« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

A Washington, l’IA surveille “l’État profond”
Reuters révèle que l'équipe dirigée par Elon Musk à Washington, le Doge, utilise l’IA pour repérer des propos jugés hostiles à Donald Trump dans les communications internes des agences fédérales.
L’équipe du Doge (Department of Gouvernement Efficiency) utilise une intelligence artificielle pour surveiller les échanges internes au sein de l’EPA (Agence de protection de l’environnement) et d'autres agences fédérales, en recherchant spécifiquement des contenus critiques envers Donald Trump ou Elon Musk, révèle Reuters.
Les fonctionnaires du Doge, eux, utilisent l’application Signal pour contourner les règles de conservation des données publiques, en paramétrant les messages pour qu’ils disparaissent automatiquement.
Le Doge s’appuie également sur le chatbot Grok, développé par xAI – également dirigée par Elon Musk –, sans que l’on sache précisément comment il est intégré dans les processus de surveillance ou de réduction des effectifs fédéraux.
DÉMENTI. L’administration Trump nie ces informations, affirmant que les révélations de Reuters seraient « catégoriquement fausses ».
À SURVEILLER : Les cowboys des données. La nature et la quantité des données accessibles à Grok (et potentiellement réutilisables pour l’entraînement des modèles suivants) est un mystère que personne n’a percé jusqu’à présent. Mais le décret exécutif du mois dernier, qui oblige toutes les agences fédérales à mutualiser leurs bases de données et confère au Doge un accès étendu à des informations sensibles et des données personnelles, sans mesures de sécurité spécifiques, a ravivé les soupçons.
Faire tourner les modèles d’IA sur un mainframe
IBM dévoile une nouvelle génération de mainframes dédiés à l’IA et renforce ses capacités en conseil IA.
IBM a présenté le z17, nouveau modèle de mainframe entièrement chiffré, capable de gérer plus de 250 cas d’usage en intelligence artificielle, dont des agents autonomes et de l’IA générative.
L'appareil repose sur le processeur Telum II et 48 puces d’accélération IBM Spyre AI – disponibles commercialement en fin d’année.
Le z17 peut ainsi atteindre 450 milliards d’opérations d’inférence par jour.
D’après IBM, les puces Spyre AI se distinguent aussi par une consommation énergétique réduite, avec une accélération multipliée par 7,5 pour une dépense énergétique divisée par 5,5 par rapport à des GPU de haut niveau.
Parallèlement, IBM a annoncé le rachat de la société new-yorkaise de conseil en données et IA Hakkoda, pour renforcer son offre d’IA auprès des secteurs comme la finance, la santé et les services publics.
À SURVEILLER : Partir premier, se faire dépasser. Tout comme on-demand avait préfiguré le cloud, ÌBM Watson a été l’une des premières solutions fonctionnelles de traitement du langage naturel sur le marché. Malgré l’avance que ses technologies lui confèrent régulièrement, IBM en revient toujours aux mainframes.
Des migrants virtuels pour relancer la croissance
Dans un monde où la libre circulation des biens est remise en cause, celle des personnes devient de plus en plus irréaliste. Mais pas moins nécessaire : le protectionnisme trumpien ne peut renverser la démographie. Des technologies émergentes comme l'intelligence artificielle générative et les plateformes de télétravail peuvent porter remède au déséquilibre entre la nécessité économique et l’impossibilité politique, en permettant à des « migrants virtuels » d'accéder à des opportunités de revenus élevés sans quitter leur pays d'origine.
Par Carl Benedikt Frey (Oxford Internet Institute)
Carl Benedikt Frey (Oxford Internet Institute)
« Les économistes soulignent depuis longtemps les coûts des barrières commerciales, mais la “taxe” implicite sur le travail dans les pays riches dépasse de loin les droits de douane les plus extrêmes proposés par la seconde administration Trump. Les barrières à la mobilité de la main-d'œuvre représentent une distorsion économique d'une ampleur stupéfiante ; leur suppression produirait des gains estimés à 50% et 150 % du PIB mondial. »
« L'allongement de la durée de vie et les taux de fécondité historiquement bas rendent les engagements actuels en matière de protection sociale intenables en l'absence d'immigration. »
« Les technologies de l'IA, qui deviennent rapidement de puissants égalisateurs, peuvent éliminer la nécessité d'une migration physique. (...) La “migration virtuelle” représente une voie beaucoup plus facile. Comme les services sont de plus en plus numérisés, le travail à distance facilité par la technologie offre une solution qui change la donne. »
Qant est membre de Project Syndicate.
a16z, Helsing, Spotify
Helsing sous le feu des critiques • La start-up allemande de défense Helsing, valorisée 5 milliards d'euros, fait face à des critiques sur la qualité et le coût de ses drones utilisés en Ukraine, selon une enquête de Bloomberg. Les armées clientes dénoncent un logiciel peu fiable et un prix jugé excessif (jusqu’à 16 700 € pour un drone), bien que l’entreprise défende ses performances et affirme que ses drones détruisent des cibles dont la valeur dépasse largement le coût des appareils. En savoir plus…
a16z se prend pour Softbank • Andreessen Horowitz (a16z) est en train de réunir 20 milliards de dollars pour un nouveau fonds dédié aux start-up d’IA, révèle l'agence Reuters. Il s’agit du plus grand fonds jamais lancé par la firme, qui mise sur sa proximité avec l’administration Trump. Le capital servira à financer de nouveaux projets et à renforcer des participations existantes, notamment dans OpenAI, xAI, Databricks et Mistral. Le fonds est encore en cours de constitution et pourrait nécessiter de plusieurs mois à se clôturer. Si Trump ne plonge pas la tech dans la crise avant cela. En savoir plus…
Spotify ne recrutera (presque) plus • Le CEO de Shopify, Tobi Lütke, a indiqué dans une note interne que les employés devront désormais prouver qu’une tâche ne peut pas être accomplie par l’IA avant de demander des ressources ou du personnel supplémentaires. Il a précisé qu'utiliser l’IA est une attente de base au sein de l’entreprise, prise en compte dans les évaluations de performance. En savoir plus…

