« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

Comment les stablecoins pourraient sauver le dollar
Les menaces tarifaires et les tactiques commerciales agressives de Donald Trump ne manqueront pas d'accélérer les efforts visant à remettre en cause le statut du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale. Mais sa volonté d'émettre des stablecoins privés pourrait être sa meilleure chance de maintenir la domination du dollar sans avoir à embrasser le multilatéralisme.
Par Lucrezia Reichlin (London Business School)
Lucrezia Reichlin (London Business School), D. R.
“La stratégie agressive du président américain Donald Trump en matière de commerce sera bientôt confrontée à une contradiction fondamentale : le recours aux droits de douane et le rejet du multilatéralisme au nom de la préservation des emplois américains entrent en conflit avec l’objectif affiché par Trump consistant à maintenir le rôle du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale dominante. Il va falloir faire des concessions quelque part, et c’est probablement le dollar – en dépit de sa solidité actuelle – qui en subira les conséquences.”
“À en juger par son enthousiasme pour les cryptomonnaies, Trump et son administration les considèrent peut-être comme une solution à ce problème.”
Qant est membre de Project Syndicate.
UBS explore la blockchain pour l’or numérique
La banque UBS teste la technologie blockchain sur le réseau ZKsync afin d’améliorer la sécurité et l’accessibilité des investissements en or numérique pour les particuliers.
UBS, première banque suisse, a réalisé une preuve de concept de son produit d’investissement en or tokenisé, Key4 Gold, sur le réseau ZKsync Validium, une solution de layer 2 d’Ethereum.
Ce test vise à accroître la scalabilité, la confidentialité et l’interopérabilité du produit, qui repose actuellement sur la blockchain privée UBS Gold Network.
ZKsync Validium stocke, elle, les données hors chaîne, ce qui permet d’améliorer la rapidité des transactions tout en préservant la confidentialité des investisseurs.
À SURVEILLER : Les zero knowledge roll-ups. Ce projet marque un nouvel intérêt des institutions financières traditionnelles pour les roll-up comme ZK Sync, mais aussi Arbitrum et Optimism. Le mois dernier, Deutsche Bank a lancé un projet similaire, Darna 2, également basé sur ZK Sync.

DeepSeek et la guerre des prix
L’impact de DeepSeek sur la baisse des coûts de l’IA est indéniable, même si ses économies ont été largement surestimées.
Guerre des prix entre les modèles • Qant, M. de R. avec Midjourney
L’annonce d’un coût d’entraînement de seulement 6 millions de dollars pour DeepSeek V3 a marqué les esprits. Certains y ont vu une rupture majeure dans l’économie des modèles d’IA, prouvant qu’il était possible d’entraîner des intelligences artificielles avancées pour une fraction du coût habituel. Pourtant, cette estimation ne reflète qu’une partie de la réalité.
En analysant les dépenses globales de DeepSeek, l’institut Semi Analysis découvre une situation bien différente. Loin de s’appuyer uniquement sur des optimisations techniques, l’entreprise a mobilisé des ressources considérables, notamment en infrastructures et en recherche, pour atteindre ses performances actuelles.
Néanmoins, elle a mis le doigt sur une tendance bien réelle et durable : l’écroulement des prix de l’IA, qui porte à s’interroger sur la rentabilité à terme de ses acteurs.
Source: SemiAnalysis, OpenAI, Together.ai
L’alliance OpenAI-SoftBank porte ses premiers fruits
SoftBank et OpenAI créent SB OpenAI Japan, une coentreprise dédiée aux services d’intelligence artificielle pour les entreprises japonaises, avec un investissement annuel de 3 milliards de dollars.
SoftBank et OpenAI viennent d’annoncer un partenariat 50-50 pour développer et vendre des services d’intelligence artificielle aux entreprises japonaises.
Une coentreprise baptisée SB OpenAI Japan sera créée, détenue à parts égales par SoftBank et OpenAI, et opérera sous SoftBank Corp.
Un nouvel outil d’intelligence artificielle, Cristal intelligence, sera développé pour assister les entreprises nippones dans la planification, le marketing et l’optimisation des processus internes.
SoftBank intégrera ces solutions dans ses filiales, dont Arm et PayPay, avec un engagement de 3 milliards d’euros par an.
À SURVEILLER : Cet accord intervient alors que SoftBank est impliqué dans une future levée de fonds d’OpenAI pour 40 milliards de dollars, qui en ferait le premier investisseur d’OpenAI devant Microsoft.
Hugging Face, Londres, ML Commons, Perplexity
Londres s’attaque à la pédophilie par IA • Le Royaume-Uni devient le premier pays à criminaliser l’utilisation de l’IA pour produire des images d’abus sexuels sur enfants, dans le cadre d’un durcissement législatif annoncé samedi. Cette loi cible les outils qui permettent de retirer artificiellement les vêtements d’enfants sur des images réelles, ainsi que la possession, création et diffusion de contenus générés par IA. Le texte prévoit aussi des sanctions contre les opérateurs de sites qui diffusent ces contenus et interdit les “manuels pédophiles” détaillant l’usage de ces technologies. En savoir plus…
Des voix pour nourrir l’IA • L’organisation à but non lucratif ML Commons, spécialisée dans la sécurité et l’évaluation des modèles d’IA, s’est associée à Hugging Face pour publier Unsupervised People’s Speech, l’un des plus vastes ensembles de données vocales en accès libre, comprenant plus d’un million d’heures d’enregistrement dans 89 langues. Destiné à la recherche en IA, ce corpus vise à améliorer la reconnaissance vocale, la synthèse de la parole et le développement de modèles pour les langues peu dotées en ressources. En savoir plus…
Perplexity, voleur de nom ? • La start-up d’IA Perplexity, spécialisée dans la recherche assistée par IA, fait face à une poursuite pour violation de marque intentée par Perplexity Solved Solutions, une entreprise texane fondée en 2017. Selon une plainte déposée auprès du tribunal fédéral du district nord de Californie, l’entreprise texane accuse Perplexity d’utiliser illégalement son nom, enregistré comme marque en novembre 2022, et de créer une confusion avec ses propres logiciels de gestion RH et de collaboration. En savoir plus…

