« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

Bienvenue à l’agentic commerce
Visa, Mastercard et PayPal lancent des solutions d’achats automatisés par intelligence artificielle, misant sur la sécurité, la personnalisation et la confiance pour s’imposer dans le commerce numérique.
Visa, Mastercard et PayPal ont annoncé tous trois, la semaine dernière, des solutions d’agentic commerce, où des agents IA peuvent réaliser des achats en ligne à la place des consommateurs, selon des préférences préétablies.
Visa a présenté « Intelligent Commerce », qui s’appuie notamment sur Anthropic, Microsoft, OpenAI et Stripe pour intégrer la personnalisation et la sécurité dans des paiements automatisés.
Mastercard a dévoilé « Agent Pay », qui remplace les données de paiement par des jetons numériques et propose une expérience d’achat conversationnelle, avec des recommandations adaptées.
PayPal propose le Agent Toolkit, une trousse pour développeurs (SDK) permettant l’intégration de ses services de paiement dans des flux d’achats automatisés via des API.
Ces plateformes utilisent des jetons de 16 chiffres, liés à la carte d’origine du client, comme méthode de paiement sécurisée, avec des paramètres stricts définis par l’utilisateur.
À SURVEILLER : Les premiers déploiements. A la rentrée 2024, la conférence Dreamforce de Salesforce a mis en avant des fonctionnalités d’IA agentique, avec des premiers utilisateurs comme la chaîne américaine de grands magasins de luxe Saks, qui exploitent ces technologies pour personnaliser l’expérience client. La mise en place des rails de paiement montre que tout sera bientôt prêt pour le déploiement des premiers agents de shopping.
L’euro numérique à l’épreuve de l’usage
La Banque centrale européenne lance une plateforme d’innovation autour de l’euro numérique, en vue d’une décision sur le lancement dès cette année.
Soixante-dix organisations du secteur privé – banques, fintechs, commerçants et startups – ont été sélectionnées par la Banque centrale européenne pour participer à une plateforme d’innovation dédiée à l’euro numérique.
Ces participants sont répartis entre deux groupes pour des tests différents : les « Pionniers » testent les paiements conditionnels, déclenchés uniquement si une condition précise est remplie, et les « Visionnaires » explorent des cas d’usage à impact sociétal, comme l’inclusion financière.
La Banque centrale européenne met à disposition des Pionniers une infrastructure simulée d’euro numérique, leur permettant d’intégrer techniquement les solutions proposées.
Les Visionnaires pour leur part participeront à des ateliers de réflexion avec la BCE.
On note parmi les banques impliquées CaixaBank (Espagne), Raiffeisen Bank (Autriche), Hellenic Bank (Chypre) et DZ Bank (Allemagne). Les acteurs français ne sont pas connus à ce jour.
Des fintechs comme ABI Lab (Italie) et Iberpay (Espagne) apportent leur expertise sur les technologies de registre distribué.
À SURVEILLER : La décision sur le lancement de l’euro numérique est attendue fin 2025, à l’issue de la phase préparatoire actuelle et sous réserve de l’adoption de la législation nécessaire par le Parlement européen. Les débats sur la souveraineté monétaire, la vie privée et l’inclusion numérique restent vifs mais le nouveau contexte international dicté par Trump devrait faciliter la décision.
À quoi serviront vraiment les monnaies numériques ?
Un rapport de la Fédération mondiale des bourses évalue les promesses et les limites des monnaies numériques pour les marchés financiers. Gain d’efficacité, traçabilité, risques juridiques et techniques : leur adoption soulève autant d’opportunités que de conditions.
Quel rôle pour les monnaies numériques ? • Qant avec GPT-4o
Selon la Fédération mondiale des bourses (WFE), les monnaies numériques peuvent devenir un maillon central de l’infrastructure des marchés financiers. Dans un rapport publié ce mois-ci, l’organisation, qui fédère plus de 250 bourses et chambres de compensation dans le monde, estime que ces monnaies pourront faciliter la tokenisation des actifs, en offrant un moyen de règlement adossé aux banques centrales, natif des registres numériques distribués.
La WFE rappelle que 94 % des banques centrales explorent aujourd’hui le sujet, et que selon le Forum économique mondial, 24 monnaies numériques pourraient être en circulation d’ici 2030. Leur intégration aux marchés permettra notamment d’enrichir les écosystèmes numériques d’un actif de paiement à la fois sûr, traçable, et stable, à même de réduire certains risques de contrepartie et de faciliter les règlements transfrontaliers.

