« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

Claude étoffe ses fonctions…
Anthropic prépare une série de mises à jour pour son assistant Claude, visant à concurrencer directement les offres d’OpenAI.
RECHERCHE APPROFONDIE. Anthropic vient de lancer Claude Research, une fonction de recherche web approfondie. Disponible aux Etats-Unis, au Japon et au Brésil, elle veut concurrencer les fonctions de recherche approfondie de Perplexity et Google, mais surtout d’OpenAI, dont la fonction DeepResearch a donné à chacun, par avance, une vision du potentiel d’o3.
LA VOIX DE CLAUDE… Une fonctionnalité vocale devrait être lancée d’ici fin avril, avec un déploiement limité initialement et trois voix disponibles : Airy, Mellow et Buttery (accent britannique).
Ce "voice mode" a été découvert dans le code de l’application iOS, bien qu’Anthropic n’ait pas encore officiellement confirmé de lancement.
… POUR LIRE LE COURRIER. En parallèle, Claude peut désormais accéder à Gmail, Google Docs et Google Calendar. L’intégration est disponible en version bêta pour les abonnés aux formules Max, Team, Enterprise et Pro.
Anthropic garantit que Claude n’accède aux données que via des connexions explicitement autorisées, sans utiliser les données pour entraîner ses modèles, et en respectant des mécanismes stricts d’authentification.
À SURVEILLER : Modèles à tout faire. Claude se lance ainsi clairement dans la roue d’OpenAI, après avoir imposé Claude 3.7 Sonnet comme meilleur modèle pour la création de code informatique – jusqu’à ce qu’o3 d’OpenAI lui vole la palme hier.
OpenAI veut surfer dans le code
OpenAI est en discussions avancées pour acquérir Windsurf, un outil d’assistance au codage par intelligence artificielle, dans une opération qui pourrait marquer un tournant dans le secteur des assistants de développement logiciel.
OpenAI sur sa planche à voile • Qant, M. de R. avec GPT-4o
L’IA SUR LA LIGNE DE COMMANDE. Outre ses modèles o3 et o4 mini, OpenAI a présenté hier Codex CLI, présenté de manière un peu hyperbolique comme un agent d’IA de développement de code.
De fait, Codex CLI agit comme une passerelle entre les modèles d’OpenAI et les command-line interfaces (CLI) qui permettent à l’utilisateur de saisir des instructions (commandes) au clavier. Celles-ci sont ensuite interprétées et exécutées par le système d’exploitation ou un logiciel spécifique.
Les LLM d’OpenAI pourront donc, potentiellement, lancer des programmes, manipuler des fichiers et des dossiers, configurer des systèmes, automatiser des tâches répétitives via des scripts, ou encore accéder à des fonctionnalités avancées inaccessibles via une interface graphique.
AGENT CODEUR. Par ailleurs, OpenAI négocie l'acquisition de Windsurf pour environ 3 milliards de dollars, selon les informations de Bloomberg.
Windsurf, anciennement connu sous le nom de Codeium, développe un assistant de codage capable de générer automatiquement du code à partir de requêtes en langage naturel.
Fondée en 2021 sous le nom d’Exafunction, Windsurf a levé plus de 200 millions de dollars auprès d’investisseurs comme Kleiner Perkins, Founders Fund et Greenoaks sur une valorisation de 1,25 milliard de dollars au dernier tour en 2024.
EN FILIGRANE : Pour une poignée de milliards… Parmi les concurrents de l’alliance OpenAI-Windsurf, on trouve la plateforme Replit, qui prépare une levée de fonds de 200 millions de dollars la valorisant à 3 milliards de dollars et la britannique Cognition Labs (à l’origine de l’outil de génération de code Devin), évaluée à 4 milliards de dollars. La start-up Anysphere, éditrice de l’assistant de programmation Cursor, a été présentée début mars comme levant des fonds sur la base d’une valorisation proche de 10 milliards de dollars.
À SURVEILLER : Code-toi toi-même. o3 est venu ravir à Claude 3.7 Sonnet la palme du meilleur modèle de codage et Codex CLI porte le fer un peu plus loin. Mais on est loin du vibecoding. L’acquisition de Windsurf permettra peut-être à OpenAI d’arriver “l’agent-ingénieur informatique” (A-SWE) dont elle commence à parler. Windsurf sera sans conteste la plus importante acquisition d’OpenAI, devant Rockset, Multi et Global Illumination, trois start-up rachetées depuis 2023. Mais quand on code, on ne compte pas.
DeepSeek, Deezer, Microsoft
Sur Deezer, l’IA fait son nid • La plateforme musicale française Deezer a révélé que plus de 18 % des morceaux ajoutés chaque jour sont générés par intelligence artificielle, soit environ 20 000 titres quotidiens. Ce volume a presque doublé depuis janvier 2025, date à laquelle la plateforme avait lancé un outil de détection et d’étiquetage des contenus musicaux produits par IA, alors estimés à 10 % des ajouts. Comme d'autres services de streaming, Deezer permet aux artistes indépendants de publier directement leurs titres, une ouverture qui favorise aussi la diffusion massive de musique générée sans intervention humaine. En savoir plus…
Le demi-monopole de Google • Un juge fédéral a déterminé hier que seule la domination de Google sur les ad servers et les ad exchanges contrevenait à la loi américaine, mais pas celle des ad networks. Cela pourrait conduire Google à devoir vendre le Google Ad Manager, mais Google a annoncé qu’il fera appel. C’est la deuxième condamnation de Google en première instance pour pratiques anticoncurrentielles, après celle d’août 2024 sur la recherche Internet. En savoir plus…
Meta AI bloque Apple AI • Les fonctionnalités d’Apple Intelligence, comme les outils d’écriture et les emoji personnalisés, ne sont plus accessibles à partir des applications de Meta sous iOS, notamment WhatsApp et Instagram. Meta n’a offert aucune explication à cette désactivation mais, après l’échec des négociations pour intégrer Llama à Apple Intelligence, aux côtés de ChatGPT, les relations entre les deux géants ne cessent de se détériorer. En savoir plus…
DeepSeek après TikTok • À Washington, une commission mixte du Congrès accuse DeepSeek de collecter des données via son application d’IA et de les transmettre à la Chine, tout en contournant les contrôles à l’exportation sur les puces américaines. Les élus affirment que DeepSeek dispose d’au moins 60 000 puces Nvidia et en aurait commandé plusieurs milliers supplémentaires. Ils demandent à Nvidia de fournir des informations sur les ventes de puces vers 11 pays d’Asie. Le rapport recommande aussi d’élargir les restrictions à l’exportation et d’interdire l’achat de modèles d’IA chinois par les agences fédérales, ce que l’administration Trump a déjà mis en œuvre. La dernière start-up chinoise qui a été reconnue comme une "menace majeure" pour la sécurité nationale des États-Unis ? TikTok, dont l’interdiction a été reportée plusieurs fois par Donald Trump. En savoir plus…
BitNet, un modèle sobre • Microsoft a présenté BitNet b1.58 2B4T, un modèle d’IA conçu pour fonctionner efficacement sur des processeurs (CPU) peu puissants, sans recours à des GPU. Ce modèle quantifie ses poids sur seulement trois valeurs (-1, 0 et 1), ce qui réduit considérablement ses besoins en mémoire et en calcul. Avec 2 milliards de paramètres, BitNet b1.58 2B4T est le plus grand modèle de ce type à ce jour. Il surpasse certains modèles concurrents de taille équivalente (Llama 3.2, Gemma 3, Qwen 2.5) sur des tests de mathématiques élémentaires ou de raisonnement physique, tout en étant plus rapide et moins gourmand en mémoire. Il nécessite toutefois un cadre logiciel spécifique développé par Microsoft, non compatible avec les GPU, ce qui limite pour l’instant sa portabilité. En savoir plus…

