« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » Paul Virilio

À son tour, VanEck veut tokéniser la dette américaine
La société américaine d’investissement VanEck lance à son tour un fonds tokenisé adossé aux bons du Trésor américain. Un tout petit marché qui pourrait s’attaquer aux stablecoins pour créer un nouveau “rail” de financement de la dette souveraine.
Les faits. VanEck, gestionnaire d'actifs basé à New York avec plus de 116 milliards de dollars sous gestion, vient d’annoncer le lancement de Vbill, son premier fonds tokenisé adossé à des bons du Trésor américain, développé en collaboration avec Securitize.
Multichaîne. Le fonds est disponible sur quatre blockchains : Avalanche, BNB Chain, Ethereum et Solana, avec une interopérabilité assurée par Wormhole.
Si cher éther. Le seuil d’investissement minimum est fixé à 100 000 dollars pour Avalanche, BNB Chain et Solana, et à 1 million de dollars pour Ethereum. Les coûts de transaction plus élevés sur Ethereum nécessitent en effet un investissement plus important pour compenser ces frais.
De la titrisation à la tokenisation. Securitize, une plateforme de tokenisation d'actifs réels qui a levé l’an dernier 47 millions de dollars (lire Qant du 6 mai 2024) lors d’un tour mené par BlackRock, a déjà tokenisé plus de 3,9 milliards de dollars d’actifs pour des clients comme Apollo ou KKR.
EN FILIGRANE : Petit marché deviendra gros. Le marché des fonds monétaires américains tokenisés a augmenté de 71 % depuis le début de l’année. Il reste petit – moins de 7 milliards de dollars –, mais il attire de plus en plus de grands acteurs. Outre Van Eck, on trouve BlackRock, dont le fonds Buidl capitalise, à lui seul, 2,9 milliards de dollars, 42 % du marché (lire Qant du 27 mars), mais aussi Franklin Templeton et Circle, opérateur du deuxième stablecoin mondial (et premier réglementé), ainsi que deux fintechs, Superstate et Ondo.
À SURVEILLER : La tokenisation de la dette publique américaine. Rien ne distingue, ou presque, un stablecoin d’un fonds monétaire tokénisé si ce n’est que le deuxième rémunère ses porteurs de parts et que le premier échappe généralement à la surveillance des régulateurs financiers (à l’exception notable de Circle et quelques autres). Wall Street fait donc le pari que les fonds comme Buidl et Vbill éclipseront les stablecoins, qui pèsent aujourd’hui presque 250 milliards de dollars. Et que ce nouveau canal potentiel de distribution de la dette souveraine américaine, au moment où les investisseurs traditionnels perdent confiance dans le dollar, ne sera pas laissé aux mains de nouveaux entrants.

