« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio
Chaque jour, les journalistes de Qant illustrent les tendances de fond qui animent la tech. Ils s’appuient sur Kessel Média et utilisent l’IA générative depuis mars 2022.
L’ÉVÉNEMENT
L’AI Act se précise… aux dépens de la France
La version entièrement rédigée de l’AI Act a fuite hier après avoir été envoyée aux ambassadeurs des 27 pays qui forment le Conseil européen. Le vote est prévu le 2 février mais les négociations, officiellement terminées depuis décembre, se tendent à nouveau.
“L’IA européenne” (Qant, M. de R. avec Midjourney)
Deux versions non officielles du texte consolidé de l'AI Act européen ont été divulguées en ligne hier soir. Ce nouveau texte, qui dérive de l’accord politique signé le mois dernier (lire Qant du 11 décembre), aurait pour effet de restreindre l’exception que la France a négociée pour les modèles open source, comme ceux de son champion Mistral AI. Il adopte une définition des modèles open source “libres et gratuits” qui empêche toute monétisation. De plus, le projet prévoit qu’ils doivent respecter le droit d’opt-out des détenteurs de droits sur les données d’entraînement.
L’INTÉGRALITÉ DE CET ARTICLE EST DISPONIBLE EN FIN DE LETTRE
L’ESSENTIEL : Apple, DPD, Eleven Labs, OpenAI, Solana, Terraform Labs, Wing, x.AI
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Alice au pays des merveilles raconté par l’IA (Eleven Labs)
Une licorne au royaume des clones • ElevenLabs vient d'annoncer une levée de fonds de 80 millions de dollars lors d'un tour de financement de série B, lui permettant d'atteindre une valorisation de plus d'un milliard de dollars. Les fonds seront utilisés pour le développement de nouveaux produits et l'amélioration des mesures de sécurité dans le cadre du développement responsable et éthique de la technologie IA. ElevenLabs a également annoncé plusieurs lancements de produits, dont un studio de doublage et un marché de bibliothèques vocales permettant aux utilisateurs de monétiser des versions IA de leurs propres voix.
Pour en savoir plus: PymntsÉlections américaines : OpenAI fait la police • OpenAI vient de supprimer le compte d'une start-up américaine, Delphi, ayant conçu Dean.Bot, un chatbot basé sur ChatGPT imitant le candidat démocrate à la présidence américaine Dean Phillips. Bien qu'un avertissement précise la nature du chatbot, son utilisation contrevient aux conditions d’utilisation d'OpenAI, resserrées en début d'année pour combattre la désinformation électorale (lire Qant du 17 janvier). Dean.Bot a été désactivé, après avoir fonctionné brièvement sans ChatGPT.
Pour en savoir plus: Washington Post, Business InsiderQuand le chatbot insulte son entreprise • Le groupe britannique de livraison DPD a désactivé une partie de son chatbot en ligne basé sur l'IA après que le musicien Ashley Beauchamp, cherchant en vain son colis perdu, a poussé le chatbot à écrire un poème critiquant la société en utilisant des jurons. DPD a attribué ce comportement à une mise à jour récente, désactivant immédiatement l'élément concerné pour le mettre à jour.
Pour en savoir plus: The GuardianNon, x.AI ne lève pas de fonds • Elon Musk vient de démentir une information de Bloomberg selon laquelle x.AI aurait obtenu 500 millions de dollars d'investissements pour atteindre un objectif de financement d'1 milliard de dollars. En décembre dernier, le patron de Twitter avait déjà nié lever des fonds après la fuite d'un formulaire d'exemption d'enregistrement soumis à la SEC américaine (lire Qant du 7 décembre).
Pour en savoir plus: Bloomberg, CNBC
BLOCKCHAINS
Evolution des parts de marché dans les échanges de stablecoins. Source : Artemis Terminal
Grâce à Visa, les stablecoins s’envolent sur Solana • En janvier, le volume de transferts de stablecoins sur Solana a dépassé 300 milliards de dollars (environ 263 milliards d'euros), établissant un nouveau record mensuel. Cette performance représente une augmentation massive par rapport aux 11,56 milliards de dollars (environ 10,16 milliards d'euros) de janvier 2023. La part de marché des stablecoins sur Solana atteint actuellement presque 32%. Un succès qui s'explique notamment par le fait que Visa permet désormais aux commerçants de recevoir des paiements en stablecoin USDC sur Solana. En outre, Circle vient d'introduire sur la blockchain le stablecoin EURC, adossé à l'euro.
