« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

Les guerres de la recherche générative, acte I
L’intégration de SearchGPT à ChatGPT confirme le virage stratégique d’OpenAI vers le grand public. La séquence prépare des publicités hyperpersonnalisées générées par l’IA puis, probablement, une interface utilisateur générative.
Vendredi 1er novembre, OpenAI a ouvert à ses abonnés payants SearchGPT, sous la forme d’une petite icône qui permet de nourrir l’inférence de ChatGPT à partir d’une recherche Internet. Le service devrait être étendu à tous les utilisateurs, 100 millions de personnes chaque semaine, d’ici à quelques mois.
Pour une petite icône… • Source : Qant
Depuis plus d’un an, OpenAI a négocié plus d’une trentaine de partenariats avec de grands journaux et groupes de presse, du Monde au Financial Times, de Prisa (El País, Cinco Días, As, El HuffPost) à News Corp aux États-Unis (The Wall Street Journal, Barron's, MarketWatch), Condé Nast (Wired, Vogue, The New Yorker) et Vox Media (Vox, The Verge, Eater, New York Magazine…), sans oublier l’agence Associated Press (AP). Cela lui permet de répondre à un nombre assez vaste de questions, même si ChatGPT semble s'interdire de citer les éditeurs avec lesquels elle n’a pas conclu d’accord, comme le New York Times, qui lui fait un procès.
Parmi les 13 sources de la réponse de ChatGPT, le NYT brille par son absence • Source : Qant
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De prime abord, le nouveau produit d’OpenAI peut sembler moins abouti que ses équivalents existants, Microsoft Bing, Perplexity AI et Arc Search – sans bien sûr oublier Google, qui tient une place à part. Mais il propose, sans publicité, un service simple et relativement efficace. Et l’excellence technique ne semble plus guère être la priorité de la future société commerciale, qui a perdu ses principaux chercheurs. Pour s’imposer parmi les plateformes, en revanche, OpenAI peut faire jouer son principal actif : la marque ChatGPT. Le chatbot, déjà souvent utilisé comme un moteur de recherche, compte 250 millions d’utilisateurs par semaine. Le partenariat avec Apple Intelligence, qui sera opérationnel dans quelques semaines, pourrait faire bondir ce chiffre. Il proposera aux acquéreurs des derniers iPhones d’accéder aisément à ChatGPT.
On est là dans le territoire de Meta, qui prépare aussi un moteur de recherche générative et annonce 500 millions d’utilisateurs pour Meta AI. Le déploiement d’AI Overviews par Google dans 100 pays devrait toucher un milliard d’internautes. La partie qui s’enclenche devrait se jouer en trois manches : la recherche, la publicité, l'interface utilisateur (UI).
50 milliards pour nourrir l’appétit de l’IA
Les firmes d'investissement KKR et Energy Capital Partners (ECP) ont annoncé une alliance stratégique de 50 milliards de dollars (environ 47,2 Md€) dans le secteur de l'IA, pour accélérer le développement des centres de données et des infrastructures électriques. Ce partenariat vise à répondre à la demande croissante en capacité de calcul liée à l'essor de l'intelligence artificielle et du cloud computing.
Le partenariat prévoit des investissements dans la génération et la transmission d'énergie, des centres de données et des infrastructures à faible émission de carbone. Les besoins en électricité devraient augmenter considérablement, notamment aux États-Unis, où la demande des centres de données devrait tripler d'ici 2030.
À SURVEILLER : La ruée vers l’or. Blackrock, qui a finalisé le mois dernier le rachat de Global Infrastructure Partners pour 12,5 milliards de dollars, compte lever 100 milliards de dollars pour investir, avec Microsoft, dans les infrastructures d’IA (lire Qant du 18 septembre). Mais pour accompagner l’expansion de l’IA, les infrastructures énergétiques à l’échelle des Etats-Unis devraient nécessiter au moins 1 000 milliards de dollars d'ici 2030, selon KKR.
Google, Meta, NTT, Sierra, Toyota, X
Meta AI passe un cap • Meta AI, déployé dans tous les réseaux sociaux du groupe partout dans le monde (sauf en Europe) a franchi la barre des 500 millions d’utilisateurs, a annoncé Mark Zuckerberg la semaine dernière. En parallèle, Threads, l’application de Meta, atteint presque 275 millions d'utilisateurs mensuels. Elle continue de croître à un rythme d'un million d'inscriptions par jour. En savoir plus…
L’IA derrière le quart du code de Google • Lors de l’appel sur les résultats du troisième trimestre de Google, Sundar Pichai a révélé que plus de 25 % du nouveau code de l’entreprise est désormais généré par l'intelligence artificielle, supervisé par des ingénieurs pour validation. Google estime que l’automatisation de la génération de code par l'IA renforce sa compétitivité en réduisant les délais de développement, tout en permettant aux ingénieurs de se concentrer sur des tâches plus complexes. En savoir plus…
Elon demande des données médicales • Elon Musk a appelé les utilisateurs de sa plateforme sociale X à tester son chatbot IA Grok avec des images médicales, comme des radiographies et des IRM. En échange d'analyses gratuites, il espère améliorer les capacités de son modèle. Son message a entraîné une vague de critiques sur le partage de données médicales sensibles avec des plateformes publiques, en raison de risques pour la vie privée et de biais potentiels dans les ensembles de données. En savoir plus…
Toyota veut de l’IA dans l’habitacle • Toyota et l'opérateur japonais Nippon Telegraph and Telephone (NTT) prévoient d'investir 500 milliards de yens (3 Md€) en recherche et développement pour créer un logiciel d'intelligence artificielle destiné à améliorer la conduite assistée. Ce partenariat vise à développer un système capable d'anticiper les accidents et de prendre le contrôle du véhicule, avec pour objectif une disponibilité du système d'ici 2028 pour d'autres constructeurs. En savoir plus…
Allo Sierra, ici les millions • Sierra, une start-up d'IA cofondée par Bret Taylor, ancien co-CEO de Salesforce, a bien levé les 175 millions de dollars prévus (160 M€ : lire Qant du 11 octobre), portant sa valorisation à 4,5 milliards de dollars (4, Md€). Sierra est spécialisée dans les chatbots d'IA pour le service client et sert des entreprises comme WeightWatchers et Sirius XM. En savoir plus…

