Meta chausse ses lunettes, OpenAI revêt des habits neufs

La transformation d'OpenAI cause le départ de sa CTO • Avec les lunettes Orion, Meta s'attaquera aux smartphones • ChatGPT parle partout, sauf en Europe • SG Forge s’allie à BitPanda • La police américaine se laisse séduire par l’IA • L’IA pour détecter Parkinson… et faire se déplacer les robots • Bienvenue dans Qant, jeudi 26 septembre 2024.

« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

Pour une poignée de milliards

  • La directrice technique (CTO) d’OpenAI Mira Murati a annoncé hier son départ. Après avoir rejoint la fondation de recherche en 2018, elle a accompagné tous les grands lancements qui ont fait la notoriété de l’intelligence artificielle : ChatGPT, GPT-4, GPT-4o, GPT o1…

  • La transformation d’OpenAI en société commerciale a été confirmée, à cette occasion, au Wall Street Journal puis à Reuters. Une branche à but non lucratif survivra, mais son contrôle sur la société commerciale sera aboli.

  • La nouvelle structure accueillera au capital le directeur général Sam Altman – ce qui n’est pas le cas pour l’instant. Elle serait en train de réunir 6,5 milliards de dollars (environ 6 Md€) sur une valeur d’entreprise de 150 milliards de dollars (135 Md€), dans un tour mené par le fonds du gendre de Donald Trump Jared Kushner, Thrive Capital.

  • À SURVEILLER 1. D’Anthropic à xAI, et tout récemment Safe SuperIntelligence d’Ilya Sutskever, la transformation progressive d’OpenAI a fait pousser des surgeons qui ont transformé le paysage de l’intelligence artificielle. Dans un monde où Google paie 2,7 milliards de dollars pour faire revenir l’un de ses salariés, le cocréateur des transformers Asheem Azar (rachetant pour cela Character AI), il serait étonnant que l’Albanaise Ermira Murati (devenue “Mira”) ait dit son dernier mot, à l’âge de trente-six ans.

  • À SURVEILLER 2. Selon diverses sources, Microsoft détient 49 % de l’actuelle société commerciale, contrôlée par l’association. La propriété intellectuelle des modèles devrait lui être transférée au moment où l’AGI sera atteinte. Malgré l’agilité de Sam Altman, la nouvelle structure sera donc probablement arrimée encore plus fermement à l’éditeur de Seattle.

Les lunettes où l’IA et le métavers se rejoignent

Les annonces de Meta Connect hier dessinent une stratégie unique : créer une alternative au smartphone.

Les lunettes holographiques Orion (Source : Meta)

“Vos lunettes voient tout ce que vous voyez, elles peuvent entendre tout ce que vous entendez : elles forment la plateforme idéale pour l’intelligence artificielle !” s’exclamait hier soir, à Menlo Park, le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg. Tous les produits que Meta a présentés hier soir s’inscrivent dans la même stratégie : desserrer l’emprise d’Apple, Google et Microsoft sur les ordinateurs et les téléphones qui donnent accès aux services de Meta. Pour cela, il suffirait de donner aux deux milliards de personnes dans le monde qui portent déjà des lunettes une raison de dépenser moins d’argent sur leur téléphone.

Meta, hier, en a présenté plusieurs. Elles devraient prendre forme d’ici à 2017 et passer, plus immédiatement, par un investissement dans le groupe franco-italien EssilorLuxottica.

Un brin de causette avec ChatGPT

  • D’ici à la semaine prochaine, OpenAI proposera à tous ses abonnés payants, l’Advanced Voice Mode (AVM) qui permet d’interagir avec ChatGPT en lui parlant.

  • L’AVM comprend des capacités avancées de reconnaissance et de génération vocale, ainsi que des options de personnalisation pour adapter la voix et le style de réponse de ChatGPT. Il intègre cinq nouvelles voix, ce qui porte le total à neuf. La voix "Sky", retirée après une polémique avec Scarlett Johansson (lire Qant du 22 mai), n’est pas incluse dans cette mise à jour.

  • Le service ne sera pas disponible en Europe, tout comme Meta AI et Apple Intelligence.

  • À SURVEILLER. Le voice-to-voice est un pas en avant, mais l’usage de la voix comme outil d’interaction avec l’IA se généralise. Llama 3.2 vient de le rajouter (lire ci-dessous, Edition Premium) et Gemini propose déjà des fonctionnalités originales, comme Audio Overview de NotebookLM. Or, la voix est l’input le plus naturel avec un téléphone – et des lunettes.