Dissolution surprise de l’unité crypto au DOJ
Le département de la Justice des États-Unis a mis fin à son équipe dédiée aux cryptomonnaies, dans un contexte de déréglementation accrue voulu par l’administration Trump.
Le National Cryptocurrency Enforcement Team (NCET), créé en 2021, a été dissous avec effet immédiat selon un mémo interne signé par le vice-procureur général Todd Blanche et consulté par les médias américains.
Le mémo précise que le DOJ ne poursuivra plus les plateformes d’échange, les services de mixage ou les portefeuilles hors ligne, sauf en cas de violations intentionnelles des lois financières.
Cette décision s’inscrit dans la ligne de l’ordre exécutif de janvier 2025 de Donald Trump, qui vise à alléger la réglementation tout en limitant l’intervention pénale dans l’écosystème des actifs numériques.
Le NCET avait mené plusieurs enquêtes marquantes, dont l’affaire Binance et celle du protocole Tornado Cash, et coordonné la lutte contre les cyberactivités de groupes nord-coréens.
À SURVEILLER : L’étendue du laxisme. Désormais, les procureurs fédéraux se concentreront sur le financement du terrorisme, la traite d’êtres humains, les cartels, les cyberattaques et les fraudes à l’investissement via cryptoactifs. Sauf, comme dans le cas de Silkroad, pardon présidentiel.
Ripple
Lancement inédit d’un ETF XRP à Washington • Teucrium a lancé mardi le tout premier ETF basé sur le XRP aux États-Unis. Baptisé Teucrium 2x Long Daily XRP ETF (XXRP), il s'agit d'un ETF à effet de levier, conçu pour répliquer deux fois la performance quotidienne du prix du XRP. Coté sur le NYSE Arca, il précède les ETF spot sur le XRP, toujours en attente d’approbation de la SEC malgré des dépôts de Grayscale, WisdomTree ou Bitwise. La récente résolution du litige entre Ripple et la SEC pourrait accélérer les autorisations, mais la demande pour un ETF spot XRP reste incertaine. En savoir plus…

Interfaces cerveau-machine : l’esprit aux commandes
Une étude chinoise récente dresse un état des lieux technique des méthodes de captation du signal cérébral et des paradigmes utilisés pour les systèmes d’interfaces cerveau-machine. En attendant que l’IA ne les transforme en profondeur.
Comprendre les interfaces cerveau-machine • Qant, M. de R. avec Midjourney
La communication directe entre le cerveau humain et les machines, mise à l’honneur par Elon Musk avec Neuralink, constitue un champ de recherche structuré, aux applications concrètes. Une récente étude menée par des chercheurs de l’université chinoise de Hong Kong à Shenzhen passe en revue les développements techniques majeurs en matière d’interfaces cerveau-ordinateur (BCI), avec une focalisation sur les méthodes de captation des signaux cérébraux et les paradigmes d’interaction.
L'intégration des systèmes BCI avec l'intelligence artificielle représente cependant une orientation transformatrice pour la recherche future. L'application des techniques d'apprentissage profond dans le décodage des signaux devrait améliorer considérablement la précision et l'efficacité des BCI.

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNÉS :
• Grâce aux technologies d’IA et de télétravail, les pays développés pourraient compenser leur déficit démographique tout en réduisant les inégalités globales.
• Paradigmes cognitifs et capteurs cérébraux : la technologie des interfaces cerveau-ordinateur face à l’IA.
Des migrants virtuels pour relancer la croissance
Dans un monde où la libre circulation des biens est remise en cause, celle des personnes devient de plus en plus irréaliste. Mais pas moins nécessaire : le protectionnisme trumpien ne peut renverser la démographie. Des technologies émergentes comme l'intelligence artificielle générative et les plateformes de télétravail peuvent porter remède au déséquilibre entre la nécessité économique et l’impossibilité politique, en permettant à des « migrants virtuels » d'accéder à des opportunités de revenus élevés sans quitter leur pays d'origine.
Par Carl Benedikt Frey (Oxford Internet Institute)
Carl Benedikt Frey (Oxford Internet Institute)
La disparité des salaires moyens entre les pays peut être frappante. En 2022, les données de l'Organisation internationale du travail ont montré que le pouvoir d'achat du salaire mensuel moyen en Inde ne représentait que 17 % de celui de l'Allemagne. En Éthiopie, ce chiffre n'était que de 5 %. Ces disparités représentent la plus grande opportunité d'arbitrage au monde.
100 000 milliards à la poubelle
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