« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

UBTech veut coiffer Tesla au robot
Le leader chinois UBTech Robotics prépare un robot humanoïde domestique, pour répondre aux besoins croissants en assistance aux personnes âgées. Et faire la nique à Elon Musk.
Walker accueille les visiteurs au pavillon chinois de l’Exposition universelle d’Osaka, le mois dernier
Le fabricant de robots industriels UBTech Robotics prévoit de lancer d’ici fin 2025 un robot humanoïde domestique vendu à 20 000 dollars, visant à étendre son activité au-delà des applications industrielles.
En l’annonçant à Bloomberg lors de l’expo Beyond à Macao, le directeur de la marque Michael Tam a souligné la demande croissante pour la robotique de service, liée au vieillissement de la population chinoise.
Mille unités devraient être livrées en 2025, et une montée en cadence de la production est prévue pour 2026, bien que le robot ne soit pas encore capable d’assurer une prise en charge complète.
Le robot humanoïde Walker d’UBTech était jusqu’ici orienté vers des clients industriels comme BYD ou Foxconn.
À SURVEILLER : Pression financière. UBTech doit faire face à une baisse de 45 % de son action en un an à la bourse de Hong Kong, alors qu’elle continue d’investir lourdement, accumulant en pertes l’équivalent de son chiffre d’affaires annuel (entre 1 milliard et 1,5 milliard de yuans en 2024, soit 120 M€ à 180 M€). Coiffer au poteau Tesla, qui ne prévoit de commercialiser Optimus qu’à partir de 2026, ferait sans doute le plus grand bien à son cours de Bourse.

Quand les start-up d’IA rencontrent les groupes financiers
En partenariat avec le Cercle IA et Finance et l’Institut Louis Bachelier, Qant vous propose de participer lundi 2 juin à 18h, à Station F à Paris, à un événement exceptionnel sur la relation entre start-up d’IA et grands groupes financiers :
Introduction
Arnaud de Bresson / Jean Rognetta (Qant), partenaires Cercle IA & Finance
18h15 - 18h30 - Observatoire du financement de l'intelligence artificielle
Morgan Hunault-Berret, cabinet Villechenon
Olivier Martret, Serena Capital
18h30 - 19h30 - Grandes entreprises de la finance : quelles actions d'accompagnement ?
Anthony Attia, Member of the Executive Committee, Euronext
Marie Brière, Head of Investor Intelligence & Academic Partnership, Amundi
Nicolas Meric, Head of AI, Société Générale
Julien Ribeyre, Directeur du pilotage digital, Bpifrance
Catherine Tonlorenzi, Head of B! UP Open Innovation - BivwAk!, BNP Paribas
19h30 - 20h30 - Les start-up IA & Finance
Laurent Daudet, CEO, LightOn
Thibaut de la Grand'rive, Directeur général Delos Intelligence
Julien Heissat, Directeur Général, Muchbetter.ai
Charles-Albert Lehalle, Professeur, Polytechnique
Amira Nakouri, Directrice générale, Klaimy
Constant Razel, Directeur Général, EXXA
Antoine Rostand, Président, Kayrros
20h30 - 21h - Cocktail
Nos abonnés peuvent s’inscrire avec 50 % de réduction en précisant le code : QANT2025

La fin du muet
La capacité de Veo 3 de générer des clips vidéo avec un son réaliste synchronisé fait buzzer le modèle – et craindre une généralisation des deepfakes. A tort.
Un faux présentateur de JT, créé par Veo 3, annonce la mort du secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth pour avoir absorbé trop de vodka • Source : A. Caraballo, Harvard Law School
Disponible désormais dans 71 pays, Veo 3 est le premier modèle de génération vidéo par IA capable de produire à la fois des images animées et une bande-son synchronisée. Ce nouvel outil, présenté lors du Google I/O 2025, est réservé aux abonnés de l’offre Gemini Ultra (250 $ par mois) ou aux utilisateurs de Vertex AI. Il permet de créer en quelques minutes des clips de haute résolution (1080p) intégrant dialogues, bruitages et musique de fond.
Cela favorise son adoption rapide, mais déclenche une vague d’inquiétudes. “Il devient impossible de distinguer le vrai du faux”, analyse par exemple le journaliste François Saltiel, pour qui ce nouvel outil est une “menace du chaos informationnel”. Un peu prématuré, si l’on analyse de près la fiche technique et les prestations du nouveau modèle.
Mais il est clair qu’en matière d’IA, la vidéo emboîte le pas au texte.
Builder.ai, Elon Musk, The Browser Company
Un petit Doge et puis s’en va • Elon Musk a quitté ses fonctions à la tête du département de l’efficacité gouvernementale (Doge), qui a présidé en quatre mois au démantèlement de certains services publics et au départ de 284 000 fonctionnaires fédéraux. Sa démission intervient juste avant l’échéance du 28 mai, au-delà de laquelle il aurait été soumis à des obligations de transparence imposées par le Congrès. Le tournant politique a eu lieu début avril, quand Musk n’a su éviter la responsabilité d’une défaite électorale au Wisconsin et que ses entreprises ont subi de plein fouet les conséquences de la politique douanière de Donald Trump. Musk affirme vouloir désormais se consacrer pleinement à Tesla et xAI. Il suspend sine die son soutien financier aux républicains, qui a été déterminant l’an dernier pour le succès de Trump. Son départ précipité et sans gloire – le Doge est universellement considéré comme un échec, même dans les milieux Maga – pose la question de la solidité du ralliement au trumpisme des autres entreprenurs de la Silicon Valley. En savoir plus…
Quand Builder s’écroule • La britannique Builder.ai, spécialisée dans la création automatisée d’applications mobiles, voulait permettre à des utilisateurs sans compétences techniques de créer facilement des applications personnalisées, en combinant intelligence artificielle et intervention humaine. Après avoir levé plus de 500 millions de dollars auprès de grands noms comme Microsoft et le fonds souverain du Qatar, sur une valorisation de 1,5 milliard de dollars à son apogée, elle a déposé son bilan la semaine dernière. Le parquet fédéral de Manhattan vient d’émettre une assignation à comparaître exigeant la remise de documents financiers. Les ventes de 2024 annoncées à 220 millions de dollars ont été révisées à seulement 55 millions après audit. Même constat pour 2023 (de 180 à 45 millions). En savoir plus…
Une nouvelle corde à l’Arc • The Browser Company met sur pause le développement de son navigateur Arc, pour concentrer ses efforts sur Dia, un nouveau navigateur basé sur l’IA. Jugé trop complexe et peu cohérent, Arc souffre selon l’entreprise d’un “coût de nouveauté” qui a freiné son adoption. Bien que des utilisateurs réclament l’ouverture du code, l’entreprise reste prudente, car Arc repose sur l’Arc Development Kit, également utilisé pour Dia. Ce dernier est toujours en phase de test, sans date de lancement annoncée. En savoir plus…