Et par ailleurs : Google, Microsoft, Stability, Spotify, OpenAI, Volskwagen

  • Terminator entre au conseil de Stability • Le réalisateur de Terminator James Cameron rejoint le conseil d'administration de la start-up britannique Stability AI. Il affirme que l'avenir du cinéma se construit au croisement de l'IA générative et des effets spéciaux numériques (CGI). Difficile de lui donner tort. En savoir plus…

  • Gemini monte à bord de la Coccinelle • Volkswagen intégrera le modèle d’IA de Google, Gemini, dans son application mobile. Elle permettra aux conducteurs de poser des questions et d'obtenir des informations en temps réel, grâce à des données spécifiques de Volkswagen. En savoir plus…

  • Microsoft mise sur le Mexique • Après la France (lire Qant du 13 mars) ou encore l’Inde (lire Qant du 8 février), Microsoft va investir 1,3 milliard de dollars au Mexique sur trois ans pour y développer son infrastructure de cloud computing et d'intelligence artificielle. L’éditeur espère améliorer la connectivité et l'adoption des technologies d'IA par les PME mexicaines. En savoir plus…

  • Les playlists IA découvrent le monde • Spotify étend son outil de création de playlists personnalisées par IA à partir de descriptions textuelles aux abonnés Premium aux États-Unis, au Canada, en Irlande et en Nouvelle-Zélande, après un lancement initial au Royaume-Uni et en Australie plus tôt cette année (lire Qant du 9 avril). En savoir plus…

La Société Générale adopte un Bitpanda

  • Société Générale Forge noue un partenariat avec l’une des principales plateformes de trading européennes, l’autrichienne Bitpanda, pour y promouvoir son stablecoin en euros, EUR CoinVertible (EURCV).

  • Cette collaboration mise sur l’intégration à venir des stablecoins au système financier européen. Selon SG Forge, les stablecoins réglementés joueront un rôle clé dans le cadre établi par Mica, en facilitant le passage entre les monnaies fiduciaires et les actifs numériques.

  • À SURVEILLER. Mica est entré en vigueur, pour ce qui est des stablecoins, le 30 juin dernier. Ses dispositions devraient conduire l’Europe à bannir Tether, le principal d’entre eux, du Vieux Continent, bien que la faisabilité technique de la chose semble incertaine. Cela ferait de l’USDC de Circle le principal stablecoin dollar et pourrait ouvrir des opportunités aux stablecoins euro, dont EUR CoinVertible est un pionnier. D’où le regain d’activité de SG Forge, qui a également annoncé cette semaine lancer le jeton sur Solana.

Et par ailleurs : cryptos, fraude fiscale et blanchiment

  • Pour la police suédoise, les échanges cryptos relèvent du blanchiment • Un rapport de l’unité de renseignement financier de la police suédoise établit que 18 des 21 mineurs bitcoin présents dans le pays se sont rendus coupables de fraude fiscale. Sans désigner des plateformes particulières, il invite à une surveillance accrue des échanges de crypto-monnaies, susceptibles de favoriser le blanchiment d'argent et d'autres crimes graves. Il qualifie ces fournisseurs de blanchisseurs d'argent professionnels, qui offrent des services clandestins pour convertir les produits de la criminalité en crypto-monnaies, et vice versa. En savoir plus…

L'IA s'invite dans les services de police américains

  • Divers services de police aux États-Unis, comme à Oklahoma City et Burlington dans le Vermont, testent des outils d'intelligence artificielle pour rédiger des rapports d'incidents ou analyser les vidéos des caméras corporelles.

  • Le chatbot Draft One de l'entreprise californienne Axon résume par exemple les enregistrements audio pour produire des rapports en quelques secondes, tandis que la start-up Truleo basée à Chicago scanne l'intégralité des vidéos des caméras des agents pour évaluer leur comportement.

  • À SURVEILLER. Bien que ces technologies soient présentées comme des moyens d'améliorer l'efficacité et la transparence des forces de l’ordre, elles suscitent des inquiétudes quant à la précision des rapports et au risque de biais dans les modèles.

