Les états d’âme d’OpenAI et le retour de Meta

Meta revient aux stablecoins • OpenAI renégocie son accord avec Microsoft • Le robot chinois Adam apprend à marcher sans caméra • Apple prépare des puces pour contrer Meta dans les lunettes IA • Cisco veut créer un réseau photonique quantique • Cinq approches IA pour représenter les protéines • Bienvenue dans Qant, mardi 13 mai 2025.

« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

Perplexity prépare une Comet à 14 milliards

Devenue le principal rival de Google et OpenAI dans la recherche générative, la start-up américaine Perplexity s’apprête à lever 500 millions de dollars sur une valorisation de 14 milliards, malgré un objectif initial plus ambitieux.

  • Perplexity AI négocie une levée de fonds de 500 millions de dollars menée par le fonds Accel, selon plusieurs sources proches du dossier citées par CNBC et le Wall Street Journal.

  • Cette opération valoriserait l’entreprise à 14 milliards de dollars, en hausse de plus de 50 % par rapport à sa précédente valorisation de 9 milliards en décembre.

  • Lors de discussions en mars, Perplexity envisageait de lever jusqu’à 1 milliard à une valorisation post-money de 18 milliards, mais ces ambitions ont été revues à la baisse.

  • Le moteur de recherche basé sur l’intelligence artificielle revendiquait en avril plus de 15 millions d’utilisateurs mensuels et environ 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents.

  • L’entreprise développe des services à destination des particuliers et des entreprises, ainsi qu’une offre pour développeurs nommée Sonar, qui permet l’intégration de fonctionnalités de recherche IA dans d’autres applications.

  • EN FILIGRANE : A l'occasion du procès antitrust contre Google, un dirigeant d'OpenAI avait de son côté déclaré fin avril être prêt à racheter Chrome, et ambitionne de préparer son propre navigateur après avoir créé son propre index et son propre moteur de recherche.

  • À SURVEILLER : Le lancement de Comet. Le futur navigateur à recherche agentique pourrait renforcer la position de Perplexity face à Google, OpenAI et Anthropic dans le secteur concurrentiel de la recherche par intelligence artificielle.

Meta relance sa stratégie de paiements crypto

Trois ans après l’abandon du projet Libra/Diem, Meta explore à nouveau l’usage de stablecoins pour des paiements transfrontaliers à faible coût.

  • Meta est en discussion avec plusieurs entreprises crypto pour intégrer des stablecoins à ses réseaux sociaux, avec une attention particulière sur leur usage dans les paiements à destination des créateurs de contenu.  

  • Le groupe envisage une approche multi-tokens, potentiellement compatible avec des stablecoins comme l’USDC de Circle ou l’USDT de Tether.

  • En janvier, Meta a recruté une nouvelle vice-présidente en charge des produits liés aux paiements et à la fintech.

  • EN FILIGRANE : Accélération générale. Pendant que XRP multiplie les initiatives, rach​​etant​​ par exemple en rachetant un courtier britannique,pour les paiements B-to-B, Stripe développe un nouveau système de paiement, basé sur des stablecoins, en s'appuyant sur sa récente acquisition de Bridge. Pour sa part, Paypal introduira cet été aux Etats-Unis une rémunération sur les soldes en PYUSD, dans une tentative de stimuler l'usage de son stablecoin. De leurs côtés, Visa, Mastercard et encore Paypal ont tous trois annoncé en début de mois des solutions d'agentic commerce, où des agents IA peuvent réaliser des achats en ligne à la place des consommateurs, selon des préférences préétablies.

  • À SURVEILLER : L’évolution des régulateurs. Meta revient dans le domaine trois ans après l’échec du projet Libra/Diem, abandonné en 2022 face à l'opposition des régulateurs. Entre-temps, les États-Unis ont changé de pied et l’Europe n’a plus l’influence qu’elle avait. Meta pourrait gagner à n’être plus pionnier et se limiter à proposer des solutions au social commerce.

OpenAI se cherche une solution

OpenAI et Microsoft renégocient leur partenariat stratégique, alors que la start-up tente de protéger son dernier tour de table.

  • Après avoir renoncé à son projet de transformation en société commerciale, OpenAI renégocie le pacte d’investissement avec Microsoft, d’après le Financial Times.