Pour en savoir plus : CointelegraphLa Virginie protège ses mineurs • Le sénat de l'État de Virginie aux États-Unis vient d'introduire un projet de loi visant à protéger les droits de minage des actifs numériques. Proposé par le sénateur Saddam Azlan Salim, le projet de loi exempte les mineurs de cryptomonnaies de l'obligation d'obtenir une licence de transfert d'argent et les protège contre la discrimination dans les zones industrielles. Le texte propose également des incitations fiscales pour l'utilisation de cryptomonnaies dans les transactions courantes.
Pour en savoir plus: CointelegraphTerraform Labs dépose le bilan • Terraform Labs, société basée à Singapour et à l'origine du stablecoin TerraUSD, a déposé une demande de protection en vertu du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux États-Unis. L'effondrement de TerraUSD en 2022 avait entraîné des pertes estimées à plus de 400 milliards de dollars dans le secteur de la crypto, et cet ultime épisode marque la fin de la tentative de Terraform Labs de résister au séisme de mai 2022.
Pour en savoir plus: Reuters
JEUX ET MÉTAVERS
Le casque Vision Pro. Source : Apple
Le Vision Pro en rupture de stock avant même sa sortie • Apple aurait vendu entre 160 000 et 180 000 casques Vision Pro lors du week-end de précommande, selon Ming-Chi Kuo, un analyste de TF Securities notamment connu pour les informations qu’il délivre sur Apple. Ce chiffre dépasse les prévisions initiales de production de 60 000 à 80 000 unités pour le lancement le 2 février. Cependant, Ming-Chi Kuo souligne que cela représente seulement 0,007 % des 1,2 milliard d'utilisateurs actifs d'Apple. Qui plus est, les préventes ont plafonné après les premiers jours.
Pour en savoir plus: Engadget
ROBOTS
Wing muscle ses ailes
La filiale d’Alphabet présente un nouveau drone capable de transporter des marchandises deux fois plus lourdes que ses prédécesseurs.
Wing, la filiale d'Alphabet spécialisée dans la livraison par drone, vient de dévoiler un nouveau modèle capable de transporter jusqu'à 2,26 kg de marchandises, une capacité presque doublée par rapport à ses appareils actuels. Wing avait en effet observé que 30 % de ses livraisons nécessitent plusieurs vols en raison du poids excessif des commandes.
Le nouveau drone à décollage vertical peut atteindre une vitesse de 104 km/h et a une portée de 19 km. Il est équipé de multiples rotors montés horizontalement et verticalement, ainsi que d'ailes fixes. Cela vise à augmenter l'efficacité en réduisant le nombre de vols nécessaires pour les commandes volumineuses.
Drone à la demande
Les ingénieurs de Wing conçoivent leurs drones en s'appuyant sur une bibliothèque interne d'aéronefs, qui contient différents ensembles de composants, tels que des systèmes d'avionique, de propulsion et de matériaux. Cette méthode permet de combiner facilement ces éléments pour créer de nouvelles configurations de drones.
Wing a déjà effectué plus de 350 000 livraisons à domicile sur trois continents, opérant dans des pays comme la Finlande, l'Australie, l'Irlande et les États-Unis. La société a établi des partenariats avec des entreprises comme Walmart, DoorDash et Apian pour livrer des courses, des plats à emporter ou encore des médicaments.
Pour en savoir plus :
QUANTUM
Première mondiale en matière de qubits stables • Des chercheurs de l'université de Kyushu au Japon sont parvenus pour la première fois à générer des qubits stables à température ambiante pendant plus de 100 nanosecondes. L'équipe de chercheurs a combiné un chromophore, une molécule absorbant la lumière, avec un cadre organométallique, un matériau cristallin nanoporeux composé d'ions métalliques et de ligands organiques.
Pour en savoir plus: Interesting Engineering
ÉDITION PREMIUM
En exclusivité pour les abonnés :
La nouvelle mouture de l’AI renforce les obligations de transparence des modèles et vide de son sens l’exception pour l’open source. La France menace un nouveau blocage.
L’AI Act se précise… aux dépens de la France
La version technique de l’AI Act envoyée au Conseil européen pour adoption le 2 février présente des interprétations très restrictives de l’exemption des modèles open source et des obligations de transparence des modèles de fondation. Ce qui fait bondir en France.
“L’IA à la sauce UE” (Qant, M. de R. avec Midjourney)
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