Faire de chaque livre un podcast
Amazon propose aux éditeurs américains une IA pour convertir livres imprimés et numériques en livres audio. Le géant veut ainsi faire pièce à Spotify, dans un marché où la lecture décline, mais l’écoute augmente.
La plateforme Audible, propriété d'Amazon, propose désormais aux éditeurs deux options pour produire des livres audio via son outil d'intelligence artificielle : une production entièrement gérée par Audible ou une solution en libre-service, avec un choix de plus de 100 voix synthétiques en anglais, espagnol, français et italien, incluant divers accents et dialectes.
Une fonctionnalité de traduction automatique, actuellement en phase bêta, permettra bientôt de convertir des livres de l'anglais vers l'espagnol, le français, l'italien et l'allemand, en modes texte-à-texte ou voix-à-voix, avec possibilité de révision humaine pour garantir la qualité linguistique.
Depuis 2024, Audible autorise les auteurs autoédités aux États-Unis à utiliser sa technologie de voix virtuelle. Plus de 60 000 titres sont désormais disponibles avec une narration générée par IA, contre 40 000 l'année précédente.
EN FILIGRANE : Spotify en avance ; Google en goguette. Spotify, principal concurrent d'Audible aux États-Unis, a également intégré des livres audio narrés par IA via un partenariat avec ElevenLabs, permettant aux auteurs de produire des livres audio en 29 langues. Spotify peut jouer, contre Amazon, de sa puissance dans la distribution de musique et de podcasts audio. Pour sa part, Google a prouvé avec son plus populaire produit d’IA, NotebookLM, sa maîtrise de la technologie. Mais en faisant migrer Google Podcasts vers Youtube l’année dernière, elle s’est éloignée du marché.
À SURVEILLER : Le déclin de la lecture et l’augmentation de l’écoute. Dans certains pays, notamment en Scandinavie, la majorité des livres vendus le sont sous forme audio : 63 % en Suède, 52 % en Norvège… En France, d’après un sondage OpinionWay, un tiers des Français ont écouté au moins un audiolivre en 2024. Les jeunes, dont le temps de lecture ne cesse de décliner, à la grande inquiétude du CNL, montrent une adoption particulièrement enthousiaste.
Google, TikTok
Grâce à l’IA, AirBNB se rêve en réseau social • Dans sa nouvelle app lancée hier à grand bruit, AirBNB ne fait pas que proposer des services à la carte. Aux États-Unis, un assistant IA de service client a déjà permis de réduire de 15% les besoins en support humain et AirBNB prévoit d’en faire un concierge de voyage, capable d’aider à planifier, réserver et gérer les séjours. Par ailleurs, les profils utilisateurs invitent à partager plus d’informations pour favoriser la création de communautés et une nouvelle fonctionnalité de chat de groupe permet de planifier des voyages, partager des photos et des vidéos, et enfin garder le contact avec d’autres voyageurs ayant participé à la même expérience. En savoir plus…
TikTok anime les photos • TikTok a lancé “TikTok AI Alive”, sa première fonctionnalité d’IA de conversion d’image en vidéo, accessible via la caméra des Stories. L’outil transforme des photos statiques en courtes vidéos animées avec effets visuels et sonores, comme un ciel en mouvement ou des expressions mises en valeur dans un selfie de groupe. Les vidéos générées sont étiquetées comme créées par IA et intègrent des métadonnées C2PA pour en garantir la traçabilité. TikTok affirme appliquer des contrôles de sécurité stricts, incluant une modération des contenus avant publication, pour prévenir les abus. En savoir plus…
Pas de chance, mais de l’IA • Google teste actuellement l’intégration d’un bouton “AI Mode” dans son moteur de recherche, en remplacement potentiel du bouton historique “J’ai de la chance”. Visible uniquement pour certains utilisateurs via Google Labs, ce nouveau mode active un assistant conversationnel basé sur l’IA directement depuis la barre de recherche. L’interface varie selon les tests, avec un encadrement coloré pour signaler l’activation. En savoir plus…

Trump : un voyage très Humain
Lors de la visite de Donald Trump à en Arabie Saoudite, Nvidia, AMD, Cisco ou encore AWS ont conclu des partenariats stratégiques avec un nouveau fonds d’IA, Humain, pour développer des infrastructures d'IA, dans le cadre d'un ensemble d'accords d'investissement dépassant les 600 milliards de dollars.
Une alliance IA entre Washington et Riyad • Qant, M. de R. avec Midjourney
Humain, trop (peu) humain. À la veille du forum d'investissement saoudo-américain de mardi 13 mai à Riyad, l’Arabie Saoudite a lancé un nouveau véhicule consacré à l’IA, baptisé Humain, soutenu par le fonds souverain du royaume et présidé par le prince héritier Mohammed bin Salman (MBS).
Pendant le forum, Nvidia a annoncé la vente de plus de 18 000 puces GB300 Blackwell à la nouvelle société saoudienne. Ces puces alimenteront des centres de données d'une capacité de 500 mégawatts, marquant la première phase d'un projet visant à déployer plusieurs centaines de milliers de GPU sur cinq ans.
Pour sa part, AMD a conclu un accord de 10 milliards de dollars avec Humain pour fournir des processeurs, des GPU et des logiciels destinés à construire une infrastructure d'intelligence artificielle, avec une capacité initiale de 50 mégawatts dès le quatrième trimestre 2025.
Cisco a rejoint l'initiative pour développer une infrastructure d'intelligence artificielle ouverte et évolutive en Arabie saoudite. L'entreprise prévoit également d'investir dans la formation de plus de 500 000 personnes aux compétences numériques et de créer un institut dédié à l'intelligence artificielle dans le royaume.
Enfin, AWS et Humain ont annoncé un investissement commun de plus de 5 milliards de dollars pour créer une "AI Zone" en Arabie saoudite, combinant des infrastructures avancées, des services d'intelligence artificielle et des programmes de formation.
À SURVEILLER : Les milliards de Humain. Au total, les Saoudiens ont promis plus de 600 milliards de dollars d'investissements pour s’attirer les bonnes grâces du président des États-Unis – et tenter de rivaliser avec les Émirats arabes unis, propulsés sur le devant de scène IA notamment par leur société G42 (lire Qant du 20 octobre 2023).
Huawei
Contre Huawei, Washington part en roue libre • Dans une nouvelle proclamation de la valeur universelle du droit américain, le département américain du Commerce a déclaré que l’utilisation des puces d’intelligence artificielle Ascend de Huawei, "où qu’elle ait lieu dans le monde", enfreint les règles d’exportation des États-Unis. Jusqu’à présent, les autorités américaines, notamment le département de la Justice, ont considéré qu’elles pouvaient engager des poursuites contre des entités étrangères pour des actes commis hors des États-Unis si un « lien véritable » avec les États-Unis était établi. Ce lien peut être aussi ténu que l’utilisation du dollar américain dans une transaction ou le passage d’informations par des serveurs situés aux États-Unis. Mais désormais, le seul critère semble être la capacité à agir de l’administration américaine. Le département du Commerce, dirigé par un financier proche de Tether et des milieux cryptos, a également commencé à démanteler les réglementations mises en place sous l’administration Biden, au profit d’une nouvelle approche reposant sur des accords bilatéraux avec des pays alliés jugés “de confiance”. Ou vassaux. En savoir plus…