  • Il s’agit pour l’entreprise de préserver la deuxième tranche de son dernier tour de table, de 30 milliards de dollars sur 40 milliards, en offrant aux investisseurs – notamment Softbank – la perspective d’une introduction en bourse ou d’un autre événement de liquidité.

  • Le quotidien britannique fait état de tensions entre OpenAI et Microsoft, deuxième actionnaire de la future société à mission en raison de son investissement de 13,75 milliards de dollars.

  • La croissance des activités commerciales d’OpenAI et surtout son projet d’infrastructure “Stargate” rendent les deux firmes de plus en plus directement concurrentes.

  • Microsoft aurait proposé de céder une partie de sa participation dans la future entité en échange d’un accès prolongé aux futurs modèles d’intelligence artificielle, au-delà de l’échéance actuelle de 2030.

  • À SURVEILLER : Elon Musk s’en va-t-en guerre. Encouragé par la volte-face d’OpenAI, qui a reculé face aux procureurs généraux du Delaware et de Californie, Elon Musk continue d’attaquer Sam Altman et le conseil d’OpenAI, qui détourneraient à leur profit les actifs de la fondation de recherche. L’audience aura lieu en 2026.

AI21 Labs, Anthropic, Netflix, SoundCloud

  • Claude se connecte au web • Anthropic a lancé une nouvelle API permettant à ses modèles Claude d’accéder au web pour fournir des réponses actualisées dans les applications développées par ses clients. Activée à la demande, la recherche web permet à Claude d’évaluer si une requête nécessite des informations récentes. En ce cas, il génère des requêtes, analyse les résultats et répond en citant ses sources. Les développeurs peuvent restreindre les domaines consultés ou désactiver cette fonction. L’API est facturée 10 dollars pour 1 000 recherches et compatible avec Claude 3.7 Sonnet, 3.5 Sonnet et 3.5 Haiku. La fonction est aussi disponible pour l’outil de programmation Claude Code. En savoir plus… 

  • A300 millions à AI21 pour chercher l’avenir de l’IA • La start-up israélienne AI21 Labs serait proche de lever 300 millions de dollars en série D auprès de Google et Nvidia pour accélérer le développement de ses modèles de langage et solutions d’IA destinés aux entreprises. Fondée en 2017, AI21 est notamment à l’origine de la famille de modèles Jamba, conçue pour gérer de longs contextes et reposant sur une architecture hybride combinant modèles state-space et transformers. En savoir plus… 

  • ChatGPT & Chill • Netflix a officiellement lancé une nouvelle fonctionnalité de recherche basée sur l’IA générative, propulsée par ChatGPT, qui permet aux utilisateurs de formuler leurs envies avec des phrases naturelles comme “je veux quelque chose de drôle et léger”. Déployée en version bêta sur iOS (sur inscription), elle a déjà été testée en Australie et en Nouvelle-Zélande. Netflix prévoit également d’utiliser l’IA pour adapter les visuels des titres selon la langue des abonnés. En savoir plus… 

  • SoundCloud dans la tourmente IA • SoundCloud fait face à une vague de critiques après que des artistes ont découvert que ses conditions d’utilisation autorisent désormais l’exploitation des contenus uploadés pour entraîner des technologies d’intelligence artificielle, sauf accord contraire. De nombreux musiciens auraient supprimé leurs morceaux ou fermé leur compte en réaction. SoundCloud affirme ne pas utiliser les contenus pour entraîner des modèles d’IA externes, et précise que les usages concernent uniquement des fonctionnalités internes comme les recommandations ou la détection de fraude. En savoir plus…

Adam fait ses premiers pas

Développé par la start-up chinoise PNDbotics, Adam est un robot humanoïde qui maîtrise la marche humaine grâce à un algorithme d’apprentissage par renforcement et une architecture modulaire avancée.

La start-up chinoise PNDbotics a récemment publié une vidéo démontrant les capacités de locomotion de son robot humanoïde Adam, présenté pour la première fois en 2023. Dans cette séquence, le robot marche sans assistance visuelle sur un sol irrégulier, en ajustant en temps réel sa foulée, son rythme et son équilibre. Cette démonstration marque une étape dans la transposition réussie d’un apprentissage en simulation vers un comportement autonome en conditions réelles.

