en pleine évolution réglementaire après l’élection de Donald Trump.

  • À SURVEILLER : Le rôle de Renatus aux côtés de WLFI. World Liberty Financial (WLFI) porte les participations de la famille Trump dans les cryptos. Le Trump Media & Technology Group, pour sa part, est surtout connu pour avoir lancé Truth Social, le réseau social au cœur du dispositif politique de Donald Trump. Renatus pourra faire le lien entre les deux.

L’engouement pour les monnaies numériques à l’épreuve de Donald Trump

Les monnaies numériques de banque centrale sont devenues un axe de recherche majeur pour les institutions financières et les gouvernements. Une analyse bibliométrique met en lumière les tendances et les défis de leur adoption à l’échelle mondiale. En oubliant le principal : Donald Trump.

Des monnaies numériques partout • Qant, M. de R. avec Midjourney

Dès son arrivée à la Maison-Blanche, le 23 janvier dernier, Donald Trump a signé un décret exécutif interdisant explicitement la création, l’émission, la circulation ou l’utilisation d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) aux États-Unis. Intitulé « Renforcer le leadership américain dans la technologie financière numérique », ce décret invoque des risques pour la stabilité financière, la vie privée individuelle et la souveraineté nationale comme raisons de cette interdiction. Trump a également annulé les politiques précédentes de l’administration Biden qui soutenaient le développement des CBDC et s’emploie à favoriser, au contraire, le développement des cryptomonnaies.

Or, la recherche montre plutôt l’inverse. Certains travaux suggèrent qu’une monnaie numérique pourrait générer une augmentation permanente du PIB de 3 % dès qu’elle alimente 30 % de l’économie.

Ton, Telegram

  • Des tonnes de Ton • La Ton Foundation a annoncé que des fonds de capital-risque, dont Sequoia Capital et Benchmark Capital, ont investi plus de 400 M$ en Toncoin, la cryptomonnaie native de la blockchain Ton. Celle-ci, qui opère des mini-applications intégrées à Telegram, revendique plus de 40 millions d’utilisateurs actifs et 121 millions de détenteurs uniques de Toncoin. L’investissement a été réalisé directement en jetons, sans prise de participation en capital. En savoir plus…

Le robot qui imitait l’écureuil veut partir dans les étoiles

Des chercheurs de Berkeley ont développé un robot unijambiste capable de sauter de branche en branche et de maintenir son équilibre, en s’inspirant des techniques de saut des écureuils. Ils préparent son utilisation dans les lunes de Jupiter.

Les écureuils sont des acrobates hors pair, capables de bondir avec précision sur les branches les plus fines. Pour reproduire ces prouesses en robotique, une équipe de biologistes et d’ingénieurs de l’université de Californie à Berkeley a modifié Salto, un robot unijambiste, afin qu’il puisse atterrir avec précision sur des perchoirs étroits. Cette avancée, publiée dans Science Robotics, pourrait améliorer l’agilité des robots dans des environnements complexes, comme les sites en construction ou les forêts denses.


EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNÉS :

• Un panorama des tendances de recherche sur les monnaies numériques s’inscrit en faux avec la démarche américaine de favoriser les cryptos.

• Un robot capable de bondir de branche en branche ouvre la voie à des machines plus agiles en terrain instable.

L’engouement pour les monnaies numériques à l’épreuve de Donald Trump

Les monnaies numériques de banque centrale sont devenues un axe de recherche majeur pour les institutions financières et les gouvernements. Une analyse bibliométrique met en lumière les tendances et les défis de leur adoption à l’échelle mondiale. En oubliant le principal : Donald Trump.

Évolution thématique de la technologie Blockchain pour les monnaies numériques de banque centrale • Medina Ayta Mohammed et al.

Dès son arrivée à la Maison-Blanche, le 23 janvier dernier, Donald Trump a signé un décret exécutif interdisant explicitement la création, l’émission, la circulation ou l’utilisation d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) aux États-Unis. Intitulé « Renforcer le leadership américain dans la technologie financière numérique », ce décret invoque des risques pour la stabilité financière, la vie privée individuelle et la souveraineté nationale comme raisons de cette interdiction. Trump a également annulé les politiques précédentes de l’administration Biden qui soutenaient le développement des CBDC et s’emploie à favoriser, au contraire, le développement des cryptomonnaies.

Résultats favorables

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Qant: Révolution cognitive et Avenir du numérique

Par QANT: IA et Technologies Émergentes

Jean Rognetta

Binational franco-italien, économiste de formation, Jean devient journaliste au milieu des années 1990, après avoir fait ses premiers pas dans l’édition et la technologie. Il débute sa carrière au groupe Tests, leader de la presse informatique, puis se spécialise en financement de l’innovation et des PME. Il couvre le sujet pour Les Echos et Capital Finance de 2000 à 2015. En 2016, il rejoint le magazine Forbes et devient directeur de la rédaction de l’édition française.
Pendant la crise financière, il lance l’association PME Finance, à l’origine notamment du PEA-PME et de l’amortissement du corporate venture, ainsi que partiellement de la libéralisation du crowdfunding. Elle fusionne en 2015 avec le groupement d’entrepreneurs Croissance Plus.
Depuis 2020, Jean a lancé la revue SAY, édition française de Project Syndicate, dont il reste contributing editor, le supplément Corporate Finance du Nouvel Économiste et la collection Demain! aux Editions Hermann.

Maurice de Rambuteau

Diplômé du Centre de Formation des Journalistes (CFJ Paris) et de l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris (ESCP BS), Maurice de Rambuteau a fait ses premières armes de journaliste dans le sport, pour le site et le magazine SoFoot, puis au sein de la rédaction football de L'Equipe. Il s'est ensuite tourné vers le journalisme économique au sein de la rédaction de La Croix, avant de donner libre cours à sa passion pour la technologie en rejoignant Qant en juin 2022 pour un premier tour d’horizon de l’IA générative. Depuis, il a percé les mystères des blockchains et du métavers et, surtout, passé des dizaines de modèles d’IA au banc d’essai.

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