« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

xAI avale X
La start-up d’IA xAI et le réseau social X fusionnent, dans une opération qui valorise l'ensemble à 113 milliards de dollars. Cela permet aux actionnaires qui avaient financé l’achat de Twitter à 44 milliards d’équilibrer leurs comptes et à Elon Musk d’éviter le blâme sur sa gestion du réseau social.
Elon Musk joue au poker menteur • Qant, M. de R. avec Midjourney
Elon Musk a annoncé ce week-end que sa start-up d’IA xAI rachetait X (anciennement Twitter) dans une opération intégralement en actions, valorisant respectivement X à 33 milliards de dollars (plus 12 milliards de dettes) et xAI à 80 milliards de dollars, contre 75 milliards en février, lors de la dernière augmentation de capital (lire Qant du 27 mars).
Musk évoque une « fusion des capacités avancées de xAI avec la portée massive de X ». Ce rapprochement intervient alors que les deux entités partageaient déjà des ressources humaines, techniques et stratégiques.
Grok, l’agent conversationnel de xAI, était déjà intégré à X, et vient d’être lancé sur Telegram.
EN FILIGRANE : La semaine dernière, X avait confirmé une opération d’un milliard de dollars – initialement prévue à 2 milliards – permettant de rétablir sa valorisation au prix de rachat de Twitter. Celle-ci s’était pourtant écroulée de quelque 75 % sous la direction d’Elon Musk, d’après les comptes de Fidelity (lire Qant du 21 mars).
À SURVEILLER : Le Teslacrash. Cette opération permet à Musk de balayer sous le tapis son échec financier après le rachat de Twitter, en profitant des valorisations de l’IA. Il lui sera plus difficile d’en faire autant avec le crash de Tesla, qui commence à se profiler et dans les concessions, malgré la transformation en showroom des pelouses de la Maison-Blanche.

Mille milliards de mille robots
Le groupe japonais SoftBank prévoit d’investir 1 000 milliards de dollars pour construire un réseau d’usines robotisées basées sur l’intelligence artificielle aux États-Unis.
SoftBank Group prévoit d’investir 1 000 milliards de dollars dans des usines équipées de robots basés sur l’intelligence artificielle aux États-Unis, selon le Nikkei.
Ces usines, implantées dans des parcs industriels à travers le pays, visent à répondre aux pénuries de main-d’œuvre en automatisant les tâches industrielles.
EN FILIGRANE : Le décollage des robots humanoïdes. La semaine dernière, Figure AI et Agibot ont toutes deux présenté des usines capables de produire des robots humanoïdes par milliers. Softbank voit un cran plus loin : l’usine après les ouvriers.
À SURVEILLER : Les yeux plus gros que le ventre, mais la voix portant haut. Ce montant éclipse la précédente annonce à grand spectacle du CEO de Softbank Masayoshi Son : le projet Stargate, de 500 milliards de dollars, en partenariat avec OpenAI, Oracle et MGX. En réalité, elle a dû nantir sa participation dans ARM l’an dernier pour emprunter environ 35 milliards de dollars à investir, et son investissement cette année dans Stargate devrait se limiter à 15 milliards. L’investissement de 40 milliards dans OpenAI ne l’oblige à débourser qu’une première tranche de 7,5 milliards ; la deuxième tranche est conditionnée à la transformation d’OpenAI en société commerciale (lire Qant du 27 mars).