La quadrature du Circle
Fort de l’engouement pour les stablecoins, le créateur de l’USDC vise une valorisation de 5,65 milliards de dollars en entrant en Bourse, malgré les incertitudes réglementaires et les turbulences du marché.
Circle prévoit de lever jusqu’à 624 millions de dollars via une introduction en Bourse sur le NYSE, placée par JPMorgan, Citigroup et Goldman Sachs.
La valorisation cible atteint 5,65 milliards de dollars, en baisse par rapport aux précédentes estimations de 7,7 à 9 milliards de dollars lors d’opérations avortées en 2022.
L’introduction comprend 24 millions d’actions nouvelles pour 250 millions de dollars et 15,5 millions d’actions vendues par des actionnaires existants.
Un intérêt d’achat de 150 millions de dollars a déjà été exprimé par Ark Investment Management.
Le chiffre d’affaires de 2024 s’élève à 1,68 milliard de dollars, avec un bénéfice net de 156 millions, en baisse par rapport aux 268 millions de 2023.
EN FILIGRANE : Le paiement interbancaire. Circle a récemment lancé le Circle Payment Network, un réseau avec des banques comme Deutsche Bank et Santander, pour faciliter les paiements transfrontaliers.
À SURVEILLER : Contradiction inhérente au trumpisme. La politique erratique de Donald Trump a eu pour effet de fermer la fenêtre, et même claquer la porte au nez des IPO prévues. Toutefois, le Genius Act en discussion au Congrès pourrait lancer une grande vague de stablecoins bancaires réglementés et l’administration fédérale multiplie les déclarations pour que les stablecoins viennent prendre le relais des marchés dans le financement de la dette publique (lire Qant du 27 mai). De quoi favoriser le pionnier des stablecoins réglementés, Circle, et peut-être convaincre les investisseurs.
Trump Media and Technology Group
Trump, le Financial Times et les noms d’oiseau • Le Trump Media and Technology Group a démenti un article du Financial Times affirmant que l’entreprise prévoyait de lever 3 milliards de dollars pour investir dans le Bitcoin et d’autres cryptomonnaies (lire Qant du 27 mai). La société, à l’origine de la plateforme Truth Social, a qualifié le journal et ses sources de “stupides”. En savoir plus…

Samsung veut se faire une santé avec Exo
Le conglomérat sud-coréen étudie une prise de participation dans la medtech californienne Exo, spécialisée dans l’imagerie médicale mobile par ultrasons.
Samsung Ventures discute d’une participation dans une levée de fonds privée pouvant atteindre 100 millions de dollars au profit de l’entreprise américaine Exo Imaging, selon Bloomberg. Le tour de table serait mené par Sands Capital, Bold Capital et Qubit Health Capital.
Exo développe des dispositifs d’imagerie portables qui exploitent l’intelligence artificielle et la technologie sur silicium pour permettre aux médecins d’effectuer des examens échographiques via un smartphone.
Parallèlement, Exo mène des discussions avec Samsung Medison, filiale du groupe coréen spécialisée dans les échographes et systèmes de radiologie numérique.
À SURVEILLER : Les solutions médicales mobiles. Alors que les téléphones, les montres et les anneaux connectés ont vu une floraison d’applications de santé, les solutions proprement médicales ont été plus longues à venir. Un partenariat entre Exo et Samsung serait un premier signe d’une maturation de ce volet du marché, donnant espoir à de nombreuses start-up comme la française Quantiq qui a dévoilé en mars Zenbox, un coach de respiration intelligent capable de détecter des anomalies cardiaques à partir d’un simple selfie vidéo.

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNÉS :
• Veo 3 maîtrise mieux que ses prédécesseurs la continuité visuelle, les mouvements de caméra et le rendu sonore, tout en s’appuyant sur une interface Flow pensée pour l’assemblage narratif de clips.
Veo 3 à la loupe
Google a récemment dévoilé Veo 3, un modèle d’intelligence artificielle générative capable de créer des clips vidéo avec un son réaliste synchronisé – une avancée majeure face aux outils concurrents.
Présenté lors du Google I/O 2025, Veo 3 est le premier modèle de génération vidéo par IA capable de produire à la fois des images animées et une bande-son synchronisée. Ce nouvel outil, réservé aux abonnés de l’offre Gemini Ultra (250 $ par mois) et aux utilisateurs de Vertex AI, permet de créer en quelques minutes des clips haute définition (1080p) intégrant dialogues, bruitages et musique de fond. Une évolution marquante par rapport aux versions précédentes et aux autres modèles du marché, encore limités à des vidéos muettes.
Un son réaliste généré par l’IA
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