Créer un cerveau compact pour les voitures autonomes
Des chercheurs proposent un nouveau modèle d’IA capable d’unifier raisonnement et planification dans la conduite autonome, en s’appuyant sur un LLM. L’objectif : concilier efficacité, interprétabilité et performance en boucle fermée. Et battre le cadre LMDrive.
Un cerveau dans la voiture autonome. • Qant avec GPT-4o
Les modèles actuels de conduite autonome end-to-end (E2E), qui transforment directement les capteurs en actions sans modules intermédiaires, souffrent d’un défaut majeur : leur manque de transparence. S’ils peuvent conduire correctement, ils ne savent pas expliquer leurs décisions. En parallèle, les modèles de langage de grande taille (LLM) ont démontré des capacités remarquables, mais ils sont trop lourds pour être déployés en conditions réelles sur un véhicule.
Une étude récente, menée à l’université des sciences et technologies de Hong Kong, propose une alternative. Elle introduit DSDrive, une architecture légère qui s’appuie sur une version compacte d’un LLM distillé à partir d’un LLM visuel plus important. Ce système combine raisonnement explicite, planification de trajectoire et inférence rapide dans un cadre unifié.

Un robot champion de ping-pong
Mis au point par le MIT, un bras robotique renvoie la balle à 88 % de réussite et jusqu’à 68 km/h, avec des applications envisagées bien au-delà du tennis de table.
Des ingénieurs du MIT ont conçu un bras robotique capable de jouer au ping-pong en renvoyant des balles à grande vitesse avec un taux de réussite de 88 %. Fixé à une extrémité de la table, le robot utilise une raquette standard et repose sur un ensemble de caméras haute vitesse ainsi qu’un système de contrôle prédictif permettant d’évaluer la trajectoire et la vitesse de la balle en temps réel.
La capacité du robot à intercepter des objets dynamiques avec précision pourrait être transposée à d’autres domaines, notamment la robotique humanoïde, les interventions d’urgence ou encore les systèmes de manipulation rapide en environnement incertain.

EN EXCLUSIVITÉ POUR LES ABONNÉS :
• Une équipe de chercheurs chinois propose DSDrive, un modèle de conduite autonome compact intégrant raisonnement explicite et planification de trajectoire dans un cadre unifié, avec des performances proches de modèles plus lourds.
• Des chercheurs du MIT ont mis au point un bras robotisé capable de jouer au ping-pong à haut niveau, en combinant caméras haute vitesse et modélisation prédictive en temps réel.
Créer un cerveau compact pour les voitures autonomes
Des chercheurs proposent un nouveau modèle d’IA capable d’unifier raisonnement et planification dans la conduite autonome, en s’appuyant sur un LLM. L’objectif : concilier efficacité, interprétabilité et performance en boucle fermée. Et battre le cadre LMDrive.
Le modèle de conduite E2E proposé est doté de capacités de raisonnement et de planification avancées. • Wenru Liu et al.
Les modèles actuels de conduite autonome end-to-end (E2E), qui transforment directement les capteurs en actions sans modules intermédiaires, souffrent d’un défaut majeur : leur manque de transparence. S’ils peuvent conduire correctement, ils ne savent pas expliquer leurs décisions. En parallèle, les modèles de langage de grande taille (LLM) ont démontré des capacités remarquables, mais ils sont trop lourds pour être déployés en conditions réelles sur un véhicule.
L’étude menée par l’équipe de Wenru Liu, Pei Liu et Jun Ma, de l’université des sciences et technologies de Hong Kong, propose une alternative. Elle introduit DSDrive, une architecture légère qui s’appuie sur une version compacte d’un LLM distillé à partir d’un modèle visuel-linguistique plus grand. Ce système combine raisonnement explicite, planification de trajectoire et inférence rapide dans un cadre unifié.
Un double objectif : expliquer et conduire
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