Wall Street : l’argent des stablecoins ne dort jamais
Le propriétaire de la Bourse de New York signe un accord avec Circle pour intégrer le stablecoin USDC et d’autres produits numériques dans ses infrastructures mondiales de marché.
Intercontinental Exchange (ICE), maison-mère du New York Stock Exchange (NYSE), a conclu un protocole d’accord avec Circle Internet Financial pour explorer l’usage de l’USDC et de produits tokenisés comme l’USYC dans ses plateformes d’échange, chambres de compensation et services de données.
L’objectif du groupe est de créer de nouveaux produits financiers numériques, en s’appuyant sur des actifs numériques régulés, que les marchés peuvent percevoir comme des équivalents acceptables du dollar américain.
Le stablecoin sera ainsi expérimenté dans les paiements numériques, le trading, et le règlement-livraison.
Sont principalement concernés, au sein d’ICE, les marchés de produits dérivés – l’origine du groupe –, les chambres de compensation et les services de données.
L’USDC est le deuxième stablecoin mondial avec une capitalisation de 60 milliards de dollars ; l’USYC, un fonds monétaire tokenisé offrant un rendement de 3,8 %.
Les deux instruments sont adossés, pour l’essentiel, à des bons du Trésor américain à court terme.
EN FILIGRANE : La course aux stablecoins dollar. La semaine dernière, la famille Trump, le gérant d’actifs Fidelity (lire Qant du 27 mars) et l’État du Wyoming ont annoncé le lancement de stablecoins. La future loi pour les réglementer a été adoptée en commission au sénat et présentée à la chambre des représentants.
À SURVEILLER : Les stablecoins, fonction numérique du dollar. Dès son arrivée au pouvoir, le 23 janvier, Donald Trump a signé un décret exécutif (executive order) interdisant aux agences fédérales de travailler à la création d’un dollar numérique. L’accord ICE/Circle fera de l’USDC, une cryptomonnaie commerciale privée, une ébauche de dollar numérique interbancaire.
Boom, quand vot’stablecoin fait boom…
Avec plus de 200 milliards de dollars en circulation, les stablecoins connaissent une croissance fulgurante. Adoptés par un nombre croissant d’entreprises et d’institutions, et portés par de nouveaux usages allant des paiements internationaux à l’essor de l’intelligence artificielle, ils présentent des risques importants.
Toujours plus de stablecoins • Qant, M. de R. avec Midjourney
Les stablecoins représentent aujourd’hui un segment central des actifs numériques avec une capitalisation de marché estimée à plus de 220 milliards de dollars, portée en majorité par Tether (USDT), qui représente environ 70 % du total. Initialement conçus pour fournir de la liquidité aux échanges de crypto-actifs, ces jetons généralement indexés le dollar s'insèrent progressivement dans les paiements inter-entreprises et les transferts internationaux. Plusieurs acteurs institutionnels, comme Visa, PayPal ou Stripe, ont annoncé des intégrations ou des tests de solutions s’appuyant sur des stablecoins pour fluidifier les règlements.
Le boom qui s’annonce n’en est qu’à ses débuts. Les États-Unis ne peuvent que favoriser cette nouvelle manière de financer leurs émissions de dette souveraine. Mais l’engouement ne doit pas cacher les risques importants que la croissance des stablecoins fera peser sur le système monétaire et financier.
La domination de Tether sur le marché des stablecoins • Source : DeFiLlama
Abu Dhabi, Bpifrance
Un dirham numérique en 2025 • Les Émirats arabes unis prévoient de lancer un dirham numérique, au quatrième trimestre 2025. Selon le gouverneur de la banque centrale, Khaled Mohamed Balama, cette monnaie numérique vise à renforcer la stabilité financière, à lutter contre la criminalité économique et à stimuler l’innovation dans les services financiers. Accepté sur tous les canaux de paiement aux côtés du dirham physique, il sera identifiable par un nouveau symbole inspiré du drapeau émirien. En savoir plus…
BPI mise sur la blockchain à la française • Bpifrance va investir jusqu’à 25 millions d'euros dans des cryptomonnaies émergentes via un nouveau fonds dédié, qui cible spécifiquement les tokens créés par des projets français avant leur cotation en bourse. C’est la première fois que la banque publique se dote d’un véhicule d’investissement exclusivement orienté vers l’achat de cryptoactifs, après avoir déjà consacré 150 millions d'euros à des projets liés à la blockchain. En savoir plus…
En partenariat avec Qant, le Cercle IA & Finance vous donne rendez-vous mercredi 9 avril pour une matinée sur le thème "Banque - Gestion d'actifs, quelles leçons tirer des premiers cas d'usage de l'IA générative ?".

