« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

Le plan de marche d’OpenAI contre Elon Musk
Sous pression, Sam Altman réplique en présentant les projets d’OpenAI pour l’année qu’une fusion avec xAI ferait déraper.
Dans les “prochaines semaines”, OpenAI présentera GPT-4.5, le modèle développé sous le nom d’Orion, dont le lancement avait été décalé l’an dernier. Il s’agira du dernier modèle sans “chaîne de pensée”, la technique de prompts système qui a permis la série des modèles o1 et o3 mini.
Le futur GPT-5 intégrera “dans quelques mois” les capacités de raisonnement d’o3, qui ne verra donc pas le jour sous ce nom, et toutes les fonctionnalités lancées ces derniers mois, notamment deep research, la capacité à mener des études complètes.
Le modèle comprendra des “paliers d’intelligence” correspondant aux divers abonnements à ChatGPT (du gratuit à l’API et au Pro).
EN FILIGRANE : La transformation d’OpenAI. « We want AI to “just work” for you » : en reprenant l’expression favorite de Steve Jobs, Sam Altman conforte son entourage et ses investisseurs dans l’idée qu’OpenAI est en train de créer le futur Apple (ou Google) : quelque chose d’une valeur bien supérieure aux 97,4 milliards de dollars qu’Elon Musk a proposés. Il est peu vraisemblable que la proposition soit acceptée, mais elle a pour effet de fixer la valeur minimum que la fondation-mère doit retirer de la cession d’OpenAI, compliquant les négociations avec les investisseurs.
À SURVEILLER : La proximité de l’AGI et “l’occasion manquée” du sommet de Paris. L’intelligence artificielle générale (AGI), autrefois omniprésente dans la communication d’OpenAI, a disparu de l’annonce de Sam Altman. Cela conforte l’idée que les grands modèles ont atteint un plateau. Que les progrès proviennent désormais d’autres voies que de l’augmentation de la taille, toutefois, ne les empêche pas d’être très réels. En dénonçant les organisateurs du sommet de Paris pour ne pas avoir pris conscience des risques de l’IA avancée, le créateur d’Anthropic Dario Amodei ne dit pas autre chose.

Le dollar numérique n’aura pas lieu
Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a affirmé que les États-Unis n’émettront pas de monnaie numérique de banque centrale tant qu'il sera en poste. Compromettant la crédibilité et l’indépendance de la Fed.
Le président de la Fed Jerome Powell a déclaré devant la commission bancaire du Sénat que la Fed ne développera pas de monnaie numérique sous sa direction.
Il tient ainsi la promesse du président Donald Trump, qui avait promis à l’été dernier de bloquer tout projet de dollar numérique en cas de victoire.
Cette position met fin à plusieurs années de travaux : la Fed étudiait depuis 2022 les implications d’un dollar numérique.
Le système de paiements instantanés FedNow pourrait être étendu pour pallier le manque d’une CBDC.
EN FILIGRANE : L’idée que les stablecoins pourraient se substituer à une monnaie numérique de banque centrale fait son chemin (voir par exemple, dans nos colonnes, Lucrezia Reichlin et Hubert de Vauplane). Mais l’actualité crypto a surtout été défrayée par l’abandon des poursuites de la SEC (lire Qant d’hier), l’amnistie de criminels comme le fondateur de Silk Road, Ross Ulbricht, et la spéculation pure et simple.
À SURVEILLER : La faiblesse de la Fed. Pour complaire à Donald Trump, la Fed s’est retirée mi-janvier du NGFS, le réseau de banques centrales qui tente de mitiger les conséquences financières du réchauffement global (une contraction de 18 % du PIB mondial d’ici à 2050, selon Swiss Re). Voici à présent qu’elle remise au placard des années de travaux sur le dollar numérique. Son indépendance vis-à-vis des fantasmes populistes de la Maison-Blanche perd en crédibilité.

Un Droïde pour l’armée française
L’Agence française de l’armement (DGA) a conclu un accord-cadre avec KNDS France et Safran Electronics & Defense pour développer ses futurs robots terrestres de combat.
Un droïde à la française • Qant, M. de R. avec Midjourney
L’Agence française de l’armement (DGA) a conclu un accord avec KNDS France et Safran Electronics & Defense afin de faire progresser les technologies nécessaires aux robots terrestres de combat. Ce programme, nommé Droïde, a été officialisé par un communiqué du ministère des Armées un peu plus d’un mois après sa signature le 30 décembre dernier. D’un montant non communiqué, il veut mettre au point un démonstrateur multi-mission capable d’évoluer sur des terrains complexes d’ici 2035. En attendant le MGCS, futur char européen au parcours difficile.

