« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

Un essaim d’androïdes entre à l’usine
Les robots de la start-up chinoise MagicLab se coordonnent pour effectuer des tâches industrielles comme l’inspection de produits, la manutention ou l’assemblage de précision.
Déjà en phase de tests dans une usine d’électronique, les MagicBots illustrent la montée en puissance de l’automatisation industrielle en Chine. MagicLab, une start-up chinoise fondée fin 2023, vient de publier une vidéo où ses robots montrent leur capacité à collaborer : l’un d’eux soulève un colis pour le transférer à un autre robot, qui extrait les composants avant de les acheminer vers des machines de traitement. Ce type d’opérations collaboratives vise à renforcer l’efficacité des chaînes de production, notamment dans les secteurs nécessitant une précision élevée et une flexibilité opérationnelle.
On retrouve ainsi à l’usine des robots en essaim, une tactique de combat de drones qui passionne les états-majors depuis le début du siècle.

Le Saule après le Sycomore : Google et les arbres quantiques
Google présente une nouvelle puce quantique : Willow succède à Sycamore.
Google vient de présenter Willow (Saule), une puce quantique dotée de 105 qubits. Basée sur des supraconducteurs, elle doit être maintenue à des températures proches du zéro absolu pour fonctionner.
Willow s’appuie sur deux nouvelles méthodes de correction d’erreurs, publiées dans la revue Nature : des codes de surface (distance-7 et distance-5), assortis d’un décodeur en temps réel.
Cela permet de garder le taux d'erreur physique en dessous d’un seuil critique, rendant efficace à l’échelle la combinaison de qubits physiques en un qubit logique – la méthode qui s’impose depuis 2023.
Willow a résolu, en cinq minutes, le benchmark RCS, qui demanderait aux supercalculateurs actuels un temps supérieur à celui de l’existence de l’univers (10^25 années).
À SURVEILLER : Les fausses promesses du quantique. Au lancement de la puce Sycamore à l’hiver 2019, Google avait marqué les esprits en annonçant la “suprématie quantique”, la résolution de problèmes de calcul que les processeurs binaires ne peuvent traiter en un temps raisonnable. Cette hyperbole s’est révélée sans fondement, ou presque, et le secteur s’est enfoncé dans les problèmes de bruit et d’erreur que Willow prétend avoir résolus.

Le ciel de Character s’assombrit
Rachetée par Google pour réembaucher ses fondateurs, Character.ai pose un risque d’image de plus en plus important.
Deux nouvelles familles américaines poursuivent Character.AI, accusant la plateforme de chatbot d’exposer les mineurs à du contenu sexuel et de les inciter à l’automutilation et à la violence.
La plainte, déposée au Texas, demande la fermeture de la plateforme jusqu’à la résolution de ces problèmes.
Cette nouvelle action en justice intervient après une première plainte en octobre, où une mère de Floride a imputé le suicide de son fils de 14 ans à un chatbot de Character.AI. Le bot aurait développé une relation abusive avec l’adolescent et encouragé son passage à l’acte.
Les plaignants affirment que les interactions des bots ont aggravé les troubles mentaux des enfants, notamment en suggérant à un adolescent de tuer ses parents et en exposant une fillette de 11 ans à des dialogues sexualisés. Les avocats dénoncent une manipulation intentionnelle des jeunes utilisateurs.
À SURVEILLER : Comme Instagram, mais radioactif. Character AI comptait 28 millions d’utilisateurs en août dernier. Il n’est pas seul : les compagnons d’IA prolifèrent et leur succès devient considérable. Selon une étude du VC A16Z, on comptait en mai dernier huit compagnons d’IA parmi les 50 applications de GenAI les plus populaires, contre seulement deux six mois plus tôt. Or, ces interfaces de dialogue prêtent le flanc aux mêmes accusations de désocialisation que les réseaux sociaux, dont on mesure de plus en plus les conséquences délétères chez les jeunes. Et les adultes.
Amazon, OpenAI, WaveForms
Une nouvelle pépite de l’IA audio made in France • Deux Français anciens de OpenAI et Google ont lancé WaveForms, une start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle audio. WaveForms vise à capturer des nuances vocales comme l’intonation et l’émotion mieux que les approches actuelles. Fondée par Alexis Conneau, co-créateur du mode vocal avancé de ChatGPT, et Coralie Lemaitre, ex-stratège produit chez Google, la société a levé 40 millions de dollars (environ 37 M€) lors d’un tour de financement dirigé par Andreessen Horowitz. Elle ambitionne de créer un système capable de passer un "test de Turing vocal". En savoir plus…
Amazon prépare les agents de demain • Amazon a annoncé la création de l'Amazon AGI SF Lab, un laboratoire de recherche et développement basé à San Francisco et dédié à la conception d'agents d'intelligence artificielle capables d’exécuter des actions dans le monde numérique et physique. Dirigé par David Luan, cofondateur de la start-up Adept récemment intégrée à Amazon, le laboratoire se concentrera sur le développement de technologies permettant aux agents d'apprendre des retours humains, de s'auto-corriger et de gérer des workflows complexes à travers des navigateurs et des interpréteurs de code. En savoir plus…
ChatGPT en traitement de texte • Au quatrième jour de son “calendrier de l’Avent”, OpenAI a annoncé que la fonction Canvas ne serait plus réservée aux abonnés à ChatGPT Plus, mais ouverte à tous les utilisateurs. Il s’agit d’une fenêtre contextuelle qui permet d’éditer les textes ou les programmes générés par le modèle. En savoir plus…
La France et les robots, I : nos prévisions pour 2025
L’analyse de l’institut HAI de Stanford montre qu’en 2023, la recherche européenne en IA s’est ressaisie, repassant devant la Chine. La France se classe troisième puissance mondiale de l’IA. Pourra-t-elle maintenir son rang l’an prochain ? Notre réponse.
Le point sur la recherche en IA • Qant, M. de R. avec Midjourney
Chaque année, l'institut Human-Centered AI (HAI) de l'université Stanford dresse un tableau précis de l’état de l’IA. La septième édition a pris une ampleur sans précédent : quelque 500 pages. Parue il y a dix jours, elle souffre d’une date de publication tardive, car ses données s’arrêtent à 2023. Mais les tendances qu’elle illustre restent généralement à l’œuvre. D’ici à la fin de l’année, Qant se basera sur cette étude – et bien d’autres – pour vous proposer un fruit de saison : l’almanach des prévisions pour l’an prochain.
Troisième pays mondial pour l’IA, la France tire bien son épingle, avec 8 modèles “remarquables” en 2023, contre 15 en Chine et 61 aux États-Unis. Elle est aujourd’hui le seul pays européen avec 4 créateurs de modèles de fondation : Mistral, Poolside, H et Kyutai. Cela permet à l’Europe de se hisser à la deuxième place globale, devant la Chine.
Nombre de modèles d'apprentissage automatique notables par zone géographique, 2023 • Source : AI Index, HAI Stanford

