Les investissements dans les start-up d'IA explosent en Europe, mais la compétition mondiale éclipse ces efforts • Mistral lance l'application Le Chat sur iOS et Android • BlackRock prépare un ETP Bitcoin en Europe • Boston Dynamics renforce son apprentissage (par renforcement) • Bienvenue dans Qant, vendredi 7 février 2025.


« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio
Pour assister au Sommet, rendez-vous lundi 10 février à 14 heures • Project Syndicate organise, en partenariat avec Qant, un évènement dans le cadre du Sommet pour l’Action de l’IA. Vous retrouverez plusieurs chefs d’État et de gouvernement comme Emmanuel Macron, Justin Trudeau et le président tchèque Petr Pavel, mais aussi des chefs d’entreprise comme Patrick Pouyanné, des entrepreneurs comme Reid Hoffmann ou Kate Kallot, des technologues comme Sylvain Duranton ou Alexander Vollert… Les débats se tiendront en présence des délégués du Sommet, et ils seront retransmis en direct à partir du Grand Palais à Paris. Une inscription est nécessaire pour les suivre.
Qant est membre de Project Syndicate.
“Nous avons investi 26,3 milliards au quatrième trimestre et je pense que, raisonnablement, c’est représentatif de notre capex annualisé en 2025” : en clair, Andy Jassy, qui a succédé à Jeff Bezos à la tête d’Amazon en 2021, s’attend à investir plus de 100 milliards de dollars cette année, pour l’essentiel en datacenters pour l’IA.
Pour leur part, Microsoft aura investi 80 milliards de dollars à la fin de son exercice courant, le 30 juin prochain. Satya Nadella a ouvert la porte à une stabilisation pour l’exercice suivant, mais pas à une réduction.
Le troisième géant du cloud, Google, prévoit lui d’investir 75 milliards de dollars cette année.
EN FILIGRANE : Le glas du cloud souverain. À eux seuls, les trois hyperscalers prévoient donc d’investir 255 milliards de dollars cette année. On ne voit pas comment le reste du marché, déjà confiné dans des niches nationales, pourra suivre. La pusillanimité européenne aura, encore une fois, coûté cher aux entreprises du continent.
SANS OUBLIER… : Meta, dont les datacenters sont consacrés à sa consommation propre, prépare le onecasting IA sur ses réseaux sociaux en investissant cette année 65 milliards de dollars….
… NI BIEN SÛR : Stargate, porté par OpenAI et récupéré par la propagande de Trump, devrait déployer une centaine de milliards dans les datacenters d’Oracle, officiellement cette année, sans que l’horizon temporel soit bien assuré.
À SURVEILLER : Du savon pour la bulle. Ces 420 milliards d’investissements ne comprennent pas Apple et Tesla, dont les investissements en IA et en datacenters sont noyés dans la masse. Mais il semble clair que DeepSeek n’a pas fait exploser la bulle et que Nvidia n’a pas de souci à se faire quant à la demande pour ses GPU.
Du cash pour l’IA européenne • Qant, M. de R. avec Midjourney
À quelques jours de l’Artificial Intelligence Action Summit, qui réunira à Paris des chefs d’État et des leaders technologiques, un nouveau rapport met en lumière la montée en puissance des start-ups européennes dans le domaine de l’intelligence artificielle. Le French AI Report, réalisé par le fonds de capital-risque Galion.exe, la société d’investissement Revaia et le cabinet de conseil Chausson Partners, analyse les tendances récentes du secteur (lire Qant du 6 février). Il note que l’IA a représenté presque le quart des investissements en capital-risque en 2024, avec 8 milliards de dollars investis dans les start-ups du secteur. Un chiffre en forte croissance, porté par une vague d’innovations et un intérêt croissant des investisseurs internationaux.
Part de l'IA et de la GenAI dans le financement total du capital-risque en Europe • Source : The French AI Report
Petit hic : selon CB Insights, l’IA a représenté 37% des investissements en capital-risque dans le monde, l’an dernier, soit 101,6 milliards de dollars de sur 274,6 milliards. Même si la méthodologie est différente – CB Insights recense environ 50 milliards d’investissements en capital-risque sur le Vieux Continent, contre une trentaine de milliards pour Chausson Partners –, il est clair que le retard européen continue de se creuser.
Draghi, au secours.
Mistral lance Le Chat sur mobile, rendant l’assistant d’intelligence artificielle disponible sur iOS et Android avec une interface conversationnelle similaire à ChatGPT, Claude et Gemini.
L’application intègre des capacités avancées, avec un traitement amélioré des images et documents, un interpréteur de code et des outils d’automatisation destinés aux professionnels.
L’entreprise met en avant une vitesse de réponse inégalée. Elle annonce jusqu’à 1 000 mots générés par seconde grâce à ses moteurs d’inférence, qui lui permettraient de surpasser ses concurrents en rapidité.
Une offre Pro à 14,99 € par mois permet d’accéder au modèle le plus performant, augmente les limites d’utilisation et offre la possibilité de refuser le partage de données avec Mistral.
