« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

Codex, l'agent d’OpenAI pour développeurs
OpenAI lance Codex, un agent d’intelligence artificielle conçu pour automatiser des tâches complexes de développement logiciel et concurrencer les leaders du "vibe-coding".
Codex repose sur un modèle dérivé de o3, optimisé pour l’ingénierie logicielle et capable d’exécuter plusieurs tâches en parallèle dans un environnement cloud sécurisé.
L’agent peut notamment rédiger des fonctionnalités, corriger des bugs, exécuter des tests et proposer des pull requests, tout en intégrant les dépôts GitHub des utilisateurs pour contextualiser ses actions.
Codex s’utilise via une interface latérale dans ChatGPT, qui permet d’assigner des tâches, poser des questions sur une codebase et configurer des guides personnalisés avec des fichiers Agents.md.
OpenAI renforce cette offre avec la mise à jour de Codex CLI (lire Qant du 18 avril), alors que Windsurf, la start-up qu’elle s’apprête à racheter pour 3 milliards de dollars, lance sa propre famille de modèles d’intelligence artificielle. SWE-1, SWE-1-lite et SWE-1-mini ont été conçus pour couvrir l’ensemble du processus d’ingénierie logicielle.
À SURVEILLER : La course au vibe-coding où OpenAI, Anthropic, Google Deepmind et start-up comme Anysphere et Cognition AI cherchent à imposer leurs modèles comme les outils centraux du développement logiciel assisté par IA, en s’attaquant au géant Microsoft Github.
Llama 4 Behemoth ne se laisse pas apprivoiser
Meta reporte la sortie publique de son plus grand modèle de la série Llama 4, Behemoths, en raison d’une insuffisante progression des performances.
Llama 4 Behemoth, le plus ambitieux modèle de la série open source Llama, de Meta, devait être lancé ce printemps. Sa sortie vient d’être repoussée à l’automne, voire plus tard.
Selon le Wall Street Journal, Meta craint que Behemoth ne représente pas un progrès suffisant par rapport aux versions précédentes pour justifier un lancement grand public.
Le groupe aurait envisagé des changements de direction au sein de l’équipe Llama 4, sur fond de frustration interne liée au manque d’avancées.
De même, la sortie du modèle GPT-5 d’OpenAI a été reportée sine die, à moins qu’il n’ait été intégré en catimini à o3. Et GPT-4.5 a été retiré des API d’OpenAI, remplacé par un moins gourmand GPT-4.1.
À SURVEILLER : Le plafonnement des grands modèles. Le report de Behemoth augure mal de Claude 4 et Gemini 3. Alors que la puissance de calcul nécessaire pour les entraîner ne cesse de croître, les performances des frontier models patinent. Les limites du scaling pour les modèles de fondation ont été contournées par les chaînes de pensée qui permettent à l’IA de tenir des “raisonnements”, mais cette ingéniosité pourrait elle-même plafonner l’an prochain. Dans cette hypothèse, l’IA pourrait rester à jamais en-deça de l’intelligence artificielle générale (AGI).
Pourquoi se méfier de l’IA. Et comment.
Plutôt que l’IA de confiance, des chercheurs allemands proposent une « méfiance saine » face aux systèmes d’intelligence artificielle. Contre le discours dominant sur la confiance, les auteurs plaident pour une posture critique, rationnelle et contextualisée.
De la confiance dans l’IA. • Qant, M. de R. avec GPT-4o
À l’heure où la notion d’« IA de confiance » s’impose dans les textes réglementaires comme dans les discours industriels, une équipe de chercheurs allemands défend un point de vue inverse : celui d’une méfiance raisonnée comme condition nécessaire à une relation saine entre humains et systèmes automatisés. Leur article s’inscrit en réaction à une tendance qu’ils jugent problématique : considérer que la conformité d’un système à une série de critères techniques — transparence, robustesse, équité, explicabilité — devrait suffire à susciter la confiance. Or, cette approche fait abstraction du contexte social, politique et économique dans lequel l’IA est utilisée, et des rapports de pouvoir qui traversent ses usages. On peut avoir de bonnes raisons de se méfier d’un système, même s’il est certifié, dès lors qu’il est utilisé à des fins qui vont à l’encontre de ses intérêts.
Abu Dhabi, Netflix
L’IA pour des pubs mieux intégrées • Netflix prépare un nouveau format publicitaire basé sur l’IA, qui permettra aux marques d’intégrer leurs produits dans des décors inspirés de ses séries, comme Stranger Things ou Bridgerton. Ces publicités, conçues pour s’harmoniser visuellement avec les contenus visionnés, pourront apparaître pendant la lecture ou lors d’une pause, sous forme de superpositions ou d’éléments interactifs. L’objectif est de rendre les coupures publicitaires moins intrusives pour les utilisateurs du forfait avec publicité, qui compte désormais 94 millions d’abonnés mensuels, contre 40 millions l’an dernier. En savoir plus…
Après Riyad, Abu Dhabi • La Maison Blanche a annoncé un partenariat entre les États-Unis et les Émirats arabes unis pour la création d’un gigantesque campus dédié à l’intelligence artificielle à Abu Dhabi. Le centre de données, présenté comme le plus vaste hors des États-Unis, sera construit par la société émiratie G42 (lire Qant du 20 octobre 2023) en collaboration avec plusieurs entreprises américaines. Doté d’une capacité de 5 gigawatts et s’étendant sur 26 km², le projet inclut des garanties de sécurité pour encadrer l’usage des technologies américaines. L’annonce a été faite lors de la visite officielle du président Donald Trump aux Émirats, dans le cadre d’un déplacement plus large au Moyen-Orient qui a notamment occasionné de nombreux contrats avec l'Arabie Saoudite. En savoir plus…