Et par ailleurs : Torq

  • 70 millions pour automatiser la cybersécurité • Basée dans le Colorado, Torq automatise les flux de travail en cybersécurité grâce à l’IA générative. Elle pallie ainsi, par exemple, la fatigue qui s’installe face à des alertes trop nombreuses. Adoptée par des géants comme PepsiCo et Procter and Gamble, aussi bien que par des sociétés de cybersécurité, l’IA lui a permis de tripler son ARR à 24 millions de dollars (environ 22 M€). Ce qui a généré 70 millions de dollars (62,6 M€) lors d'un tour de série C mené par Evolution Equity Partners. En savoir plus…

Quand l’IA aide à détecter la maladie de Parkinson

  • Des chercheurs de l’université du Maryland ont développé un système utilisant des capteurs portables et des algorithmes d'apprentissage automatique pour faciliter le diagnostic de la maladie de Parkinson.*

  • Ce système analyse les données de capteurs placés sur le bas du dos et détecte les symptômes de la maladie avec une précision de 92,6 %, supérieure à celle des diagnostics cliniques traditionnels (81 %).

  • À SURVEILLER. L’utilisation de ces technologies dans les cliniques pourrait transformer le dépistage des troubles de la mobilité. L’objectif est de diagnostiquer la maladie plus tôt et plus précisément, pour réduire les erreurs de diagnostic et permettre des interventions thérapeutiques plus rapides.

L’IA rend les robots plus agiles

Le deep learning permet aux robots de naviguer plus efficacement dans des environnements inconnus.

La planification de mouvement neuronale (Neural Motion Planning) permet aux robots de naviguer autour d'obstacles complexes dans des environnements inconnus. Développée par une équipe de l'institut de robotique de l'université Carnegie Mellon en Pennsylvanie, cette méthode utilise le deep learning

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNES :

• Meta Connect a révélé des avancées significatives en réalité augmentée et intelligence artificielle, tout en repensant son approche à la réalité virtuelle et mixte.

• Des lunettes Orion aux nouveaux modèles Llama, le groupe se met en ordre de bataille pour créer une alternative au smartphone.
• Des chercheurs de Carnegie Mellon présentent une planification de mouvement avancée pour les robots, basée sur le deep learning.

Les lunettes où l’IA et le métavers se rejoignent

Lors de la conférence Meta Connect, Meta a dévoilé plusieurs innovations dans le domaine des technologies immersives et de l'intelligence artificielle, avec notamment les lunettes Orion et de nouvelles fonctionnalités pour les lunettes Ray-Ban Meta. Ces annonces s'accompagnent d'un partenariat stratégique avec Essilor Luxottica et d'une refonte de son offre en matière de réalité virtuelle avec le lancement du Quest 3S.

Les lunettes Orion (Source : Meta)

Le métavers n’est pas mort. Lors de la conférence Meta Connect qui s'est tenue jeudi soir, plusieurs annonces intéressantes ont été faites dans le domaine des technologies immersives et de l'intelligence artificielle. Mais parmi les principales nouveautés présentées, on retrouve les lunettes holographiques Orion, les nouvelles fonctionnalités des lunettes Ray-Ban Meta, un partenariat stratégique avec Essilor Luxottica. Meta a également dévoilé les derniers modèles de Llama, des surcouches applicatives pour l'IA, et le casque de réalité virtuelle Quest 3S.

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Qant: Révolution cognitive et Avenir du numérique

Par QANT: IA et Technologies Émergentes

Jean Rognetta

Binational franco-italien, économiste de formation, Jean devient journaliste au milieu des années 1990, après avoir fait ses premiers pas dans l’édition et la technologie. Il débute sa carrière au groupe Tests, leader de la presse informatique, puis se spécialise en financement de l’innovation et des PME. Il couvre le sujet pour Les Echos et Capital Finance de 2000 à 2015. En 2016, il rejoint le magazine Forbes et devient directeur de la rédaction de l’édition française.
Pendant la crise financière, il lance l’association PME Finance, à l’origine notamment du PEA-PME et de l’amortissement du corporate venture, ainsi que partiellement de la libéralisation du crowdfunding. Elle fusionne en 2015 avec le groupement d’entrepreneurs Croissance Plus.
Depuis 2020, Jean a lancé la revue SAY, édition française de Project Syndicate, dont il reste contributing editor, le supplément Corporate Finance du Nouvel Économiste et la collection Demain! aux Editions Hermann.

Maurice de Rambuteau

Diplômé du Centre de Formation des Journalistes (CFJ Paris) et de l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris (ESCP BS), Maurice de Rambuteau a fait ses premières armes de journaliste dans le sport, pour le site et le magazine SoFoot, puis au sein de la rédaction football de L'Equipe. Il s'est ensuite tourné vers le journalisme économique au sein de la rédaction de La Croix, avant de donner libre cours à sa passion pour la technologie en rejoignant Qant en juin 2022 pour un premier tour d’horizon de l’IA générative. Depuis, il a percé les mystères des blockchains et du métavers et, surtout, passé des dizaines de modèles d’IA au banc d’essai.

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