Adam repose sur un algorithme d’apprentissage par renforcement (RL), combiné à des techniques d’imitation et à des bases de données de mouvements humains. Ces méthodes ont permis au robot de développer un comportement moteur sans passer par une planification rigide ni des modèles mécaniques prédéfinis. Le système apprend par interaction, dans des environnements simulés, avant d’être testé sur le terrain.

Amazon

  • Vulcan s’échauffe dans les entrepôts d’Amazon • Amazon vient de lancer Vulcan, un nouveau robot d’entrepôt doté de capteurs de force lui permettant de “sentir” les objets qu’il manipule. Équipé de deux bras, dont l’un muni d’une caméra et d’une ventouse, Vulcan peut réorganiser les compartiments de stockage et saisir des articles avec précision. Entraîné sur des données physiques, il peut traiter environ 75 % des références produits d’Amazon et s’améliore avec l’usage. Déployé à Spokane (États-Unis) et Hambourg (Allemagne), il a déjà géré un demi-million de commandes. En savoir plus…

Apple veut être au rendez-vous de… 2027

La firme à la Pomme accélère le développement de semi-conducteurs destinés à des lunettes connectées, d’accessoires intelligents et de serveurs pour l’intelligence artificielle, ce qui permet d’anticiper sa feuille de marche produit.

  • Apple progresse sur une puce dédiée à des lunettes intelligentes, dérivée des composants de l’Apple Watch et optimisée pour la sobriété énergétique, avec une production envisagée par TSMC entre fin 2026 et 2027, ce qui implique un lancement d’ici à deux ans.

  • Ces lunettes, en préparation sous le nom de code N401, veulent concurrencer les modèles Ray-Ban développés par Meta. Elles seront elles aussi en version sans réalité augmentée dans un premier temps, 

  • Tout en poursuivant des travaux sur une version AR plus ambitieuse, pour soutenir sa plateforme Apple Intelligence, Apple conçoit ses premiers processeurs pour serveurs d’IA, capables de traiter des requêtes complexes à distance, dans un projet appelé Baltra, mené avec Broadcom (qui collabore également avec OpenAI, pendant que son partenariat avec Google pour les TPU se termine).

  • Parallèlement, Apple développe des puces pour équiper ses AirPods et Apple Watch de caméras, dans l’optique de fonctions d’assistance dopées à l’intelligence artificielle, avec un lancement également ciblé autour de 2027.

  • À SURVEILLER : Des puces aux produits, de la coupe aux lèvres. L’échec du lancement d’Apple Intelligence et le retard du casque Vision Pro – lancé début 2024, plus de trois ans après l’engouement pour la réalité virtuelle – ont souligné le retard technologique d’Apple, qui a passé de trop longues années à se reposer sur les lucratifs lauriers de l’iPhone. D’ici à 2027, Meta aura eu tout le temps de continuer à tisser sa toile : des services sans téléphone. 

Cisco fait monter la température

Cisco dévoile une puce réseau quantique expérimentale, capable de fonctionner à température ambiante, en partenariat avec l’université de Californie à Santa Barbara. Son but : accélérer l’émergence de l’informatique quantique distribuée.

  • Cisco a présenté un prototype de puce d’entrelacement quantique générant jusqu’à un million de paires de photons intriqués par canal de sortie, avec un débit total atteignant 200 millions de paires par seconde par puce.

  • La puce a été conçue pour fonctionner à température ambiante en tant que composant photonique intégré, compatible avec les fibres optiques existantes, facilitant son déploiement dans les centres de données classiques.

  • Ce prototype a été dévoilé lors de l’ouverture de Cisco Quantum Labs, un centre de recherche basé à Santa Monica dédié aux technologies de réseau quantique, en collaboration avec des chercheurs universitaires.

  • À SURVEILLER : Le changement d’échelle. Cisco affirme que cette innovation pourrait réduire de 5 à 10 ans le délai estimé pour atteindre une informatique quantique exploitable à grande échelle, grâce à une interconnexion sécurisée et une synchronisation temporelle ultra-précise. Le recours à des réseaux distribués connectant de multiples ordinateurs quantiques permettrait de contourner les limites actuelles de montée en puissance, qui plafonnent à quelques milliers de qubits.

Écrire le vivant, II : apprendre à lire les protéines

Une étude de l’université de l’Alabama propose une cartographie des méthodes d’apprentissage par représentation appliquées aux protéines. Cinq approches se dégagent pour modéliser ces biomolécules complexes, de la structure atomique aux fonctions biologiques.