Coinbase dans le collimateur – mais pas pour longtemps
Le gendarme financier américain, la SEC, enquête encore sur la véracité des chiffres avancés par Coinbase lors de son entrée en Bourse. Un « résidu » qui, selon la plateforme crypto, devrait bientôt être clos, grâce au changement d’orientation de l’administration Trump.
La plateforme crypto Coinbase pourrait avoir exagéré le nombre d’utilisateurs vérifiés dans ses documents boursiers lors de son introduction en 2021, selon une enquête de la SEC révélée par le New York Times.
Le chiffre de plus de 100 millions d’utilisateurs vérifiés mentionné dans le dossier d’introduction en Bourse a été supprimé de la communication de l’entreprise deux ans plus tard.
Coinbase a reconnu que ce chiffre pouvait inclure des doublons, un même individu pouvant créer plusieurs comptes avec différentes coordonnées.
À SURVEILLER : Immunité cryptographique. Le changement de ton à la SEC n’a pas encore mis fin à toutes les investigations mais la déréglementation totale voulue par Donald Trump – dont le patrimoine familial serait désormais pour 40 % constitué de cryptoactifs – est en marche. Coinbaseadéclaré coopérer avec la SEC pour clore cette enquête, qu’elle qualifie de « résidu » de l’administration Biden.

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNÉS :
• Un système techniquement "digne de confiance" peut provoquer la méfiance lorsqu'il est utilisé dans un contexte social où il entre en tension avec des intérêts humains ou leur autonomie. Il faut aller au-delà de l’IA de confiance.
Pourquoi se méfier de l’IA. Et comment.
Plutôt que l’IA de confiance, des chercheurs allemands proposent une « méfiance saine » face aux systèmes d’intelligence artificielle. Contre le discours dominant sur la confiance, les auteurs plaident pour une posture critique, rationnelle et contextualisée.
De la confiance dans l’IA. • Qant, M. de R. avec GPT-4o
À l’heure où la notion d’ IA de confiance s’impose dans les textes réglementaires comme dans les discours industriels, une équipe interdisciplinaire de chercheurs allemands défend le point de vue inverse : celui d’une méfiance raisonnée comme condition nécessaire à une relation saine entre humains et systèmes automatisés.
Leur article, prépublié la semaine dernière, s’inscrit en réaction à une tendance qu’ils jugent problématique : considérer que la conformité d’un système à une série de critères techniques — transparence, robustesse, équité, “explicabilité” — suffit à susciter la confiance. Selon eux, cette approche fait abstraction du contexte social, politique et économique dans lequel l’IA est utilisée, et des rapports de pouvoir qui traversent ses usages. Une personne peut ainsi avoir de bonnes raisons de se méfier d’un système, même s’il est certifié, dès lors qu’il est utilisé à des fins qui vont à l’encontre de ses intérêts.
Une distinction fondamentale entre système et usage
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