Le Trésor américain préfère un dollar numérique aux stablecoins
Le département du Trésor américain s’inquiète dans un rapport récent des conséquences potentielles d’un effondrement majeur des stablecoins, qui pourrait provoquer une vente massive de bons du Trésor américain. Il note que l’interconnexion croissante entre le marché des stablecoins et les bons du Trésor est source de fragilité systémique.
Parmi les émetteurs de stablecoins, il s’inquiète particulièrement de Tether, leader du marché 120 milliards de dollars (environ 113 Md€) sur un total de 120 milliards (environ 160 Md€) en circulation.
À SURVEILLER : Les élections de mardi soir. La sortie du Trésor, démocrate, peut s’interpréter comme une pique envers Trump, dont la nouvelle firme crypto envisage de lancer un stablecoin (lire Qant du 30 octobre). Les républicains qui bénéficient du soutien de “l’industrie” crypto, s’opposent violemment à toute idée d’un dollar numérique.

Google se prépare à enfiler son casque
Le site Android Authority a repéré des indices dans le code du Google Play Store, suggérant que Google se prépare à rendre sa plateforme compatible avec des casques de réalité étendue. Ces indices incluent une icône de casque dans le menu d'installation sur plusieurs appareils et un message indiquant qu'un « casque XR » n'est pas compatible avec certaines applications.
Bien que Google ait récemment réduit ses activités dans les casques AR/VR, l'entreprise a conclu des partenariats pour développer des lunettes de réalité mixte avec Qualcomm et Samsung. Elle travaille également sur une plateforme baptisée micro XR, qu'elle souhaite proposer aux fabricants de casques.
À SURVEILLER : L’ouverture vers le Meta-vers. Meta, qui désormais mise son développement sur les lunettes à réalité augmentée, aura besoin pour son développement de s’appuyer sur une des deux plateformes de téléphonie mobile, Google ou Apple. Voire les deux.

Atlas, le robot honnête
Atlas, robot humanoïde de Boston Dynamics, réalise des tâches de manutention de manière totalement autonome dans un environnement simulé. Vrai de vrai, assure-t-on : pas comme Optimus.
Boston Dynamics vient de diffuser une vidéo montrant les capacités autonomes de son robot humanoïde Atlas. Ce robot, entièrement électrique, est capable d'accomplir des tâches de manipulation d'objets sans intervention humaine. Le constructeur, filiale du géant coréen Hyundai, insiste sur le fait que les mouvements d'Atlas ne sont ni prédéfinis ni téléopérés. Cela marque une différence notable avec le robot Optimus de Tesla, télécommandé pendant toute la présentation d’octobre du Cybercab.

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNES :
• L'intégration de SearchGPT à ChatGPT par OpenAI crée un grand rival à Google. Il préfigure une nouvelle phase, où la recherche conversationnelle, suivie par la publicité générative et l'interface utilisateur adaptative, créeront un Internet très différent.
• Le départ de Miles Brundage marque un tournant pour OpenAI, alors que l'entreprise reconfigure ses équipes de sécurité et se recentre sur la rentabilité.
• Boston Dynamics présente un Atlas autonome, prêt pour des tâches logistiques dans des environnements industriels.
Les guerres de la recherche générative, acte I
L’intégration de SearchGPT à ChatGPT confirme le virage stratégique d’OpenAI vers le grand public. Mais ce n’est là qu’un début d’une séquence qui mènera à des publicités hyperpersonnalisées puis, probablement, une interface utilisateur générative.
La dernière évolution d’OpenAI • Qant, M. de R. avec Midjourney
Dans une manœuvre stratégique qui témoigne d'une concurrence accrue sur le marché de la recherche en ligne, OpenAI vient d'intégrer son prototype SearchGPT à ChatGPT, marquant ainsi son défi le plus significatif à ce jour face au monopole de Google. Cette intégration, disponible pour les abonnés ChatGPT Plus et Team, illustre l'ambition d'OpenAI de se transformer d'une société de recherche en intelligence artificielle en un acteur technologique grand public.
Grand public
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