Anthropic explore la boîte noire des LLMs
Deux rapports d’Anthropic révèlent comment le modèle Claude 3.5 traite les tâches, remettant en cause plusieurs hypothèses sur le fonctionnement des modèles de langage.
Anthropic a publié deux études décrivant une méthode d’analyse appelée circuit tracing, utilisée pour suivre le raisonnement de son modèle Claude 3.5 Haiku sur dix tâches précises.
Ce traçage montre que le modèle mobilise des composants abstraits communs, puis choisit une langue de réponse a posteriori, ce qui suggère l’existence d’un espace conceptuel universel indépendant des langues.
Lors de la résolution de problèmes mathématiques simples, Claude utilise des stratégies internes non standard, différentes de celles qu’il déclare utiliser ensuite, révélant une dissociation entre raisonnement réel et explication générée.
L’analyse de la génération poétique indique que Claude anticipe certains mots clés plusieurs étapes à l’avance, démontrant une capacité de planification et d’adaptation peu attendue dans un processus supposé séquentiel.
Anthropic a également observé que les hallucinations surviennent lorsque certains composants contournent des garde-fous intégrés pendant la phase de post-entraînement, notamment lors de requêtes impliquant des célébrités.
À SURVEILLER : La lumière dans les boîtes noires. Mieux comprendre les mécanismes internes des modèles de langage améliore leur “explicabilité” et les méthodes d’audit, mais aussi leur fiabilité et l’analyse de leurs capacités réelles.
GPT-4o face aux modèles de diffusion
L’arrivée de GPT-4o, un nouveau générateur d’images intégré à ChatGPT, bouleverse la donne face aux modèles de diffusion (Midjourney, Dall-e, Stable Diffusion). Cette approche auto-régressive promet une précision inédite dans le rendu du texte et la cohérence locale des images, mais suffit-elle à détrôner la créativité et la richesse visuelle des modèles de diffusion ?
Image générée par GPT-4o suite au prompt : “Peux tu créer une image dans le style du studio Ghibli pour illustrer cet article” • Qant
Depuis plusieurs années, les outils de création d’images par intelligence artificielle reposent en grande majorité sur les modèles dits de diffusion. Midjourney, Stable Diffusion ou Dall-e 3 ont popularisé cette approche fondée sur un processus de débruitage progressif : l’image est produite en plusieurs étapes, en partant d’un signal purement aléatoire que le modèle affine jusqu’à obtenir un résultat interprétable. Cette méthode, qui repose sur un traitement global de l’image, a permis d’atteindre une qualité visuelle notable et une grande variété stylistique.
Avec GPT-4o, OpenAI introduit une approche radicalement différente. L'image n'est plus générée comme un tout, mais composée pas à pas, pixel par pixel, selon une logique similaire à celle utilisée pour la génération de texte. Chaque pixel est inféré en tenant compte des précédents, et réinjecté dans la fenêtre de contexte du modèle pour orienter les prédictions suivantes. Ce fonctionnement auto-régressif, qui découle de l’architecture transformer, permet une génération très précise des détails locaux.
Butterfly Effect, Cambridge, Columbia
Manus, un effet papillon à 500 millions • La start-up chinoise Butterfly Effect, propriétaire de l’agent d’IA Manus, cherche à lever des fonds sur la base d’une valorisation d’au moins 500 millions de dollars. Une valorisation qui ne s'élevait qu'à 100 millions de dollars fin 2024. Cette levée vise à faire face à la hausse des coûts d’exploitation, liée à un afflux d’utilisateurs. L’entreprise prévoit d’utiliser ces fonds pour renforcer ses équipes et ouvrir un bureau à Tokyo. En savoir plus…
Une IA pour les tricheurs… • Roy Lee, étudiant en informatique à Columbia, a été exclu de l’université après avoir développé un outil dopé à l’IA pour réussir les entretiens techniques de Meta, Amazon ou TikTok. Baptisé Interview Coder, son logiciel prenait des captures d’écran durant les tests pour envoyer les exercices à un modèle d’IA capable de les résoudre. Après avoir publié une vidéo le montrant passer avec succès un test d’Amazon, un employé de l’entreprise l’a signalé à Columbia. En savoir plus…
… Une autre pour les intolérants au gluten • Des chercheurs de l’université de Cambridge ont mis au point un outil d’IA capable de diagnostiquer la maladie cœliaque (ou intolérance au gluten) aussi précisément qu’un pathologiste, mais en quelques secondes au lieu de plusieurs minutes. Entraîné sur plus de 4 000 images issues de cinq hôpitaux différents, l’algorithme détecte les lésions caractéristiques sur les biopsies de l’intestin grêle. Cette avancée devrait accélérer les diagnostics, réduire les délais pour les patients et alléger la charge des personnes de santé, selon les auteurs de l’étude publiée dans The New England Journal of Medicine AI. En savoir plus…

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNÉS :
• Croissance explosive des stablecoins, entre adoption massive, pression réglementaire et risques latents.
• Avec ses nouvelles capacités graphiques, GPT-4o marginaliseril Midjourney ?
Boom, vos stablecoins font boom…
Avec plus de 200 milliards de dollars en circulation, les stablecoins connaissent une croissance fulgurante. Adoptés par un nombre croissant d’entreprises et d’institutions, et portés par de nouveaux usages allant des paiements internationaux à l’essor de l’intelligence artificielle, ils présentent des risques importants.
La domination de Tether sur le marché des stablecoins • Source : DeFiLlama
Les stablecoins représentent aujourd’hui un segment central des actifs numériques, avec une capitalisation estimée la semaine dernière par Bloomberg à plus de 230 milliards de dollars, portée en majorité par Tether (USDT), qui représente environ 70 % du total. Initialement conçus pour fournir de la liquidité aux échanges de crypto-actifs, ces jetons indexés sur des monnaies fiduciaires s'insèrent progressivement dans les paiements inter-entreprises et les transferts internationaux. Plusieurs acteurs institutionnels, comme Visa, PayPal ou Stripe, testent ou intègrent des solutions s’appuyant sur des stablecoins pour fluidifier les règlements.
Cette dynamique repose sur les caractéristiques techniques des stablecoins : leur stabilité nominale, leur circulation sur des réseaux blockchain, accessibles 24h/24, et la possibilité de transferts quasi-instantanés à coût réduit. Des entreprises exploitent déjà ces propriétés pour réduire les délais de compensation dans les paiements B2B ou pour effectuer des arbitrages de liquidité entre entités juridiques. Le modèle du « stablecoin sandwich », par exemple, permet de réduire les coûts de conversion en utilisant temporairement un stablecoin comme devise de transit entre deux monnaies nationales.
L’inefficacité des paiements transfrontaliers actuels • Source : Bretton Woods
Intégration progressive dans les entreprises
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