Des lunettes à 100 milliards
Les investissements cumulés de Meta dans la réalité virtuelle et augmentée dépasseront 100 milliards de dollars en 2025 : le pari des lunettes XR a pris le pas sur le métavers.
Les investissements cumulés de Meta dans la réalité virtuelle et augmentée dépasseront 100 milliards de dollars en 2025, selon le Financial Times.
L’entreprise a investi 19,9 milliards de dollars en 2024, un niveau record après plus d’une décennie de lourdes pertes dans ce secteur.
Les investissements devraient encore s’accélérer en 2025, avec plus de 20 milliards de dollars supplémentaires consacrés au développement de la réalité augmentée.
Meta a vendu 1 million de lunettes Ray-Ban Meta en 2024, tandis que ses casques Quest VR peinent à s’imposer.
À SURVEILLER : Perseverare diabolicum. Meta aurait pu passer le métavers par pertes et profits. Au lieu de quoi, le groupe double la mise, cette fois sur les lunettes en réalité augmentée. Dans les deux cas, il s’agit d’une tentative compréhensible de desserrer l’emprise d’Apple et Google sur les terminaux qui permettent d’accéder aux réseaux de Meta. Mais si on y ajoute les investissements en IA – 65 milliards de dollars cette année –, la note devient d’importance.

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNES :
• DeepSeek a déclenché une guerre des prix dans l’IA, forçant ses concurrents à s’aligner, même si ses économies réelles sont bien plus élevées qu’annoncé.
• Les stablecoins pourraient prolonger l’hégémonie du dollar face aux tensions commerciales.
DeepSeek et la guerre des prix
L’impact de DeepSeek sur la baisse des coûts de l’IA est indéniable, mais ses économies ont été largement surestimées.
Source: SemiAnalysis, OpenAI, Together.ai
L’annonce d’un coût d’entraînement de seulement 6 millions de dollars pour DeepSeek V3 a marqué les esprits. Certains y ont vu une rupture majeure dans l’économie des modèles d’IA, prouvant qu’il était possible d’entraîner des intelligences artificielles avancées pour une fraction du coût habituel. Pourtant, cette estimation ne reflète qu’une partie de la réalité.
En analysant les dépenses globales de DeepSeek, l’institut Semi Analysis découvre une situation bien différente. Loin de s’appuyer uniquement sur des optimisations techniques, l’entreprise a mobilisé des ressources considérables, notamment en infrastructures et en recherche, pour atteindre ses performances actuelles.
Des coûts bien plus élevés qu’annoncé
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