Trump ne réussira pas à affaiblir l'économie américaine
Les politiques économiques les plus destructrices seront contenues de Donald Trump par les forces du marché, institutionnelles et structurelles. Et les tendances sous-jacentes, notamment l’IA, promettent aux États-Unis une croissance exceptionnelle à moyen et long terme.
Par Nouriel Roubini (Hudson Bay Capital Management LP)
De l’incertitude en Amérique. • Qant avec GPT-4o
« Des mesures draconiennes de protection commerciale et de restriction des migrations ne réduiront la croissance potentielle aux États-Unis que de 0,5%, 50 points de base, au maximum. Si la croissance passe de 2 % à 4 % grâce à la technologie, cela représente une augmentation de 200 points de base de la croissance potentielle. Le rapport entre les aspects positifs et négatifs est donc de quatre pour un ; à moyen terme, la technologie l'emportera sur les droits de douane. »
« Au fil du temps, une croissance plus forte, combinée aux politiques de redistribution existantes, affaiblira les forces populistes aux États-Unis. Pendant ce temps, l'Europe restera confrontée aux vents contraires du vieillissement démographique, de la dépendance énergétique, d'une dépendance excessive à l'égard des marchés chinois, d'une faible innovation intérieure et d'une croissance stagnante autour de 1 %. L'écart de 50 ans entre l'Amérique et l'Europe en matière d'innovation ne fera que se creuser à mesure que la croissance induite par l'IA passera d'un rythme logarithmique à un rythme exponentiel. »
Qant est membre de Project Syndicate.

Pucer les puces IA
Un projet de loi américain veut empêcher la contrebande de puces Nvidia vers la Chine en imposant leur géolocalisation après la vente.
Démocrates et républicains sont en train de s’unir au congrès des États-Unis, selon Reuters, sur un futur projet de loi pour imposer un suivi post-vente des puces d’intelligence artificielle comme celles de Nvidia.
Une technologie de géolocalisation existe déjà. Elle serait en partie intégrée aux puces Nvidia et Google l’utiliserait déjà pour sécuriser ses propres puces, d’après les sources de Reuters.
Le projet inclura également une disposition pour empêcher les puces non conformes de démarrer, bien que cette mesure soulève plus de défis techniques.
À SURVEILLER : Le contrôle des exportations. La mise en place d’un suivi technique pourrait marquer un tournant dans l’application des restrictions américaines face à l’usage militaire potentiel des puces par la Chine. Malgré les restrictions imposées sous Biden puis Trump, les accusations de trafics de puces vers la Chine en violation des lois américaines sur le contrôle des exportations continuent de se multiplier.
IBM, Oracle, Recraft
30 millions pour concurrencer Midjourney • La start-up Recraft, basée à San Francisco, a levé 30 millions de dollars lors d’un tour de table de série B mené par Accel, avec la participation de Khosla Ventures et Madrona. Elle s’est fait remarquer en 2024 lorsque son modèle de génération d’images “red_panda” a surpassé Dall-e et Midjourney sur le benchmark de référence Artificial Analysis. Spécialisée dans la génération d’images adaptées aux besoins des marques, Recraft permet de produire des visuels conformes à une charte graphique sans retouches manuelles. Fondée par Anna Veronika Dorogush, ancienne de Yandex, Google et Microsoft, l’entreprise revendique 4 millions d’utilisateurs et 5 millions de dollars de revenus annuels récurrents. En savoir plus…
Un Oracle chez IBM • IBM vient d'annoncer une collaboration avec Oracle pour intégrer la plateforme d’intelligence artificielle Watsonx d'IBM à l’infrastructure cloud Oracle Cloud Infrastructure (OCI). Dès juillet, les agents IA de Watsonx Orchestrate seront disponibles sur OCI, notamment via Oracle AI Agent Studio, pour optimiser la productivité en entreprise grâce à des systèmes multi-agents. La première application concernera les ressources humaines, avec un déploiement hybride sur Red Hat OpenShift. En savoir plus…

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNÉS :
• Pessimiste sur l’Europe, l’économiste qui avait prévu la crise des subprimes Nouriel Roubini est optimiste sur les États-Unis, à cause de leur avance technologique.
• Un rapport de la Fédération mondiale des bourses examine les usages réels des monnaies numériques pour les marchés financiers, entre gains d’efficacité et contraintes d’intégration.
Trump ne réussira pas à affaiblir l'économie américaine
Les politiques économiques les plus destructrices seront contenues de Donald Trump par les forces du marché, institutionnelles et structurelles. Et les tendances sous-jacentes, notamment l’IA, promettent aux États-Unis une croissance exceptionnelle à moyen et long terme.
Par Nouriel Roubini (Hudson Bay Capital Management LP)
De l’incertitude en Amérique • Qant avec GPT-4o
En décembre dernier, j'ai affirmé que si certaines des politiques du président américain Donald Trump seront stagflationnistes (réduisant la croissance et augmentant l'inflation), ces effets seront finalement atténués par quatre facteurs : la discipline du marché, une Réserve fédérale américaine indépendante, les propres conseillers du président et les faibles majorités des républicains au Congrès.
L’effet correcteur des marchés financiers
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