La difficile compréhension des protéines. • Qant avec GPT-4o

Comprendre la structure et le comportement des protéines est un défi majeur de la biologie moléculaire. Ces macromolécules, constituées de chaînes d’acides aminés, adoptent des formes complexes et jouent un rôle clé dans toutes les fonctions cellulaires. Or, leur activité biologique dépend étroitement de leur repliement tridimensionnel, lui-même dicté par la séquence. Face à la complexité du problème, les chercheurs se sont tournés vers des techniques de protein representation learning (PRL), capables de transformer ces objets structurés en vecteurs numériques exploitables par des modèles prédictifs. Les Protein Language Models (PLMs) sont ainsi devenus le paradigme dominant au sein du PRL. 

Cette approche s'inspire des grands modèles linguistiques (Large Language Models ou LLM) utilisés en traitement automatique du langage naturel. L'analogie est que les séquences d'acides aminés des protéines peuvent être vues comme un "langage biologique" avec sa propre "grammaire" et ses propres motifs. Les PLM modélisent les séquences protéiques comme un langage biologique, permettant ainsi des prédictions et des analyses à grande échelle.

Dans ce deuxième volet de l’enquête sur les PLM, Qant vous présente une synthèse du PRL, en s’appuyant sur une étude récente de l’université de l’Alabama à Birmingham. 


EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNÉS :

• PNDbotics illustre les avancées de la locomotion humanoïde sans planification rigide, avec un prototype modulaire destiné à évoluer vers des usages plus complexes.

• Les chercheurs de l’université de l’Alabama cartographient les techniques d’apprentissage utilisées pour modéliser les protéines, en intégrant séquences, structures et interactions moléculaires.

Adam, le robot humanoïde qui apprend à marcher comme un humain

Développé par la start-up chinoise PNDbotics, Adam maîtrise la marche humaine grâce à un algorithme d’apprentissage par renforcement et une architecture modulaire avancée.

La start-up chinoise PNDbotics vient de publier une vidéo montrant les capacités de locomotion de son robot humanoïde Adam, présenté pour la première fois en 2023. Dans cette séquence, le robot marche sans assistance visuelle sur un sol irrégulier, en ajustant en temps réel sa foulée, son rythme et son équilibre. Cette démonstration marque une étape dans la transposition réussie d’un apprentissage en simulation vers un comportement autonome en conditions réelles.

Un entraînement en simulation, puis transposé au réel

...

Qant: Révolution cognitive et Avenir du numérique

Par QANT: IA et Technologies Émergentes

Jean Rognetta

Binational franco-italien, économiste de formation, Jean devient journaliste au milieu des années 1990, après avoir fait ses premiers pas dans l’édition et la technologie. Il débute sa carrière au groupe Tests, leader de la presse informatique, puis se spécialise en financement de l’innovation et des PME. Il couvre le sujet pour Les Echos et Capital Finance de 2000 à 2015. En 2016, il rejoint le magazine Forbes et devient directeur de la rédaction de l’édition française.
Pendant la crise financière, il lance l’association PME Finance, à l’origine notamment du PEA-PME et de l’amortissement du corporate venture, ainsi que partiellement de la libéralisation du crowdfunding. Elle fusionne en 2015 avec le groupement d’entrepreneurs Croissance Plus.
Depuis 2020, Jean a lancé la revue SAY, édition française de Project Syndicate, dont il reste contributing editor, le supplément Corporate Finance du Nouvel Économiste et la collection Demain! aux Editions Hermann.

Maurice de Rambuteau

Diplômé du Centre de Formation des Journalistes (CFJ Paris) et de l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris (ESCP BS), Maurice de Rambuteau a fait ses premières armes de journaliste dans le sport, pour le site et le magazine SoFoot, puis au sein de la rédaction football de L'Equipe. Il s'est ensuite tourné vers le journalisme économique au sein de la rédaction de La Croix, avant de donner libre cours à sa passion pour la technologie en rejoignant Qant en juin 2022 pour un premier tour d’horizon de l’IA générative. Depuis, il a percé les mystères des blockchains et du métavers et, surtout, passé des dizaines de modèles d’IA au banc d’essai.

Les derniers articles publiés