Elon Trump et Donald Musk : perspectives

Le nouveau président américain favorisera ses soutiens, mais pas forcément Big Tech • Un nouveau stablecoin dollar se lance à Singapour • Pipedream déploie des robots souterrains de livraison • Recherche générative : Perplexity lève 500 millions sur une valorisation de 9 milliards • Bienvenue dans Qant, jeudi 7 novembre 2024.

« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

Trumperie sur la marchandise ? la tech américaine face à la prochaine administration

Le futur président américain est connu pour sa versatilité. Mais, malgré sa capacité à changer d’avis souvent et rapidement, la plupart de ses options technologiques semblent déjà claires. Sauf peut-être en matière de concurrence, la tech s’attend à une grande déréglementation et, sans doute, de fortes commandes publiques. Notamment aux entreprises d’Elon Musk.

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche s'annonce paradoxal pour la tech américaine. Contrairement aux attentes traditionnelles associées à une administration républicaine, les géants technologiques pourraient faire face à une pression réglementaire accrue et pâtir du protectionnisme du nouveau gouvernement. Les start-up de la Silicon Valley, notamment les cryptos, leurs investisseurs, et surtout l'empire d'Elon Musk, se trouvent en bien meilleure posture.

Trump, l’IA et les cryptos

Qant s’associe au cabinet Kramer Levin pour vous proposer une matinale d’approfondissement au palais Brongniart mardi 26 novembre prochain. Nous vous prions de réserver la date.

Un nouveau stablecoin dollar salue l’élection de Donald Trump (et la réglementation de Singapour)

  • Un consortium d’entreprises cryptos, dont Robinhood, Kraken et Paxos, lance un nouveau stablecoin appelé Global Dollar (USDG), adossé au dollar américain. Ce stablecoin sera initialement émis à Singapour, sous le cadre réglementaire stablecoin de l'Autorité monétaire de Singapour.

  • Le USDG se distingue par son modèle de partage des revenus issus des réserves, contrairement à d’autres stablecoins comme l’USDT de Tether et l’USDC de Circle.

  • Le Global Dollar Network, réseau de soutien de l’USDG, inclut aussi Anchorage Digital, Bullish, Galaxy Digital et Nuvei, qui percevront une partie des revenus générés par les réserves de l'USDG. DBS Bank, la plus grande banque d'Asie du Sud-Est, assurera la gestion des liquidités et la garde des réserves. 

  • À SURVEILLER : Les ersatz du dollar numérique. Après la victoire de Donald Trump, la perspective d’un dollar numérique de banque centrale s’éloigne fortement. Les stablecoins peuvent, comme l’argumentait hier Paul Ryan dans nos colonnes, prendre le relais.

JP Morgan

  • De l’euro au dollar grâce à la blockchain • JPMorgan a annoncé le lancement de règlements instantanés en dollar-euro sur sa blockchain Kinexys. La banque utilise son jeton numérique JPM Coin pour ces transactions, qui s'étendront aux transactions en livre sterling après approbation réglementaire. La banque se rémunérera via les écarts de change. En savoir plus…

Mais qui arrêtera Perplexity ?

  • La start-up Perplexity AI est en phase finale de levée de fonds pour un montant de 500 millions de dollars (environ 472 M€), selon le Wall Street Journal qui avait déjà annoncé fin octobre que l'entreprise cherchait à lever des fonds. La valorisation de la start-up, qui s'élevait à 520 millions de dollars (483 M€) en début d'année, devrait atteindre 9 milliards de dollars (environ 8,5 Md€).

  • Cette levée, menée par Institutional Venture Partners, survient dans un contexte de forte demande pour la solution de recherche générative de Perplexity, qui répond actuellement à plus de 100 millions de requêtes par semaine

  • Cette semaine, l’impression de fiabilité de Perplexity a été renforcée par un "Election Information Hub", qui fournissait des informations sur comment voter et sur les résultats des élections américaines via le modèle de la start-up.

  • À SURVEILLER : Le modèle économique et les éditeurs.Perplexity est confrontée à des accusations de violation de droits d’auteur, notamment de la part de News Corp et du New York Times, qui l’accusent d’exploiter leurs contenus sans compensation adéquate.Cela pourrait remettre en cause tout le modèle économique de Perplexity, qui propose de partager les revenus publicitaires avec les éditeurs.

Amazon, Apple, Foxconn, Nvidia

  • Nvidia au top • Nvidia a dépassé Apple mardi, devenant la société à la capitalisation boursière la plus élevée du monde, avec une valorisation de 3430 milliards de dollars (3200 Md€), contre 3400 milliards (3175 Md€) pour Apple. Cette hausse reflète la demande pour les processeurs graphiques de Nvidia, essentiels au développement de l'intelligence artificielle. L'entreprise continue de dominer le marché de l'IA avec des recettes ayant doublé ou triplé chaque trimestre. En savoir plus…

  • Foxconn au secours d’Apple Intelligence • Apple est en discussions avec le fabricant taïwanais de semiconducteurs Foxconn, fortement implanté en Chine continentale, pour fabriquer des serveurs supplémentaires destinés à renforcer Apple Intelligence, selon le quotidien nippon Nikkei. Son infrastructure d'IA générative a été lancée aux États-Unis en septembre dernier, avec le système d’exploitation iOS 18.1. Apple explore également des partenariats avec le chinois Lenovo et sa filiale LCFC pour concevoir les serveurs, et d’autres fournisseurs pour accroître sa capacité de production. En savoir plus… 

  • L’IA qui “spoilait" ma série • Prime Video lance une fonctionnalité d'IA appelée X-Ray Recaps, qui permet de générer des résumés textuels de saisons, d’épisodes, et de segments d'épisodes de séries. Disponible en version bêta sur les appareils Fire TV d'Amazon (qui permettent de diffuser des contenus en streaming sur une télévision), cette option sera étendue à d'autres supports d'ici fin d'année. Elle fonctionnera avec toutes les séries originales d'Amazon MGM Studios. En savoir plus…

Le MIT présente un cadre pour les LLM dans les robots

Des chercheurs du MIT ont récemment présenté une nouvelle architecture de modèles d’IA qui peut s’adapter à une multitude de robots et dépasser l’apprentissage par imitation.

