« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

I.A.irbus : de l’Intelligence Américaine à l’Indépendance Artificielle ?
Une équipe de chercheurs autour de Diane Coyle, de l'université de Cambridge, travaillent à un plan pour la création d’une entreprise publique internationale d’intelligence artificielle, inspirée du modèle d’Airbus, afin que l’Europe et ses alliés, comme le Canada, puissent faire face à l’avance américaine et chinoise. Résumé et plaidoyer.
Plusieurs pays comme le Canada, l’Allemagne, le Japon, l’Espagne, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni peinent à développer une intelligence artificielle compétitive, malgré des investissements publics et privés considérables dans leurs laboratoires nationaux.
Quatre facteurs sont principalement en jeu: un manque d’infrastructures, une fragmentation des initiatives, une incertitude réglementaire et des marchés trop limités, qui empêchent l’émergence de produits IA à grande échelle.
Les initiatives européennes actuelles sont insuffisantes car trop fragmentées, peu orientées produit ou encore limitées géographiquement, ce qui justifie la nécessité d’un cadre plus structuré et fédérateur.
Le rapport préconise la création d’une “Public AI Company” sur le modèle d’Airbus, issue d’un partenariat public-privé regroupant plusieurs pays pour mutualiser les ressources, coordonner les efforts de développement de modèles et structurer une stratégie commerciale commune.
Ce consortium s’appuiera sur les ressources informatiques publiques, un centre de pré-entraînement mutualisé, et des unités nationales spécialisées par pays, pour garantir à la fois efficacité industrielle et souveraineté technologique.
Le projet veut redistribuer les cartes du leadership mondial, en permettant aux puissances intermédiaires de ne plus dépendre des hyperscalers américains ou chinois, tout en maximisant la valeur publique des investissements.
À SURVEILLER : Merz et Macron. En 1970, qui aurait cru qu’une initiative industrielle franco-allemande, successivement ouverte à d’autres pays, serait devenue le plus grand constructeur aéronautique mondial ? Un Airbus de l’IA serait un excellent sujet à l’agenda de la première visite à Paris du nouveau chancelier allemand, Friedrich Merz, mercredi prochain.
Schéma d’un Airbus de l’IA • Source : Diane Coyle et al.
L'Europe a besoin de sa propre infrastructure en matière d'IA
Alors que les gouvernements européens sont confrontés à une administration américaine ouvertement hostile, le besoin d'une alternative stratégique à la technologie américaine se fait de plus en plus pressant. Une initiative coordonnée, menée par l'UE et axée sur le commerce de l'IA pourrait aider l'Europe à atteindre l'autonomie industrielle et stratégique.
Par Diane Coyle (Cambridge)
Une stratégie numérique pour l’Europe. • Qant avec GPT-4o
« Même si l'administration Trump revenait demain sur ses politiques protectionnistes, les doutes sur la fiabilité des entreprises technologiques américaines persisteront. Et comme les plateformes technologiques chinoises sont tout aussi problématiques, il est de plus en plus évident que les gouvernements européens doivent commencer à développer un écosystème numérique et d'IA indépendant. »
« Pour l'Europe, le statu quo n'est plus une option. Les décideurs politiques doivent développer une alternative cohérente et stratégique à la dépendance vis-à-vis de la technologie américaine. Si cela semble chimérique, que l’on pense que la création d'Airbus qui a commencé comme la réponse de l'Europe à Boeing. Un « Airbus de l'IA » – une alternative financée par les pouvoirs publics et exploitée commercialement aux plateformes basées aux États-Unis – est à la fois faisable et nécessaire. »
Xiaomi mime les grands de l’IA
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