« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

Unitree fait danser ses robots
La chinoise Unitree Robotics a rendu open source un jeu de données qui permet à ses robots humanoïdes H1, H1-2 et G1 de reproduire des mouvements fluides, y compris des danses. L’offre qu’elle a montrée au CES en fait un concurrent redoutable pour les roboticiens américains.
La start-up chinoise Unitree Robotics, fondée en 2017 et spécialisée dans la robotique de pointe, vient de dévoiler un ensemble de données open source destiné à ses robots humanoïdes H1, H1-2 et G1. Ce jeu de données de capture de mouvements se base sur Lafan 1 (La Forge Animation Dataset 1), créé par Ubisoft. Il permet aux machines de réaliser des mouvements plus naturels, comme danser ou même exécuter des figures complexes comme le breakdance et le drop kick.
Lors du CES 2025 à Las Vegas, Unitree a également présenté d'autres modèles, comme son robot quadrupède Go2 et sa version à roulettes, le Go2-W, ou encore le robot industriel B2-W. Ce dernier peut transporter jusqu'à 120 kg, atteindre une vitesse de 20 km/h et réaliser des mouvements complexes comme monter des escaliers ou effectuer des figures acrobatiques.
Boston Dynamics, Ghost Robotics
Boston Dynamics et Ghost Robotics mettent de côté leurs différends • Boston Dynamics (filiale de Hyundai) et Ghost Robotics ont réglé à l’amiable un litige de deux ans concernant la violation de 7 brevets de Boston Dynamics sur les robots quadrupèdes. Ghost Robotics, dont les robots-chiens Vision 60 continuent d’être testés avant d’être déployés aux frontières américaines (lire Qant du 30 juin 2023), se veut un fournisseur militaire et elle avait montré des prototypes armés. Boston Dynamics restait attachée à une idée plus pacifique de la robotique. Les deux entreprises ont exprimé leur volonté de collaborer à l’avenir sur des initiatives technologiques, mais aussi politiques, pour faire progresser l’idée d’une stratégie nationale américaine en robotique, opposée à la Chine. Ah, l’air du temps… En savoir plus…

L’IA au sommet des investissements en start-up en 2024
Les start-up spécialisées en intelligence artificielle ont attiré des montants records l’an passé, redéfinissant le paysage du financement en capital-risque. Vue d’ensemble.
L'intelligence artificielle et l'apprentissage automatique représentaient 35,7 % du financement mondial du capital-risque en 2024 • Source : PitchBook
En 2024, les start-up américaines axées sur l’intelligence artificielle ont levé un montant record de 97 milliards de dollars, selon les données publiées par l'institut PitchBook. Ce chiffre représente près de 46 % des 209 milliards de dollars investis au total dans les start-up aux États-Unis. Une part qui était de moins de 10% il y a dix ans.
Dans le monde, sur une base différente, CB Insight a relevé presque 27 000 deals pour un total de 275 milliards de dollars – dont 37 % consacrés à l’IA. Cela conforte l’idée que les investissements sont menés avant tout par les start-up américaines d’IA.
Les levées de nouveaux fonds d’investissement ont continué à ralentir, mais la reprise des sorties laisse augurer d’une fin prochaine du cycle. Dans un nouveau monde, redéfini par l’IA.
Meta et les droits d’auteurs, nouvel épisode
Meta est accusée d’avoir utilisé un ensemble de données contenant des œuvres protégées pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle, malgré des avertissements internes et des risques légaux.
Plusieurs auteurs américains de renom, dont Sarah Silverman et Ta-Nehisi Coates, ont intenté une nouvelle action en justice contre Meta.
Au cœur de leurs arguments : l’utilisation de LibGen, une base de données regroupant des livres et articles piratés, afin d’entraîner les premiers modèles Llama.
Meta aurait également supprimé les mentions de copyright des fichiers utilisés et partagé les contenus via des réseaux torrent, ce qui pourrait constituer une infraction supplémentaire au droit d’auteur.
Cette décision aurait été validée par Mark Zuckerberg, malgré des réserves exprimées par certains cadres de Meta.
Meta affirme que l’utilisation des œuvres relève du fair use (usage équitable), une défense courante dans les affaires d’entraînement d’IA sur des contenus protégés, qui n’a pas encore été tranchée.
En juillet 2022, Sarah Silverman avait intenté une action en justice contre Meta et OpenAI pour violation de droits d'auteur, dont elle a été quasi entièrement déboutée (lire Qant du 23 novembre 2023).
À SURVEILLER : L’avenir du fair use. L’exception au droit d’auteur pour un usage équitable (“fair use”) et notamment tranformatif (“transformative use”) est au cœur de la défense d’OpenAI et Microsoft. La jurisprudence qui s’élabore sur le sujet aurait pu avoir une influence décisive sur le développement de l’intelligence artificielle. Au moment où les données pour l’entraînement des modèles viennent à manquer et qu’on les remplace par des données de synthèse, elle risque d’arriver trop tard.
Hippocratic AI, xAI
Grok tient son application • Grok, l’assistant IA développé par xAI et intégré à la plateforme X, est désormais disponible sous forme d’application autonome. L'application, qui permet de générer des images, de résumer des textes et de répondre à des questions avec un ton humoristique, conserve les limitations de la version gratuite lancée en décembre 2024, offrant 10 requêtes toutes les deux heures et trois analyses d’image par jour. En savoir plus…
Le serment d’Hippocrate de l’IA • Hippocratic AI, une start-up californienne spécialisée dans les agents d’IA dédiés aux tâches non diagnostiques pour les patients, a levé 141 millions de dollars lors d’un tour de table de série B, portant sa valorisation à 1,64 milliard de dollars. Soutenue par Kleiner Perkins, cette levée de fonds vise à étendre ses produits sur de nouveaux marchés et à l’international, après avoir signé des contrats avec 23 systèmes de santé et assureurs en 2024. En savoir plus…

