« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio
Chaque jour, les journalistes de Qant illustrent les tendances de fond qui animent la tech. Ils s’appuient sur Kessel Média et utilisent l’IA générative depuis mars 2022.
L’ÉDITO DU DIMANCHE
À ne pas rater : l’IA, saison II, épisode 1
Lundi soir, heure de Paris, OpenAI présentera « non GPT-5, non un moteur de recherche mais (…) un nouveau truc dont nous pensons que les gens l’adoreront », selon Sam Altman, qui conclut son x-tweet en s’exclamant : «Pour moi c’est comme de la magie ».
Ou comme de la comm’.
L’annonce du « nouveau truc » (new stuff) aura lieu la veille de la conférence de Google pour les développeurs. Il ne faut pas être grand clerc pour penser que le « truc » est d’abord un croc-en-jambe à destination du géant de Moutain View. Le temps en effet qu’on juge de la substance du nouveau modèle, le débat sur le successeur de GPT-4 aura éclipsé la multitude de services d’IA qui seront présentés à partir de mardi à Google I/O.
"AI Season 2" (Dall-e, Qant)
Puis le 10 juin, si tout va bien pour OpenAI, la séquence se conclura par l’annonce d’un partenariat avec Apple. On le donne chaque jour comme plus probable car Cupertino a plus besoin que jamais de montrer que le futur iPhone 16 est à la hauteur du Samsung Galaxy S24 et son IA (créée par Google).
Après la déroute de la conférence iPad de cette semaine et le retrait du spot TV qui l’accompagnait (ci-dessous), le constructeur a besoin de retrouver son mojo perdu. Quoi de mieux q’un peu de « magie » d’OpenAI ?
Cliffhanger.
Pour GPT-4, au printemps dernier, OpenAI avait fait savamment monter les attentes. Cette fois encore, elle a joué des ressorts dramatiques qu’offre la machine marketing de la Silicon Valley.
Tout a commencé fin mars, quand Sam Altman a admis qu’un nouveau modèle serait lancé dans l’année, dans un long entretien avec le chercheur du MIT Lex Fridman pour l’anniversaire du lancement de GPT-4 (1 :06 :12 de la vidéo ci-dessous).
Point culminant : la semaine dernière, un mystérieux GPT2-chatbot surpuissant a brièvement fait son apparition dans le palmarès à la mode, LMSYS de l’université de Berkeley, avant d’en être retiré.
Entre deux, diverses fuites contrôlées ont mis le doigt, au passage, sur les points douloureux pour la concurrence. Ainsi par exemple, la rumeur qui faisait de GPT2 un moteur de recherche rappelait à chacun, fort opportunément, les difficultés de Google à déployer la recherche générative, qui la contraindra à s’inventer un autre modèle économique.
Ce n’est pas à dire qu’il n’y aura pas de substance.
A la vérité, le « déploiement itératif » de ses modèles ne réussit pas si bien à OpenAI. Google et Anthropic ont désormais atteint le niveau de GPT-4 et Meta pourrait même le dépasser avant l’été, si Llama3 400B tient ses promesses.
Il lui faut donc frapper un grand coup lundi. Les axes d’évolution de l’IA au-delà de la GenAI sont déjà connus: l’agentivité, la fiabilité, la multimodalité, la personnalisation, le raisonnement et la robotique. Par exemple, son immense fenêtre d’attention à 1 millions de tokens permet à Gemini 1.5 une personnalisation bien plus précise que GPT-4, car l’utilisateur peut charger son propre contexte avec très peu de limites.
Ce sont ces six axes, et non la « magie » de Sam Altman ou les effets d’annonce, qui porteront progressivement l’IA au-delà de la conversation et qui permettront de dépasser l’IA générative. Nous y consacrerons le dossier de Qant demain.
Bon dimanche !

