La nouvelle mission de Qant. En toute simplicité.
D’une crise à l’autre, les technologies continuent de changer le monde. Ce qui était vrai il y a vingt ans, quand l’explosion de la bulle Internet a fait de la place à Google et au Web 2.0, reste à l’œuvre aujourd’hui.
Bien malin qui, en 2001 et 2002, imaginait le monde des réseaux sociaux, né du search et des blogs. En revanche, on voyait déjà à l’époque se dessiner clairement les technologies sous-jacentes, l’Internet mobile et le cloud. En moins de quinze ans, elles ont lancé un changement dont nous commençons à peine à mesurer la profondeur, peut-être d’ordre anthropologique. De même, on sait aujourd’hui quelles sont les technologies qui vont construire le monde dans cinq, dix et vingt ans : le calcul quantique et l’IA générative, dans une moindre mesure la réalité virtuelle et la blockchain.
Noumènes et phénomènes.
Certes, ces deux dernières sont plus avancées. Le métavers et le Web3 défraient chaque jour la chronique. Nous en rendons compte ici chaque jour. Ils ne sont pas sans évoquer les jeux en ligne et le commerce électronique, donnés pour morts ou marginaux en 2001, sortis en gloire de la tombe deux ans plus tard. De même, on verra émerger une nouvelle finance, un nouveau réseau pair-à-pair de masse et une nouvelle interface utilisateur. Tôt ou tard, mais pas demain.
Nos « téléphones mobiles » continueront de longues années à alourdir nos poches. Il faudra attendre que les lunettes XR et la BCI (interface directe du cerveau humain à la machine) parviennent à maturité pour imaginer leurs successeurs. Pour être « Qantiens », nous tenterons avec vous pendant ces années de distinguer le noumène du phénomène, ou plus prosaïquement de repérer la tendance sous l’actualité.
Avant même d’exister, en revanche, l’informatique quantique bouscule les marchés de la sécurité et de la blockchain. Elle offre en effet la perspective de pouvoir décoder, dans quelques années, toutes les communications encryptées actuelles et aussi de falsifier les blockchains qui construisent le Web3. Une double vague d’investissements gonfle ainsi, dans la création de cette nouvelle forme de calcul et dans la prévention des dommages qu’elle pourrait faire.
La sécurité reste ouverte aux start-up, mais la course au Qubit n’est l’apanage que des grands joueurs : Google, Amazon (AWS Braket), Microsoft, IBM, Tesla. On retrouve ces géants dans l’intelligence artificielle « générative » – c’est-à-dire capable de générer des textes, des images et des vidéos de plus en plus parfaitement réalistes – : les transformers pour le traitement du langage naturel et les réseaux adversariaux (GAN) pour la création audiovisuelle. Ces robots deviennent d’un usage commun, sinon général. DeepL dans la traduction et Otter dans la transcription montrent le chemin à venir de GPT-3 dans l’écriture, de Dall-e, Midjourney ou Stable Diffusion dans l’illustration… Une myriade de start-up se créent, outre-Atlantique, pour en simplifier encore l’utilisation. On dénombre plusieurs centaines de solutions disponibles dans le seul univers d’Open AI (GPT-3 et Dall-e), sans même inclure les autres modèles (Bert, Stability.ai), etc. Nous les testerons régulièrement pour une utilisation journalistique, en français.
Qant.
Nous avons en effet pris ici le parti, nouveau pour des journalistes, d’adopter ces outils sans réserve. Qant utilise des robots pour collecter, synthétiser, illustrer les informations de sa revue quotidienne d’actualité, le « Qantique des Quantiques ». Nous espérons ainsi contribuer à identifier les métiers, ou du moins les fonctions du journalisme où les humains se concentreront. Parmi celles-ci, la hiérarchisation : seul l’instinct d’un journaliste formé peut dire à la machine quelles informations réunir et synthétiser. A ce stade, GPT-3, Dall-e et les divers crawlers/scrapers ne peuvent à eux seuls garantir une bonne revue de presse, a fortiori une revue d’actualité écrite et pensée comme le « Qantique des Quantiques ».
Cet été, un agent conversationnel de Google, baptisé Lamda, a atteint un tel niveau de perfectionnement que l’ingénieur chargé de l’entraîner a cru qu’il avait affaire à un être conscient et lui a cherché un avocat. Nous gageons pourtant qu’aucun chatbot ne remplacera, de sitôt, un journaliste dans l’interview ni l’analyse. Un « Qantique des Experts » complètera ainsi, chaque semaine, le « Qantique des Quantiques ».
Et puis… la machine à distinguer le vrai du faux n’est pas encore née. Preuve est faite, amplement, que la technologie aide mieux à propager de fausses nouvelles qu’à établir les faits. L’IA générative bat à nouveau le rappel pour un journalisme plus scrupuleux, plus exigeant.
Le traitement de texte a fait disparaître les dactylos, pas les journalistes, les écrivaines ni les écrivains. Il en sera de même pour l’IA investigante, écrivante, illustrante, photographiante, filmante, publiante, promouvante : il faudra toujours un journaliste pour pouvoir lui faire faire du journalisme, et non de la réclame ou de la propagande.
Nous en sommes convaincus.
Puisse Qant le démontrer.
Jean Rognetta
Maurice de Rambuteau