Damac s’associe à Mantra pour tokeniser ses actifs
Le groupe d’immobilier de luxe Damac, basé à Dubaï, a signé un accord de 1 milliard de dollars avec la plateforme blockchain Mantra pour convertir ses actifs en tokens numériques. Une démarche alignée avec l’objectif des Émirats arabes unis de devenir un centre mondial des actifs numériques.
A Dubaï, le promoteur émirati Damac vient de signer un accord avec la plate-forme DeFi Mantra, pour tokeniser ses actifs immobiliers à hauteur d’au moins 1 milliard de dollars, avec un lancement prévu en ce début d’année.
La DAO Mantra se spécialise dans la tokenisation d’actifs financiers traditionnels (RWA, pour real-world assets) avec une blockchain Layer-1 proof-of-stake et une plateforme de services financiers décentralisés construite sur le SDK open source Cosmos. Cela permet de créer en Rust des smart contracts Wasm (Web Assembly), compatibles avec le protocole de communication entre blockchains IBC.
Le portefeuille de Damac comprend de l’immobilier de luxe, mais aussi des propriétés hôtelières et des data centers, principalement à Dubaï mais aussi en Grande-Bretagne, en Arabie Saoudite, au Qatar, en Jordanie et au Liban. Les Damac Hills comprennent notamment le Trump International Golf Club Dubai.
Cet accord suit une initiative similaire de Mantra avec Mag Group, un autre promoteur de Dubaï, portant sur 500 millions de dollars d’actifs tokenisés.
À SURVEILLER : Les Émirats arabes unis cherchent à devenir un hub mondial des actifs numériques en développant des infrastructures blockchain et en attirant des entreprises spécialisées dans la crypto.

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNES :
• Alors que la crise du capital-risque continue, l’IA dépasse le tiers des investissements. Aux États-Unis, elle atteint presque la moitié.
• Unitree Robotics prend position comme un rival dangereux pour les roboticiens américains.
L’IA au sommet des investissements en start-up en 2024
Les start-up spécialisées en intelligence artificielle ont attiré des montants records l’an passé, redéfinissant le paysage du financement en capital-risque. Vue d’ensemble.
Evolution du financement annuel de l’IA • Source : Crunchbase
Selon Crunchbase, le financement mondial des start-up a légèrement augmenté, atteignant environ 314 milliards de dollars en 2024, soit une hausse de 3 % par rapport à 2023. Toutefois, cette augmentation globale masque une dynamique polarisée : alors que les start-up IA attirent des méga-investissements, d’autres secteurs autrefois populaires peinent à lever des fonds. Y compris les VCs eux-mêmes.
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