L'IA multimodale qui décrypte les interactions sociales
Un nouveau cadre d’intelligence artificielle capable d’analyser instantanément des interactions humaines en combinant vision et langage fait un nouveau pas vers des agents capables de tenir une conversation en comprenant simultanément les gestes, les regards et les paroles des humains.
L’IA pour comprendre les interactions humaines • Qant, M. de R. avec GPT-4o
Dans une interaction humaine, une part essentielle de la communication passe par le non verbal : un regard, un geste de la main, une orientation du corps. Pour qu’une intelligence artificielle puisse participer à ces échanges, elle doit être capable de combiner ces indices visuels avec le langage. C’est l’objectif de la MMSI, pour Multimodal Social Interaction Understanding, une discipline en plein essor qui vise à enseigner à l’IA à décrypter les conversations en contexte.
Jusqu’à présent, les modèles de MMSI fonctionnaient en « mode différé », avec accès à l’ensemble de la conversation, passée et future. Or, dans un assistant embarqué, seul le passé est disponible. Cette situation, dite “en ligne”, est bien plus exigeante : sans le recul, de nombreux signaux disparaissent. Les performances des modèles chutent de 10 à 20 % sur des tâches comme la reconnaissance de l’interlocuteur ou la résolution des pronoms. Une nouvelle étude apporte des données réalistes et bien annotées pour entraîner des IA à comprendre les échanges humains en situation, améliorant significativement la performance des modèles.