Scarlett Johansson contre les fakes IA
Alors que les proclamations antisémites du rappeur Kanye West provoquent des réactions jusque sur X, une vidéo générée par intelligence artificielle, qui met en scène des célébrités juives sans leur consentement pousse Scarlett Johansson à réclamer une régulation.
Une vidéo devenue virale sur Youtube montre des personnalités comme Steven Spielberg, Jerry Seinfeld et Scarlett Johansson portant un t-shirt contre le rappeur Kanye West, mais leur apparition a été générée par intelligence artificielle sans leur consentement.
Devenu créateur de mode, Kanye West a récemment mis en vente un t-shirt arborant une croix gammée, qu’il a promu pendant le Super Bowl, grand”messe médiatico-sportive qui s’est tenue le 9 février.
Johansson a dénoncé une manipulation dangereuse, affirmant que "le potentiel de discours haineux amplifié par l'IA est une menace bien plus grande que toute personne prise individuellement".
L'actrice, qui a fait reculer OpenAI l’an dernier, lors du lancement de GPT-4o, a appelé le gouvernement américain à légiférer, soulignant que "plusieurs pays progressistes ont déjà pris des mesures, tandis que les États-Unis restent paralysés".
À SURVEILLER : Elon Musk et la liberté d’expression. Le compte de Kanye West sur X a été désactivé le 10 février, après qu’il ait tenu des propos antisémites et pro-nazis pendant une semaine entière.
Alibaba, Apple, Thomson Reuters, Workday
Alibaba et les 40 iPhones • Apple a conclu un partenariat avec Alibaba pour intégrer sa plateforme Apple Intelligence aux iPhones vendus en Chine, après avoir écarté Baidu, DeepSeek et la singapourienne ByteDance. Les iPhones en Chine ne disposent toujours pas des fonctionnalités Apple Intelligence, ce qui aurait contribué à une baisse de 11 % des ventes dans le pays. Ne manque plus que l’approbation des autorités chinoises, toujours chatouilleuses en matière d’IA. En savoir plus…
Thomson Reuters creuse une première faille dans le fair use • Un tribunal américain a donné raison à Thomson Reuters dans une affaire de violation du droit d’auteur impliquant Ross Intelligence, une start-up spécialisée dans l’IA juridique. La société de médias et de technologies avait poursuivi Ross en 2020, l’accusant d’avoir reproduit des contenus protégés issus de Westlaw, sa plateforme de recherche juridique. Le juge a rejeté la défense de Ross, estimant que l’usage du matériel de Westlaw ne relevait pas du fair use, un argument clé souvent avancé par les entreprises d’IA pour justifier l’exploitation d’œuvres protégées. Ce précédent pourrait conforter les auteurs, qui poursuivent notamment OpenAI (lire Qant du 8 janvier 2024) et Meta. En savoir plus…
Workday fait tapis sur les agents • L’éditeur de logiciels RH et financiers Workday présente une plateforme permettant aux entreprises de superviser l’ensemble de leurs agents IA, qu’ils soient internes ou tiers. Workday Agent System of Record offre un contrôle centralisé sur leurs accès, tâches et coûts. Parallèlement, Workday déploie de nouveaux agents IA dédiés à la paie, aux contrats et à l’audit financier. L’entreprise mise sur des agents dotés de compétences élargies plutôt que sur des outils limités à des tâches spécifiques. Cette annonce intervient une semaine après la suppression de 1 750 emplois, dans un contexte de recentrage stratégique sur l’intelligence artificielle. En savoir plus…
L’IA, aussi, fait de la géométrie
Platon disait que Dieu fait de la géométrie. L’IA de DeepMind, en tout cas, en fait. Mieux que les humains.
La connaissance mathématique au plus haut • Qant, M. de R. avec Midjourney
DeepMind vient de présenter AlphaGeometry2, une version améliorée d’un système combinant modèle de langage et moteur symbolique pour résoudre des problèmes de géométrie. Avec un taux de résolution de 84 % sur les problèmes de l’Olympiade Internationale de Mathématiques (IMO) entre 2000 et 2024, cette IA surpasse la performance moyenne des médaillés d’or humains.

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNÉS :
• L’IA de Google progresse en mathématiques grâce à une nouvelle approche combinant modèle de langage et raisonnement symbolique.
• L'armée française prépare l’avenir du combat terrestre avec des démonstrateurs multi-missions autonomes.
Que nulle IA n’entre ici si elle n’est géomètre
DeepMind a présenté cette semaine AlphaGeometry2, un système capable de surpasser la performance moyenne des lauréats de l’Olympiade Internationale de Mathématiques en résolution de problèmes de géométrie.
Aperçu de l’algorithme de recherche d’AlphaGeometry2 • Source : DeepMind
AlphaGeometry2 (AG2) repose sur un langage formel plus élaboré que son prédécesseur. La première version, AlphaGeometry1, couvrait 66 % des problèmes de géométrie posés à l’IMO, avec un taux de résolution de 54 %. La mise à jour améliore ce taux à 84 %, en couvrant un éventail plus large de concepts géométriques, y compris les théorèmes de lieu et les équations linéaires.
Le modèle est également capable de traiter des problèmes non constructifs, qui nécessitent une approche plus abstraite. AG2 inclut la capacité de définir des points par au moins trois prédicats. Ceci est important car, dans les problèmes non constructifs, les points ne peuvent pas être construits directement comme l'intersection de deux objets bien définis.
Le moteur symbolique a été optimisé pour traiter les données plus efficacement. La vitesse de calcul a été accrue grâce à une mise en œuvre améliorée, et la méthode d’analyse a été renforcée pour réduire les erreurs dans l’interprétation des données géométriques. En intégrant ces améliorations, AlphaGeometry2 fait preuve d’une capacité accrue à fournir des solutions plus rapidement et plus précisément.
Une IA qui surpasse les médaillés humains
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