À SURVEILLER : L’adoption par le grand public. Dans le monde des entreprises, Mistral est le principal fournisseur de modèles souverains. Mais dans les téléphones du grand public, Le Chat devra se faufiler entre ChatGPT, Apple Intelligence et Google Gemini.
OpenAI rentre dans le rang européen • OpenAI a lancé un programme de résidence des données en Europe. Cela permet aux entreprises et institutions du continent de stocker et traiter leurs données localement. Elles pourront ainsi se conformer aux réglementations comme le RGPD ou la loi fédérale allemande sur la protection des données. Les utilisateurs de l’API d’OpenAI peuvent désormais choisir de traiter leurs requêtes en Europe sans conservation des données, tandis que les abonnés ChatGPT Enterprise et Edu peuvent stocker leur contenu dans la région. OpenAI fait face à une pression croissante des régulateurs européens, notamment en Espagne, Allemagne et Italie, où l’entreprise a récemment été condamnée à 15 M€ pour non-respect des règles de protection des données. En savoir plus…
Un modèle d’IA pour 50 dollars • Des chercheurs de Stanford et de l’université de Washington ont conçu s1, un modèle d’IA de raisonnement, pour moins de 50 dollars en puissance de calcul louée sur le cloud. Ils ont utilisé un fine-tuning supervisé, qui consiste à entraîner un modèle existant avec un ensemble de données spécifiques, pour lui apprendre à résoudre des problèmes de manière plus efficace. S1 a été conçu à partir d’un des modèles open source Qwen d’Alibaba, puis amélioré grâce aux réponses fournies par Gemini 2.0 Flash Thinking, un modèle de Google accessible gratuitement avec certaines restrictions. L’entraînement a pris 30 minutes sur 16 GPU Nvidia H100, et le modèle rivalise avec o1 d’OpenAI et R1 de DeepSeek en mathématiques et en programmation. En savoir plus…
L’IA pour démocratiser le leadership • La plateforme californienne d’évaluation des compétences CodeSignal a dévoilé un nouvel outil basé sur l’intelligence artificielle conversationnelle pour l’apprentissage et l’évaluation des compétences en leadership et communication. Ce système permet aux utilisateurs d’interagir avec une IA dans des simulations de situations professionnelles, avec un retour en temps réel. Son objectif est de démocratiser un secteur où les formations traditionnelles coûtent entre 20 000 et 40 000 dollars par personne, rendant l’accès aux compétences managériales réservé aux cadres dirigeants. En savoir plus…
Selon Bloomberg, BlackRock s'apprête à lancer un ETP bitcoin en Europe.
Le fonds devrait être domicilié en Suisse, dont la régulation est favorable aux cryptomonnaies, mais il respectera le règlement européen Mica pour s’étendre dans l’UE.
Aux États-Unis, son ETF Bitcoin a atteint 58 milliards de dollars d’actifs sous gestion.
À SURVEILLER : Le marché européen. Les épargnants européens se sont montrés jusqu’à présent beaucoup plus méfiants que leurs homologues d’outre-Altantique. Les 160 ETP liés aux cryptomonnaies en Europe ont atteint une capitalisation de 17,3 milliards de dollars, loin des 116 milliards de dollars des ETF bitcoin américains. Il semble probable que l’engouement américain ne s’implante que lentement dans le Vieux Continent.
Alors que le débat sur la maturité du calcul quantique commence à faire rage, Hartmut Neven, responsable du quantique chez Google, considère que les premières applications commerciales exploitant pleinement l’informatique quantique seront disponibles à un horizon de cinq ans.
Trois domaines d’application devraient ouvrir le ban du calcul quantique : les batteries, les médicaments et les énergies alternatives.
Cette prévision contraste avec celle de Jensen Huang, le CEO de Nvidia, qui estime à au moins 20 ans l’arrivée d’une informatique quantique réellement exploitable à grande échelle.
À SURVEILLER : La vague quantique. Google progresse rapidement sur la technologie quantique, avec notamment le lancement en décembre 2024 de la puce Willow, qui affirme pouvoir résoudre les problèmes de bruit qui handicapent le secteur. Mais on ne peut surfer seul : il faut une vague. Et celle du quantique porte de moins en moins de monde.
Boston Dynamics s’associe au Robotics & AI Institute (RAI Institute) pour développer les capacités d’apprentissage par renforcement de son robot humanoïde Atlas. L’objectif est d’optimiser ses compétences en locomotion et en manipulation d’objets grâce à des simulations avancées, accélérant ainsi son apprentissage et son adaptation aux situations réelles.
Part de l'IA et de la GenAI dans le financement total du capital-risque en Europe • Source : The French AI Report
À quelques jours de l’Artificial Intelligence Action Summit, qui réunira à Paris des chefs d’État et des leaders technologiques, un nouveau rapport met en lumière la montée en puissance des start-ups européennes. Le French AI Report, réalisé par le fonds de capital-risque Galion.exe, la société d’investissement Revaia et le cabinet de conseil Chausson Partners, analyse les tendances récentes du secteur (lire Qant du 6 février).
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