La Russie prépare un stablecoin national
Moscou envisage de créer un stablecoin souverain pour réduire sa dépendance aux infrastructures financières occidentales, après les restrictions imposées par Tether sur des portefeuilles russes sanctionnés.
Le ministère russe des Finances étudie la possibilité de développer un stablecoin domestique adossé à des devises étrangères, selon l’agence Reuters.
Cette initiative a été évoquée par Osman Kabaloev, directeur adjoint de la politique financière, qui a souligné que les récents événements démontrent la nécessité d’outils internes similaires à l’USDT pour se prémunir contre les blocages étrangers.
En effet, la plateforme Garantex, sanctionnée par les États-Unis et l’Union européenne, a suspendu début mars ses opérations après avoir été exclue du système Tether, entraînant une perte d’accès à plus de 2,5 milliards de roubles (environ 300 millions de dollars).
À SURVEILLER : Exemption. Malgré une interdiction de l’usage des cryptomonnaies pour les paiements domestiques, la Russie permet des expérimentations de solutions fondées sur les cryptoactifs pour le commerce international, dans un cadre légal restreint.

La course à la fusion entre la Chine et l’Amérique
Les décisions que prendront les États-Unis au cours des cinq prochaines années détermineront qui gagnera la course à la fusion nucléaire.
Par Ylli Bajraktari (Special Competitive Studies Project)
Le défi de la fusion à Washington • Qant, M. de R. avec GPT-4o
« Il fut un temps où les États-Unis donnaient le ton à toutes les grandes révolutions technologiques. Ils ont construit les premières ampoules électriques, les premiers avions, les premiers ordinateurs et ont envoyé un homme sur la lune.
C'est aujourd’hui la Chine qui se lance à corps perdu dans la course à la fusion, investit massivement dans la recherche et le développement et se positionne pour contrôler les chaînes d'approvisionnement qui permettront le déploiement de la fusion à grande échelle. »
« Nous avons déjà vu ce schéma à l’œuvre – d'abord avec les panneaux solaires, puis avec les batteries, et maintenant avec les véhicules électriques. À chaque fois, l'innovation américaine a jeté les bases de nouvelles industries, mais c'est la Chine qui a mis en œuvre une stratégie de long terme visant à asseoir sa domination sur la fabrication et les chaînes d'approvisionnement. Dans chaque cas, les États-Unis ont fini par dépendre de la production étrangère. »
Qant est membre de Project Syndicate.

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNÉS :
• Une équipe de chercheurs introduit MOSI4D, un jeu de données inédit pour entraîner des IA à décrypter les interactions sociales en temps réel.
• Les États-Unis pourraient perdre la course à la fusion nucléaire, avec des retombées économiques et géopolitiques seront majeures.
L'IA multimodale qui décrypte les interactions sociales
Un nouveau cadre d’intelligence artificielle capable d’analyser instantanément des interactions humaines en combinant vision et langage fait un nouveau pas vers des agents capables de tenir une conversation en comprenant simultanément les gestes, les regards et les paroles des humains.
La différence entre les méthodes d'interaction sociale multimodale existantes et le modèle de l'équipe de Xinpeng Li.
Dans une interaction humaine, une part essentielle de la communication passe par le non verbal : un regard, un geste de la main, une orientation du corps. Pour qu’une intelligence artificielle puisse participer à ces échanges, elle doit être capable de combiner ces indices visuels avec le langage. C’est l’objectif de la MMSI, pour Multimodal Social Interaction Understanding, une discipline en plein essor qui vise à enseigner à l’IA à décrypter les conversations dans leur contexte.
Jusqu’à présent, les modèles de MMSI fonctionnaient en « mode différé », avec accès à l’ensemble de la conversation, passée et future. Or, dans un assistant embarqué, seul le passé est disponible. Cette situation, dite en ligne, est plus exigeante : sans le recul, de nombreux signaux disparaissent. Les performances des modèles chutent de 10 % à 20 % sur des tâches comme la reconnaissance de l’interlocuteur ou la résolution des pronoms.
Une base de données réaliste
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