Mise en application du modèle HPT • Source : MIT

Pour surmonter la difficulté de former des robots capables de s'adapter à des situations variées, plutôt que d'être limités à des scénarios spécifiques, des chercheurs du MIT viennent de présenter un nouveau framework appelé "Heterogeneous Pre-trained Transformers" (HPT). Il pré-entraîne un réseau neuronal profond à partir de données hétérogènes pour créer une représentation commune des tâches et des robots dans un modèle “transformer”, la même que les grands modèles de langage (LLM). Cette approche surmonte les limites de l'apprentissage par imitation, qui échoue souvent face à des changements mineurs comme la lumière ou des obstacles. La recherche montre que HPT atteint des performances supérieures à d'autres approches et s'adapte efficacement à de nouveaux robots et tâches. Cela montre son potentiel pour l'apprentissage robotique généralisé, un secteur qui a notamment vu la start-up californienne Physical Intelligence lever 400 millions de dollars pour développer un logiciel d'IA capable de contrôler une large gamme de robots pour accomplir diverses tâches.

Le robot qui courait sous terre

Pipedream Labs met en service un réseau souterrain de robots pour livrer les commandes de fast-food en un temps record.

Pipedream Labs, une entreprise basée à Austin, au Texas, a lancé un système de livraison souterrain pour un restaurant de restauration rapide. Ce système, qui évoque les réseaux pneumatiques du début du XXème siècle, permet d'acheminer les commandes depuis la cuisine jusqu'au client en moins de 15 secondes. Les robots de Pipedream se déplacent jusqu’à 90 km/h dans un réseau de tunnels souterrains spécialement aménagés.

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNES :

• Alors que les VC et les cryptos s’attendent à une manne trumpienne, la position de Big Tech face au nouveau président est plus ambiguë.

• Des chercheurs du MIT dévoilent une nouvelle approche pour créer des modèles d’IA pouvant s’adapter à plusieurs robots.

• Pipedream mise sur des robots souterrains pour une logistique urbaine ultra-rapide.

Trumperie sur la marchandise ? la tech américaine face à la prochaine administration

Le futur président américain est connu pour sa versatilité. Mais, malgré sa capacité à changer d’avis souvent et rapidement, la plupart de ses options technologiques semblent déjà claires. Sauf peut-être en matière de concurrence, la tech s’attend à une grande déréglementation et, sans doute, de fortes commandes publiques. Notamment aux entreprises d’Elon Musk.

Les précédents du premier mandat Trump sont éloquents. C'est sous son administration qu'ont été lancées les poursuites antitrust contre Google concernant ses accords de recherche par défaut – un procès que le géant du numérique a perdu cet été (lire Qant du 10 octobre 2024, du 9 août 2024 et du 14 septembre 2023) – ainsi que l'action en justice contre Meta pour ses acquisitions d'Instagram et WhatsApp. Tout le monde s’attend à ce que la pression anticoncurrentielle sur les géants de Silicon Valley s’accentue.

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Qant: Révolution cognitive et Avenir du numérique

Par QANT: IA et Technologies Émergentes

Jean Rognetta

Binational franco-italien, économiste de formation, Jean devient journaliste au milieu des années 1990, après avoir fait ses premiers pas dans l’édition et la technologie. Il débute sa carrière au groupe Tests, leader de la presse informatique, puis se spécialise en financement de l’innovation et des PME. Il couvre le sujet pour Les Echos et Capital Finance de 2000 à 2015. En 2016, il rejoint le magazine Forbes et devient directeur de la rédaction de l’édition française.
Pendant la crise financière, il lance l’association PME Finance, à l’origine notamment du PEA-PME et de l’amortissement du corporate venture, ainsi que partiellement de la libéralisation du crowdfunding. Elle fusionne en 2015 avec le groupement d’entrepreneurs Croissance Plus.
Depuis 2020, Jean a lancé la revue SAY, édition française de Project Syndicate, dont il reste contributing editor, le supplément Corporate Finance du Nouvel Économiste et la collection Demain! aux Editions Hermann.

Maurice de Rambuteau

Diplômé du Centre de Formation des Journalistes (CFJ Paris) et de l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris (ESCP BS), Maurice de Rambuteau a fait ses premières armes de journaliste dans le sport, pour le site et le magazine SoFoot, puis au sein de la rédaction football de L'Equipe. Il s'est ensuite tourné vers le journalisme économique au sein de la rédaction de La Croix, avant de donner libre cours à sa passion pour la technologie en rejoignant Qant en juin 2022 pour un premier tour d’horizon de l’IA générative. Depuis, il a percé les mystères des blockchains et du métavers et, surtout, passé des dizaines de modèles d’IA au banc d’essai.

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