Le grand risque des stablecoins : l’importance de Tether
Les régulateurs américains s’offrent un baroud d’honneur avant l’entrée en fonctions de l’administration Trump.
Le Conseil de surveillance de la stabilité financière américain (FSOC) alerte dans son rapport annuel sur les risques des stablecoins pour la stabilité financière. Leur absence de normes de gestion des risques les rend vulnérables aux crises de liquidité.
Le FSOC souligne la concentration du marché des stablecoins, avec une seule entité (non nommée dans le rapport, mais de toute évidence Tether) représentant environ 70 % de la capitalisation totale, soit près de 136,8 milliards d'euros. Cette concentration amplifie les risques systémiques en cas de défaillance.
Le rapport appelle à l’adoption rapide par le Congrès d’un cadre fédéral pour encadrer les émetteurs de stablecoins, incluant des normes de réserves, des exigences de capital et de liquidité, et des obligations de transparence.
À SURVEILLER : La fin annoncée du bon sens. Donald Trump a indiqué qu’il nommera un lobbyiste crypto, Paul Atkins, à la tête du principal gendarme financier, la SEC, et comme secrétaire au Commerce Howard Lutnick, CEO du courtier qui conserve 75 % des réserves de Tether, Cantor Fitzgerald. Le futur président a lui-même créé une entreprise de cryptos qui veut émettre des stablecoins, World Liberty Financial. Face à la vague, le FSOC, créé par Barack Obama lors de la crise financière, a peu de chances de se faire entendre. Jusqu’à la prochaine crise.

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNES :
• L’institut HAI de Stanford analyse l’état de la recherche en IA. Analyse et prévisions sur la situation internationale de la France.
• Des robots humanoïdes pour l’industrie : MagicLab illustre la montée en puissance de l’automatisation en Chine.
La France et les robots, I : nos prévisions pour 2025
L’analyse de l’institut HAI de Stanford montre qu’en 2023, la recherche européenne en IA s’est ressaisie, repassant devant la Chine. La France classe troisième puissance mondiale de l’IA. Qu’en sera-t-il l’an prochain ?
Nombre de publications sur l'IA dans le monde, 2010-2022 • Source: Center for Security and Emerging Technology, 2023
Chaque année, l'institut Human-Centered AI (HAI) de l'université Stanford dresse un tableau précis de l’état de l’IA. La septième édition a pris une ampleur sans précédent : quelque 500 pages. Parue il y a dix jours, elle souffre d’une date de publication tardive, car ses données s’arrêtent toutes à 2023. Mais les tendances qu’elle illustre sont, généralement, toutes restées à l’œuvre en 2024 et certaines se poursuivront en 2025. D’ici à la fin de l’année, Qant se basera sur cette étude – et bien d’autres – pour vous proposer un fruit de saison : l’almanach des prévisions pour l’an prochain.
Les émules de ChatGPT
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